‹ Contribution à l'étude des perversions de l'instinct de conservationChapitre 20 sur 31 · C... à cause des raisons que nous avons dites. On peut néan · texte numérisé non relu

C... à cause des raisons que nous avons dites. On peut néan

moins rapprocher son goût précoce pour Ja lecture, de la prédi-

lection semblable de M..., qui, on se le rappelle, avait appris à LE SAVOUREUX, 6

lire afin de se désennuyer. Ce fait constitue-t-il un indice suffisant pour permettre de dire que M*° C... s'ennuyait habituelle-

ment étant jeune fille ?

Les réactions contre l'ennui chronique ne sont pas uniquement suicides. Les changements d'emplois, les évasions, etc..…., qui se voient dans l'histoire de M... et de B..., aussi bien que dans celle de V.., ne doivent pas être considérés comme des exémples d’instabilité, dans le sens où on l'entend pour des sujets excités où variables dans leurs états affectifs. À vrai dire, l'instabilité chez eux n’est qu'apparente, car le fond d’ennui ne se modifie pas avec leurs nouveaux désirs : elle doit être envi-

sagée comme un essai de distraction hors de leur incurable

ennui.

|. La persistance de l'affectivité est nette chez M... et chez Hélène C... Elle est douteuse chez V2

On l'aura noté, dans presque tous les certificats, il est question de dépression mentale. Le terme ne pourrait être conservé pour nos malades, si l’on comprend ainsi une diminution, non seulement du tonus affectif, mais aussi de la volonté. L'activité, en effet, est entièrement conservée chez les quatre sujets. L'intégrité de la volonté est manifeste dans tout le cours de l'affection, même dans les moments de pire ennui. Hélène C..., avant de se tuer avec ses enfants, fait plusieurs jours à l'avance des préparatifs qui révèlent sa parfaite décision. Pour M..., les accidents alcooliques qui motivent ses internements, masquent son véritable état mental et il se peut que la fatigue, suite de l'excitation éthylique, ait alors déterminé un état de dépression dans le sens véritable de ce terme.

Dans ces ennuis, il n’y a aucune apparence de périodicité et de circularisme. L’ennui est constant, chronique : ses moments d'acuité ne sont que des aggravations d’un état habituel.

Aucune de ces idées de suicide ne s'est présentée avec les caractères de l'obsession ou de l'impulsion. L'imitation ne peut pas davantage être invoquée. L'idée est acceptée par le sujet ; il

ne lutte pas pour s'en débarrasser, Quand il se décide à la mettre à exécution, c'est depuis longtemps qu'il y est préparé. La tentalive n'est pas exécuté dans un moment d'inquiétude ou d’angoisse,

On ne peut tirer aucune conclusion des heures de Ia journée

auxquelles ces tentatives se sont produites, pour rapprocher ces suicides des autres suicides connus. En Sont trop peu nombreux. En second lieu, il semble que nos malades aient choisi l'heure la plus propice (solitude ou libre disposition d'instruments tranchants), plus qu'ils n'ont été déterminés par des influences météorologiques où autres. Leur

décision à mourir, en effet, est le résultat d'un état chronique et non pas d'un épisode affectif douloureux. Parfois,

il y a un prétexte qui occasionne une réaction suicide en

apparence subite. Nous avons vu que l'idée de suicide existait toujours bien antérieurement à l'événement. À

Nous croyons pouvoir affirmer avec suffisamment de certitude qu'aucun de nos malades n'était en état de délire, ou de paroxysme anxieux, à aucun moment de son histoire. Sauf peut-être M... dans ses périodes d'alcoolisme subaigu.

Nous ferons cependant des réserves sur V... en ce qui concerne le délire et les hallucinations, à cause de son aspect réticent et de sa grande débilité mentale.

Tous ont ceci de commun qu'ils S'ennuient. Il convient donc, avant de pousser plus avant la psychologie des spleeniques, de regarder attentivement ce sentiment qui fait, pour la plus grande part, l'originalité de leur psychopathie,

premier lieu, nos cas

LMT!

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