IV. — SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
Les symptômes des péritonites sans perforation n’ont rien qui les distingue des péritonites par perforation si ce n’est peut-être la moindre gravité du pronostic.
La difficulté de reconnaître la péritonite dès son début est, en particulier, la même qu’il y ait ou non perloration à l’origine.
Ce début est rarement brusque et assez significatif.
Parfois cependant l'attention est attirée par des symptômes caractéristiques : Douleur brusquement apparue et assez intense pour que le typhique plus ou moins abattu ou prostré s’en plaigne spontanément, altération brusque de l’état général, avec modifications significatives du facies, brusque accélération du pouls et chute de la température. À l'examen contracture indiscutable dès le premier palper abdominal. Un début aussi franc est rarement signalé et on en comprend les raisons ; il a peu dechance d’être observé chez le typhique fatigué par deux ou trois semaines de maladie et qui réagit mal. Il réagit si peu, que le syndrome de perforation
digestive si dramatique chez un ulcéreux surpris en pleine santé, devient atténué et torpide chez le typhique.
Une péritonite sans perforation, si large que soit l’affection du péritoine, doit naturellement être presque toujours de début torpide.
En effet le début de ces péritonites est pratiquement toujours progressif. Le diagnostic se fait avec une série d’anornalies constatées à un des examens quotidiens de surveillance du typhique. Souvent l’aggravation de l’état général est constatée la première : le malade est plus prostré, un peu anxieux ou un peu agité avec les traits tirés ; en même temps modifications diverses du pouls et de la température, le plus souvent on constate la chute de la température et l’accélération du pouls ; en tous cas modifications qui ne se font pas dans le sens favorable d’un début de défervescence.
Les signes fonctionnels sont obtenus par l'interrogatoire ; ils ne sont pas accusés par le malade, douleur abdominale peu vive, mais persistante, arrêt des selles, rétention d'urine, état nauséeux, vomissements parfois.
Le palper de l’abdomen doit être très soigneux ; on
perçoit en palpant doucement un peu de contracture, qui se décèle à des examens successifs ; parfois 11 y à d'emblée une augmentation de météorisme.
Ce début insidieux est celui que nous avons retrouvé dans presque toutes les observations publiées, ainsi que chez notre malade. Nous n'avons pas retrouvé de rapport évident entre le mode de début et le type de la lésion qui a causé la péritonite. Les infections du péri-. toine secondaires à des ruptures d’abcès d'organes