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des offrent des symptômes de méningite manifestes. Mais, à propos de ce genre de déterminations, nous nous empresserons de dire, avec M. Pinet (1): « Ce qu'il y a d’important à noter dans ces manifestations des oreillons sur le cerveau et les méninges, c’est qu’elles se terminent le moins souvent par la mort; la guérison est ordinairement rapide et complète. »
MM. Hatry, Jourdan (2), Thierry de Maugras (3), parlent de troubles visuels de diverse nature, d’otites, d’otorrhées; Groffer (4), de conjonctivite catarrhale et de catarrhe des voies lacrymales.
Du côté de l'appareil urinaire, enfin, trois cas d’albuminurie sont rapportés par le docteur Renard chez des convalescents d’oreillons (épidémie d'Antibes, 1856). L’un de ces malades présentait de l’anasarque avec albuminurie; les Ceux autres, des œdèmes accompagnés également d’albuminurie.
Dans une observation recueillie par M. Lemarchand, dans le service de M. le professeur Colin, au Val-de-Grâce, nous voyons qu’il est fait mention d’albuminurie en même temps que d’orchite et d’oreillons.
Dans d’autres cas cités par Isham, Henoch, Croner et Karth, des accidents albuminuriques sont également consignés, et dans une lettre de Pratolongo à Borsieri (épidémie de Gênes, 1782), lettre citée par Ozanam, nous voyons qu'il est déjà question d’anasarque.
Toutes ces déterminations d'ordre divers nous permettent d'établir d'ores et déjà, et après bien des auteurs, le caractère de spécifité de la maladie que nous envisageons et nous préparent parfaitement à la série des accidents qui intéressent l'appareil de la circulation,'et dont il nous parait indispensable de faire un exposé, avant d'aborder l’histoire de nos propres malades.
)Pinet, État de nos connaissances sur l'affection ourlienne ou oreillons. (Thèse de Paris, 1878.) (2) Jourdan, loc. cit.
(3) Thierry de Maugras, loc. cit.
4 Groffer, loc. cit.
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Une étude analytique des lésions de ce genre a été faite très-complétement par M. le docteur Longuet (1), dans les numéros d'avril et de juillet 1885 de l'Union médicale. Après avoir énuméré les différentes complications que nous venons nous-même de passer en revue, M. Longuet examine les complications cardiaques, et nous ne saurions mieux faire que de suivre pas à pas l'excellente exposition qu’il en fait.
« Dans l'épidémie de Bayonne, dit M. Longuet, Servies (2) mentionne un ralentissement très-marqué des mouvements du cœur pendant la période de résolution des oreillons. Le pouls tombait à 46, 48 pul- Sations par minute. Gailhard (3) a noté 44 pulsations; Sorel (4), 48 et 44, ainsi que des intermittences. Chez un malade de Karth (5), le pouls resta longtemps ralenti: 48 pulsations. La température accompagne la marche du pouls et tombe au-dessous de la normale, à en juger par les températures suivantes: 33°8 (Gailhard), 35*5 (Sorel). Nous relevons dans les tableaux thermoscopiques de Fournié (6) les températures de 36°, 35°4, 35°1 ; Granier (7) a observé 35°.
» Dans l'épidémie de Milan, Borsieri signale la tendance marquée aux syncopes dans la station debout. Dans l'épidémie de Cologne (1840), Horst mentionne qu'il n’était pas très-rare d'observer, au début des cas fébriles et prolongés en particulier, des vomissements et des pertes de connaissance.
» La tendance aux lipothymies est signalée dans une observation de Spengler et, dans un autre cas, par Trousseau (8). Dans un fait
(1) Longuet, Lésion des divers organes et appareils dans les oreallons. (Union médicale, 1885.)
(2) Servies. (Recueil de mémoires de médecine militaire, 1878.)
(8) Gailhard. (Thèse de Montpellier, 1877.)
(4) Sorel. (Aevue de médec., 1878.)
(5) Karth. (Thèse de Paris, 1883.)
(6) Fournié. (Æecueil de mémoires de médecine militaire, 1881.)
(7) Granier. (Lyon médical, 1879.)
(8) Clinique de l'hôtel-Dieu.
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très-curieux de Durozier (1), on voit de fréquentes lipothymies émailler le cours d’une sorte de fièvre ourlienne larvée. La syncope est encore un accident mentionné chez un malade de Hatry et dans la sixième observation de Fournié (2). Quelquefois la syncope signale l’invasion de la maladie (maladie de Duke). Gillet de Beauzie signale un cas où la mort fut le fait d'une syncope. »
Nous arrivons enfin aux complications cardiaques proprement dites, avec lésions soit de l’endocarde, soit du péricarde.
Malgré toutes les recherches bibliographiques auxquelles nous nous sommes livré à l'endroit de ces complications, nous n'avons trouvé aucun fait pour venir à l'appui de notre thèse, en dehors des trois observations citées par le docteur Longuet dans l’Union médicale, et que nous allons reproduire fidèlement. Nous terminerons cette première partie de notre étude par un résumé de la leçon clinique professée par M.Jaccoud (3), le 19 janvier 1884, sur un cas d’oreillons graves compliqué d’endopéricardite. Nous ne prétendons pas faire servir absolument aux besoins de notre cause les quatre observations dont il s’agit ici; nous les exposerons sans commentaires, trouvant dans cette seule exposition une transition naturelle aux observations qui font la base de notre thèse.
La première observation est rapportée par Isham (4); elle concerne un enfant de quatre ans. Longuet la cite de la façon suivante :
« L’affection débute par des symptômes fébriles et un état gastrique. Puis survient en apyrexie une parotidite droite, suivie le lendemain d'une parotidite gauche. Les urines, albumineuses, renferment des globules rouges et des cylindres. À la suite d’une promenade intempestive en pleine période d'état, l'enfant est repris la nuit d’une fièvre vive; il y a du délire, de la dypsnée. Le cœur bat avec violence; le choc de la pointe saute à l'œil, et l’on entend un double bruit
(1) Durozier. (Gazette des hôpitaux, 1870 )
(2) Fournié, loc. et.
(3) Jaccoud, Clinique médicale, 1885, p. 518.
(4) The American J. of the med. sc., 1878, LXX VI, page 367.
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qui tient du souffle et du frottement, avec prédominance du bruit SyStolique, autant qu'on enpeut juger dans la précipitation des battements. On trouve un peu d’ascite. Un traitement approprié a eu raison de tous les accidents : les bruits anormaux ont complétement disparu.»
« La deuxième observation de ce genre appartient, dit M. Longuet, à Appleyard, et se rapporte à un garçon de seize ans ayant eu antérieurement la scarlatine, la rougeole et la coqueluche. Fièvre forte au moment du développement de l’orchite. Un bruit systolique se fait entendre à la base en deux points, avec des timbres différents, au niveau de oreillette gauche (ici plus élevé de tonalité) et à l’extrémité interne du second cartilage costal droit. Le second bruit est net et normal. L'enfant ne sort pas d’un état soporeux : la température buccale ne quitte guère 40°5.
» Le pouls va de 100 à 112. Langue sèche. On note à un autre moment un bruit de frottement à la base, à droite, au niveau du carti- Tage de la deuxième côte, lequel a disparu le lendemain. Apparition de taches rouge bleuâtre sur la peau inférieure du ventre et supérieure des cuisses.
» À la suite d’une abondante transpiration nocturne, les testicules diminuent de volume, le scrotum se desquame, la température baisse. On n’entend plus que le frottement, appréciable à peine, au niveau de l'oreillette gauche. L'enfant est très-pâle et présente un bruit artériel d'’anémie. Revu plus d’un mois après, il présente un certain degré d'hypertrophie cardiaque: Pimpulsion est étendue ; la pointe du cœur bat en dehors du mamelon. Bruits normaux.
» Le père rappelle qu'après une scarlatine à l’âge de quatre ans, le médecin annonça que le cœur serait à surveiller. »
Nous continuons à citer Longuet. La Gazette des hôpitaux publie une observation unique pour l’auteur, recueillie dans le service de M. Grancher : « Homme de vingt ans. Parotidite double durant huit jours. Le testicule gauche se gonfle en l'absence de phénomènes généraux. Ce n’est que deux jours après que la fièvre se montre pour la première fois; en même temps, céphalée, oppression. On entend au
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cœur, àla pointe, un souffle systolique (endocardite) et un autre souffle râpeux au premier temps et à la base (péricardite). Temp. 40°1. La fièvre diminue, cesse complétement au bout de cinq jours. Le testicule arepris ses dimensions normales. Tout bruit de souffle a disparu. Le pouls reste un peu rapide. »
M. le professeur Jaccoud, dans sa leçon clinique du 19 janvier 1884, parle d'un jeune homme de dix-neuf ans, robuste, chez lequel le tableau clinique de l'affection ourlienne revêt, dès l'entrée à l'hôpital, un aspect classique. M. Jaccoud le caractérise en ces termes : «Fièvre; état saburral très-marqué; gonflement considérable de tout le côté droit du cou et de la région maxillaire. À gauche, gonflement moins marqué, mais certain, des régions similaires. De ce même côté, gonflement visible et rougeur du testicule et du scrotum. »
La maladie en est au huitième ou neuvième jour de son évolution, et, sans que les tumeurs parotidienne et testiculaire subissent la moindre modification de volume, on constate une élévation anormale de la température, qui se maintient très-élevée. Les divers appareils, soigneusement interrogés, ne peuvent rendre compte de cette hyperthermie, qui pour M. Jaccoud est le fait de la maladie elle-même.
En même temps, au matin du neuvième jour, et ici je cite les paroles du maître, « j'entends et je fais entendre un souffle systolique prolongé et déjà rude, exactement localisé au foyer de la pointe. En même temps, je trouve à la base, au niveau des articulations sternales de la deuxième et de la troisième côte, une plaque de frottement péricardique qui occupe toute la largeur du sternum dans la hauteur que je viens d'indiquer. Ce frottement n’a pas subi de modification les jours suivants; mais le souflle a augmenté de force et de rudesse, si bien qu'aujourd'hui, quatorzième jour, vous pouvez l’apprécier à son maximum de netteté. Il est donc hors de doute qu’une endocardite mitrale s'est développée au cours et sous l'influence des oreillons.»
Et, pour terminer, le professeur écarte toute relation de cause à effet entre l’endopéricardite et l’hyperthermie précitée, faisant ressortir d'autre part que son malade n’a jamais eu de rhumatisme.
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D'ailleurs la complication dont il est fait mention dans ce cas a disparu avec les oreillons.
En résumé, nous relevons dans cet exposé succinct de l’historique des oreillons une série de déterminations portant sur les divers appareils ; parmi ces déterminations, les complications cardiaques ne tiennent pas la plus grande place, et encore sommes-nous tenu de faire de grandes réserves en ce qui les concerne.