‹ Contribution à l'étude des perversions de l'instinct de conservationChapitre 29 sur 31 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LE SPLEENIQUE

Le spleen est la forme suicide de l'ennui morbide.

Mais, pour la commodité de la description, il n’y a pas d'inconvénien! à lui donner un sens moins rigoureusement défini que les vieux auteurs français. On peut appeler spleeniques, ces ennuyés chroniques qui n’ont jamais fait de tentatives de suicide.

Nous avons jusqu'ici considéré les symptômes du spleen un peu isolément. Nous sommes à même maintenant de les regarder dans leur ensemble et leur évolution. C'est seulement ainsi que nous pourrons éviter de les confondre avec un certain nombre d'états pathologiques.

Lorsqu'on examine un malade qui prétend s’ennuyer, il faut s'assurer, avant toutes choses, qu'il s'agit d'un ennui véritable, Le mot, en effet, est pris, même au singulier, dans des sens assez différents : tantôt comme synonyme de tracas, contrariétés, préoccupations quelconques, chagrins même ; tantôt il interprété de la manière que nous avons défini tout à l'heure. Si l'incertitude sur ce point règne quelquefois chez les httérateurs, à plus forte raison sera-t-on en droit de soupçonner une impropriété de termes de la part du malade d'asile, ou

même de ville.

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