‹ Contribution à l'étude des phénomènes physiologiques concomitants de l'émotionChapitre 8 sur 17 · XL · texte numérisé non relu

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données intellectuelles des objets, données précises

permettant une réaction différenciée, hautement adap-

tée, se manifestant par des mouvements volontaires.

e ; ë « Nous faisons en outre. remarquer que seul ce dernier

système est conscient.

Le fonctionnement de ces deux systèmes isolés est chose facile à concevoir. C’est le cas des animaux infé-

rieurs ne possédant pas d'appareil cortical. Ces animaux sont renseignés par leur système nerveux rudimen-

taire du danger qui les menace et présentent des réactions instinctives de fuite ou de défense. D’un autre côté, le fonctionnement de l'appareil intellectuel et volontaire peut s’observer, dans certains cas, à l’état isolé, chez l’homme que lhabitude d'un certain affect

rend indifférend à celui ci, et alors seul son appareil

différencié fonctionne. Ces cas, que l’on appelle communément des actes accomplis avec « sang-froid »

doivent être en réalité fort rares et pratiquement on

peut dire que chez l’homme ces deux appareils fonctionnent en même temps.

Comment concevoir le nine de ces deux -Systèmes ensemble ? Tout d’abord, y a-t-il simplement un fonctionnement simultané ou une véritable Coopéralion ? Il nous semble que le plus souvent il y a lieu de parler d’une collaboration entre le système affectif et le système intellectuel. Ce n’est que dans les cas où l'appareil cortical se trouve véritablement inhibé par l'intensité justement d’une émolion, qu’on peut voir une dissociation des deux systèmes.

Dans les cas qui sont donc la règle, comment ces deux

appareils sont reliés en vue d’une collaboration ? Deux hypothèses sont possibles : la première consiste à dire, comme dans la théorie James-Lange, que la sensation affective donne naissance à un certain nombre de manifestations périphériques, constituant la réaction instinctive et seule la perception de celles-ci permettra l’arri- vée des dites sensations à la conscience. Or, il semble que cette conception rencontre un cerlain nombre d’objections. Nous les citerons d’après W. B. Cannon qui malgré qu'il soit de l’école de James, ne craint pas de critiquer sérieusement la conception de celui-ci. : La première urilique a été faite à la suite d’une expérience de Sherringlon qui prouve que la séparation totale des viscères et du système nerveux central ne change pas le comportement émotionnel de l'animal.

Nous comprenons moins bien la critique de Cannon

concernant la spécificité viscérale. Il est entendu que. la réaction émotive est quelque chose d’essentiellement diffus où il ne nous semble pas à propos de parler de spécificité. Une objection concernant l’insensibilité des viscères est d'avance réfutée par la notion actuellement bien admise d’une sensibilité viscérale réelle, mais inconsciente. Cannon pense également que la modification des viscères est trop lente pour produire des sensations aussi subites qu'une émotion.

Un argument d’une assez grande valeur est par contre l’absence de toute réaction affective quand on reproduit expérimentalement au niveau des viscères les mèmes modifications qu’y apportent généralement les

émotions.

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En somme, il nous semble que la conception de James- Lange ne réponde pas toujours à la réalité des faits. Comment pourrait-on concevoir encore la jonction des deux systèmes ? L'appareil intellectuel et volontaire pourrait avoir conscience d’une sensibilité affective directement. Pour être plus concrets, imaginons que la corticalité, par un système de fibres directes est reliée aux noyaux gris centraux et se trouve ainsi renseignée sur ce qui S'y passe. -

Nous ne pouvons discuter ici cette question qui se trouve un peu en dehors de notre sujet. Nous nous en tenons aux faits incontestables, et le seul acte d’interprétation consistera en la précision de certains termes. Jusqu'ici nous avons évité, dans la mesure du possiblé, de parler d'émotion. Ce terme, pour nous doit être envisagé comme un processus de réponse, non Comme un état durable. Il ne faut pas confondre l’émotionchagrin par exemple, et la tristesse mélancolique qui est surtout un état de dépression... » (Piéron). La première caractéristique de l’émotion que nous retiendrons est donc la notion de sa brusquerie et de sa courte durée. ;

Il s’agitdonc dans l'émotion d'une sensation ou d’une image qui se projette dans notre système nerveux à deux endroits différents : dans notre appareil affectif (localisé très probablement dans les ganglions souscorticaux, cÎ. Head, Cannon, etc.) et dans notre conscience. Celte sensation donne lieu à deux ordres de réactions : l’une inslinctive, l’autre volontaire. Dans toute émolion nous nous trouvons en face de quatre

Te

phénomènes donnant lieu à un phénomène en appärence très complexe. Qu’est-ce que nous devons appe- __ ler émotion dans tout cela ? Si l’on ne considère que ce qui est conscient, on ne doit appeler émotion que la sensation consciente et la réaction instinctive. Nous voyons là que la partie essentielle, c’est-à-dire la sensation affective inconsciente, se trouve éliminée de la

notion de l’émotion. Sans celle-ci, pourtant tout se réduirait à une perception froide dépourvue de toute tonalité affective. $

Une discrimination cependant s'impose ; il nous sem- + ble qu’on doit distinguer tout d’abord une émotion élé. mentaire, consistant en un simple arc réflexe affectinstinct très peu différencié ; puis une émotion complexe où à ce simple réflexe surajouteraient des phénomènes

intellectuels et volontaires qui rendraient l'émotion : plus riche et permettraient une réponse plus adaptée. Pour nous, dans le but de montrer l'influence des émotions sur l'organisme, il suffit de distinguer d’une part les phénomènes purement psychiques et d’autre part les modifications physiologiques, objectives qui seules nous retiendront par la suite.

Pour fournir cependant une définition de l’émotion qui nous aidera plus loin, nous dirons qu’elle résume l’ensemble des modifications que produit dans l'organisme un excitant brusque, de courte durée et d'intensité suffisante. On pourra trouver que cette définition n’a rien de psychologique, et cela est juste, mais nous ne considérons point l'émotion, — tout au moins sous sa forme simple, — comme un phénomène psychique. C’est une

Ç ne modification de l'organisme qui n ‘entre ri le domaine de la psychologie qu’en devenant consciente. à Cette définition un peu large nous permettra le rapprochement entre les faits émotionnels et les états de choc

: humoral, rapprochement qui nous DAS: jondamental

en pathologie.

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