CHAPITRE TI
Décomposition des persulfates alcalins
Bien que Berthelot ait indiqué, d'une ‘façon très catégorique, que le persulfate de potassium sec peut être conservé des mois entiers sans altération, depuis que le sel de sodium est employé en pharmacie, il ne se passe, pour ainsi dire, pas de jour où quelque auteur n’affirme que ce dernier sel est très facilement . décomposable. C'est Rigot qui, le premier, à émis cette idée
et, depuis lors, elle se trouve reproduite dans nombre de travaux médicaux. Il parait élrange, à priori, que le sel de polassium soit si stable, et que le sel de sodium jouisse, au contraire, d’une instabilité marquée. Aussi, malgré les expériences de Rigot, j'ai cru devoir reprendre cette question. Au point de vue pharmaceutique, il est de la dernière importance de savoir si réellement le persulfate sodique est aussi instable qu’on le dit et, par suite, sie pharmacien ne peut préparer lui-même des solutions pour l'usage médical. Je m'occuperai d’abord de la décomposition des trois sels de potassium, sodium et-ammonium à l'état sec et à la température ordinaire, puis des deux premiers à la température de 100. Je traiterai ensuite de leur décomposition en solution, aux températures de 50 et
Décomposition des persulfates alcalins à l’état sec, à la température ordinaire et à 1000. -- Un persulfate de la formule S'O°M?, à l'abri de toute hydratation, devrait se décomposer sui vant Berthelot en pyrosulfate alcalir et oxygène :
Or, le persulfate de potassium pur, dont j'ai indiqué la préparation, n’a subi, au bout d'un mois, aucune perte de poids, il en a été de même pour un persulfate de soude.
Des échantillons de persulfate de potasse et de soude, dont la réaction était neutré, ontété mis en flacon le 10 août. Le 3 octobre, ils ont été essayés au tournesol ; ni l'un ni l’autre ne présentaient de réaction acide, et le persulfate de soude, qui était à 99 pour cent de sel pur, donnait à peine un louche avec le chlorure de Baryum.
Du persulfate d'ammonium du commerce, dont l'acidité élait 1,86 pour cent en SOH*?, a présenté, au bout du même temps, une acidité de 2,79 pour cent. Est-ce à dire qu'il soit plus facilement décomposable que les deux autres, la formation d’une certaine quantité de bisulfate pourrait tenir simplement à de l’eau d’interposition des cristaux. Il résulte de là qu'ur persulfate à l’état sec se conserve indéfiniment.
En exposant à une température de 100° les deux persulfates de potasse et de soude, il m'a été impossible, après 48 heures, d'observer aussi la moindre variation de poids.
En faisant les mêmes expériences avec l'échantillon de persulfate de soude à 63,8 °/,, les résullats sont aussi négatifs ; le dosage alcalimétrique de ce persulfate a conduit aux résultats suivants : :
Nombre cc. solt Durée de Persulfate mis Nomb. ce. KOH acide emplogés pour
c'auffe en expérience ajouté salurer excès KOH S?208 Na? 010
48h 0.20 20 ce 8cc5 62.9
Il est vrai que, s'il s'était formé du pyrosulfale, il eût exigé, pour sa transformation en sulfate neutre, la même quantité de soude que le même poids de persulfate ; mais, comme il est