HISTORIQUE
Depuis les temps les plus reculés, la maladie désignée sous le nom doreillons a été connue et a attiré l’attention des observateurs. Déjà Hippocrate (1), dans le premier livre des Épidémies, en fait une description magistrale, signalant la lésion des testicules en même temps que le gonflement des parotides.
Dans le cours du siècle dernier, la liste est nombreuse des apparitions des oreillons, et nombreuse aussi la liste des médecins qui ont mentionné et commenté ces apparitions. Nous nous contenterons de signaler, à l'étranger, Gaspari, Targioni Tozetti, Thomas Laghi, Borsieri, Frank, Mangor et Hamilton. En France, Rochard (2) et Le-
(1) Hippocratis Coi Opera omnia : de Morbis vulgaribus, sect. VIT, liber primus, sect. prima, pag. 938. Genève, 1667.
(2) Rochard, Maladie particulière des alandes, endémique à Belle-Isle-en-Mer. (J. de médec., 1757, tome VII, page 379.)
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pecq de la Clôture (1) rapportent, le premier, une épidémie qui régna à Belle-Isle-en-Mer; le second, une épidémie qui se déclara à Vire, en Normandie.
Depuis le commencement du siècle, nous voyons les oreillons atteindre un grand nombre de garnisons, les maisons d'éducation, colléges, pensionnats, les écoles militaires. Fréquemment la maladie s'étend sur la partie civile de la population. On peut dire, d’autre part, qu’elle est signalée dans toutes les contrées de l'Europe ; mais elle apparaît également en Amérique, en Afrique. aux Indes et à bord des navires chargés d’émigrants. Aussi les observateurs n’ont pas manqué qui ont attiré l'attention sur les diverses manifestations de cette maladie. Nous avons vu Hippocrate noter l'apparition de l’orchite. Celle-ci est le plus souvent simple, rarement double ; elle peut manquer. Tantôt elle accompagne la fluxion parotidienne, qui est ellemême simple ou double, la suit, paraît lui succéder, et quelquefois même la ‘précède. La fluxion parotidienne peut, elle aussi, faire défaut.
L’orchite est remplacée, chez la femme, par l’ovarite, la vulvite, la mammite ; et toutes ces manières d’être de la maladie n’ont pas une place chronologique bien définie dans l’évolution des oreillons.
On à également parlé d’uréthrite et de prostatite.
Dans cet ordre d'idées, tous lés faits ont été signalés.
A titre de complications, on a noté, mais bien rarement, la suppuration des parotides ou des testicules, l’induration persistante des glandes salivaires, des adénites cervicales, l’atrophie testiculaire ; mais ce sont là moins des complications que des modes de terminaison d’une lésion locale.
Il est toute une série de complications qui nous intéressent bien autrement: nous voulons parler des déterminations qui s’exercent
dans le cours de la maladie sur l'appareil digestif, sur l’appareil res-
(1) Lepecq de la Clôture, Observations sur les maladies épidémiques. Paris, 1776.
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piratoire, du côté du système nerveux et du côté de l'appareil urinaire, déterminations assez rares d’ailleurs et signalées avant les déterminations d'ordre divers concernant l'appareil circulatoire.
Prenons les voies digestives : nous y verrons de la stomatite, des amygdalites, de la pharyngite, du catarrhe gastro-intestinal, une certaine irritation du tube digestif.
Thierry de Maugras (1), dans sa thèse, signale du catarrhe des voies biliaires; mais il est bon de remarquer que cet auteur a observé ce fait en Algérie.
De la toux, du coryza, des pneumonies et des broncho-pneumonies, sont rapportés par MM. Sallaud (2) et Gaïilhard (3), médecins de la marine, et par M. Jourdan (4), médecin militaire.
Les manifestations sur les méninges et l’encéphale se traduisent par des convulsions (Hamilton) (5), par de la céphalalgie (Laghi (6) et Borsier1i) (7).
Astley Cooper, Groffier (8) et Ressiguier (9), ont signalé des accidents cérébraux et méningitiques. M. Gaïlhard rapporte également plusieurs observations avec accidents cérébraux, et trois de ses mala-
(1) Thierry de Maugras, É'pidémie d’oreillons et d'orchites métastatiques observés pendant le mois de février 1848, à Mascara {Algérie). (Thèse de Montpellier, 1851, n° 15.)
(2) Sallaud, Relation d’une épidémie à Rochefort. (Thèse de Montpellier.)
(3) Nature des oreillons. (Thèse de Montpellier, 1877.)
(4) Jourdan, Xecueil de mémoires de médecine militaire, 1878.
(5) Hamilton, Transactions of the R. Socety of Edinburgh, S ?, et London medical Journal, tome IX.
(6) Thomas Laghi, Historia epidemicæ constitutionis, in quû parotides seroso-qlutine tumentes reddebantur, ete. Commentaria. Bonon., tome V.
(7) Burserius, /nstitutionum medicinæ prachcæ, vol. tert. Lipsiæ, 1787.
(8) Groffier, Remarques sur les affections catarrhales connues sous le nom de parotides simples, et vulgairement appelées ourles. (Annales de la Société pratique de Montpellier.)
(9) Ressiguier, Histoire d’une épidémie d'oreillons qui a régné à Montpel'ier en 184$. (Thèse de Montpellier, 1850.)