CHAPITRE IV
DESCRIPTION DES PHOSPHURES.
Phosphure de potassium.
Chauffé dans la vapeur de phosphore, dans une atmosphère d'hydrogène, le potassium se combine au phosphore avec incandescence; la surface se ternit, puis le métal se transforme en une masse brune boursouflée. La réaction commence à s'effectuer un peu au-dessus de 300°, mais si l’on maintient la température au-dessous du rouge sombre, il reste toujours du potassium inaltéré, englobé dans la couche de phosphure qui le protège contre l’attaque du phosphore. En élevant la température vers Goo’, la matière qui s’est produite et qui est constituée par un phosphure de potassium, contenant du métal en excès, se volatilise et l’on peut ainsi transformer tout le métal en phosphure. Cette manière d'opérer ne permet pas d'isoler le phosphure de potassium, car il y a décomposition partielle du produit, On trouve alors, dans la partie froide du tube, du phosphore condensé mêlé au phosphure de potassium.
Le phosphure de potassium qui se produit ainsi est
amorphe, et s’il ne contient pas de métal en excès, il est imprégné de phosphore rouge dont il est impossible de le séparer. Je n’ai pu en faire aucune analyse dans ces conditions. Ce phosphure de potassium est facilement inflammable, il se décompose au contact de l’eau avec violence en dégageant de l'hydrogène phosphoré spontanément inflammable.
D’autres tentatives n’ont pas été plus heureuses. J'ai chauffé le potassium avec du phosphure de mercure sans résultat bien net,
Devant cet insuccès, j'ai essayé de tourner la difficulté et j'ai repréparé du phosphure de potassium par voie directe, en arrêtant l’action du phosphore avant la saturation complète, de manière à laisser un excès de métal. Il me semblait possible, en opérant ainsi, de séparer le métal du phosphure en chauffant le mélange dans le vide, mais contrairement à mes espérances, avant que le métal ait commencé à distiller, du phosphore s’est dégagé et est venu se condenser dans les parties froides du tube. Je n’ai plus trouvé dans la nacelle qu’une masse boursouflée, amorphe, retenant encore du phosphure de potassium, car au contact de l’eau elle dégageait de l’hydrogène phosphoré.
J'ai chauffé, sans résultat satisfaisant, du potassium
dans une solution de phosphore dans le sulfure de carbone.
Phosphure de sodium.
Ce que je viens de dire pour le phosphure de potassium peut sc répéter presque mot pour mot, touchant le phosphure de sodium. Si l’on opère au voisinage de 400°, on laisse du métal inaltéré et il reste comme produit de la réaction un mélange de phosphure et de sodium. Quand on cherche à élever la température pour faciliter la réaction, on n'arrive qu'à obtenir un corps souillé par du phosphore en excès.
Les propriétés du phosphure de sodium sont analogues à celles du composé correspondant du potassium ; je signalerai toutefois deux accidents qui se sont produits après la préparation et qui tendraient à faire croire que ce corps peut faire explosion. Après la chauffe dans la vapeur de phosphore, au moment d'enlever la nacelle, je m’aperçus qu'elle était adhérente, collée par un morceau de phosphure tombé et fondu sous l’action de la chaleur. En cherchant à entrainer la nacelle avec un fil de fer, j'effleurai la surface du phosphure; aussitôt je vis la masse prendre feu avec déflagration et la matitre enflammée fut projetée hors du tube en même temps qu'il se produisait une violente détonation. J'ai vu ce même fait se reproduire deux fois de suite.
Pour ces recherches sur les phosphures alcalins, jai employé avec assez de succès des nacelles de nickel. Ce métal résiste beaucoup mieux que la porcelaine à l’action des métaux fondus. |
Phosphure de magnésium.
Plusieurs auteurs ont indiqué que le magnésium se combinait au phosphore. M. Parkinson (1) a même décrit un phosphuüre, qu'il a analysé et auqnel il attribue la formule Mg? P?. En réalité le corps qu'il a obtenu est voisin de cette composition et cela lient surtout à ce qu'il a opéré toujours dans les mêmes conditions en faisant réagir des poids de matières toujours dans le mème rapport.
J'ai chauffé, comme ce savant l'indique, du phosphore rouge et du magnésium divisé (poids égaux) et j'ai constaté que, bien avant le rouge sombre, il y avait une réaction violente, accompagnée de projections hors du tube contenant le mélange.
(1) ParkiNsoN, Journal of Chemical Society t. II 5° série, p. 509.
LÉ d
J'ai modifié alors: ce mode opératoire primitif: j'ai fait passer un courant de vapeur de phosphore sur du magnésium divisé du commerce et j'ai constaté qu'au rouge sombre la masse changeait d'aspect et se ternissait. Le produit de la réaction était amorphe et répandait à Pair humide l’odeur caractéristique de l'hydrogène phosphoré. Quand j'ai essayé d’en déteiminer la composition je me suis aperçu de l’impureté du corps étudié; il contenait du phosphore, du magnésium et une assez grande quantité de mauères étrangères, telles que du fer, du silicium et du carbone, provenant du métal. De l’analyse d’un pareil mélange on ne pouvait rien déduire.
J'ai recommencé mes tentatives avec du métal pur. J’ai distillé, dans le vide au rouge vif, le métal en lingots que l’on trouve dans le commerce ; sous cette dernière forme le métal est beaucoup plus riche.
Le magnésium pur se combine au phosphore vers 6oo°, la réaction s'effectue lentement, mais il est difficile de uransformer intégralement la masse en phosphure : il faut alors élever la température. Il n’a été impossible de préparer du phosphure par voie directe, car aucun des vases que j'ai employés n’a pu résister à l’action combinée du magnésium et du phosphore. Le magnésium phosphoré ainsi obtenu est noir, friable, décompose l'eau, mais il est souillé des impuretés provenant des matières avec lesquelles il a été en contact.
Phosphure d'aluminium.
L’aluminium peut être chauflé dans la vapeur de phosphore jusque bien au-dessus de son point de fusion, sans qu'il y aittrace de combinaison.
Les méthodes que j'ai appliquées avec succès sur d'autres métaux action du trichlorure de phosphore sur le métal
ou du phosphore sur le chlorure correspondant) ne
peuvent être appliquées ici, les dissolvants détruisant le phosphure. J'ai constaté toutefois que si Paluminium était attaqué par le trichlorure de phosphore il y avait simplement formation de chlorure d'aluminium et mise en liberté de phosphore. L'opération inverse n’a pas été couronnée de succès ; le chlorure d'aluminium maintenu dans la vapeur de phosphore, avec où sans l’aide de l'hydrogène, est resté inaltéré.
De l'aluminium divisé a été chauffé en tubes scellés avee du chlorure phosphoreux. À 27o° il y a en réaction : il s’est formé du chlorure d'aluminium et en même temps il s’est formé une matière rougeàtre. J'ai ouvert les tubes et je les ai débariassés de l'excès de trichlorure de phosphore en les chauffant au bain-marie après les avoir reliés avec une trompe. On arrive ainsi à éliminer ce Corps si l’on a soin de recommencer l'opération plusieurs fois, en remplaçant l’air extrait du tube par un gaz inerte sec. J'ai alors scellé les tubes et j'ai placé dans une bouteille à soufre la partie du tube renfermant la matière solide; l’autre portion du tube était coiffée d’un tube en fer refroidi par un courant d’eau. Au bout de quelques heures de chauffe, l'extrémité froide contenait le chlorure d’aluminium, En ayant soin de faire le vide dans le tube cette sublimation s'effectue aisément. Le résidu non volatil est presque uniquement formé de phosphore rouge; pourtant au contact de Peau il y a un faible dégagement d'un gaz inflammable, ayant l'odeur de l'hydrogène phosphoré. La petite quantité de gaz produit montre que le phosphure
d'aluminium formé est en proportion très minime.
Phosphure de chrome.
On sait peu de chose sur les combinaisons du chrome et du phosphore; H. Rose (!) dit bien que l'hydrogène
(!) Rose, loc. ci.
phosphoré transfornie à chaud le chlorure chromique en protophosphure de chrome, mais ilne donne aucun renseignement sur la manière dont il a pu déterminer la composition de ce dernier corps; après lui Martius (! ) a préparé un composé analogue en traitant le bichromate de potassium par la vapeur de phosphore, mais sa méthode d'analyseétant eritiquable et ses résultats incomplets, il est difficile d’admettre qu'il a bien eu affaire à un phosphure pur et défini.
J'ai repris l'étude du phosphure de chrome.
Action du phosphore sur Le chrome. — J'ai cherché d’abord à isoler du phosphure du chrome par voie directe. La seule manière d'obtenir facilement ce métal pur est la réduction de l’oxyde par le charbon au four électrique; le chrome est généralement très dur etil est impossible de le réduire en poudre fine. Je me suis vu obligé de l’employer pour mes expériences en fragments très irréguliers.
Vers 600° le chrome est lentement attaqué par le phosphore, il perd son éclat métallique et sa ténacité. On trouve après l'opération une masse noire, peu brillante, cassante, mais qui résiste encore à l’action du pilon. En réalité, la périphérie des grains est seule phosphorée; l’intérieur ést du métal presque pur. Broyée et soumise à l’action du phosphore, la matière en absorbe encore; mais, par suite de l’état physique du métal, la saturation ne s’ellectue pas et des échantillons différents, traités plusieurs fois, ne m'ont pas donné de produits homogènes.
La teneur en phosphore n’a jamais dépassé 21 pour 100.
L'expérience répétée à plus haute température (900!) n'a pas fourni de meilleurs résultats.
Action du trichlorure de phosphore. — J'ai essayé de
préparer aussi du phosphure de chrome en faisant agir le
(°) MarTius, Liebig's Annalen, t. CIX, p. 83.
chlorure de phosphore sur le chrome métallique. Au-dessus de 5oo° il se fait du chlorure chromeux et un phosphure noir pulvérulent, amorphe. Pour arriver à une transformation complète, il faut recommencer le traitetement par le trichlorure, après avoir écrasé les grains inaltaqués. Comme il faut laver pour enlever le chlorure chromeux, l’eau altère un peu le phosphure et l'on à finalement un corps assez impur, ne retenant Jamais plus de 12 pour 100 de phosphore.
Action du phosphore sur le chlorure chromique. — Le chlorure chromique est réduit à l’état de chlorure chromeux. En joignant l’action de l'hydrogène à celle du phosphore, on transforme ce dernier corps en phospbure
de chrome.
Protophosphure de chrome CrP.
Préparation. — On place dans un tube de verre dur de Bohème les nacelles contenant le phosphore et le chlorure, puis on fait passer un courant d'hydrogène et, quand l'air est chassé, on chaulle Ja partie du tube qui contient le chlorure chromique progressivement jusqu'au rouge. Quand le ton rouge est atteint, on chaufle d’abord la partie antérieure du tube jusqu’à ce que tout le phosphore soit presque disparu ; à ce moment, on éteint le feu, de manière à obtenir un refroidissement brusque, et l'on maintient le courant gazeux assez rapide pour empêcher le phosphore en vapeur, qui remplit le tube, d’aller se condenser sur les produits de la réaction. Il y a avantage à se servir d'un tube assez long, car sans cela le phosphore se condense dans le tube de dégagement et le bouche.
Le phosphure est mêlé de chlorure chromeux non décomposé; on le purifie par des lavages à Peau disullée chaude à laquelle on a mèlé de lPacide chlorhydrique.
Propriétés. — Le protophosphure de chrome est gris;
On A. GRANGER.
vu au microccope, ila une structure graphitoïde et l’aspect du charbon des cornues.
Action des réactifs. — L'eau régale et les acides sont sans action ; le chlore au contraire l’attaque avec incandescence. Le phosphure de chrome se dissout lentement dans Ja potasse en fusion.
Analyse. — La séparation de Poxyde de chrome et de l'acide phosphorique est pénible et délicate; l’électrolyse ne peut pas être employée et les méthodes indiquées par les auteurs ne se prêtent pas à une détermination rigouieuse; ainsi il n’est possible, comme le dit Rose, d’effectuer la précipitation du phosphate ammoniaco-magnésien en présence d’un chromate sans entrainer de chrome. Voici comment J'ai opéré :
1. Le corps pulvérisé finement est traité par de la potasse et de l’azotate de potassium fondus ; on élève progressivement la température jusqu’au petit rouge et l'on abandonne à fusion tranquille pendant au moins une heure et demie. La masse refroidie est reprise par l’eau bouillante et l’on a ainsi une solution de chromate et de phosphate de potassium que l’on acidule par l’acide azotique et dans laquelle on verse un excès de réactif molybdique. Le phosphomolÿbdate est filtré et transformé en phosphate ammoniaco-magnésien. Dans le liquide restant se trouve tout le chrome, associé à du molybdène; on réduit, par l'alcool et l'acide chlorhydrique, le chromate en sel chromique, on neutralise et l’on précipite au moyen du sulfure d’amimonium. Le sesquioxyde de chrome entraine avec lui du sulfure de molybdène que l’on élimine par digestion prolongée avec du sulfure d’ammonium. Après des lavages à l’eau bouillante, on redissout dans l’acide chlorhydrique et l’on précipite à nouveau le chrome au moyen de l’ammoniaque, cette fois. Ainsi obtenu le sesquioxyde est suffisamment débarrassé des matières qui l’accompagnaient.
I. On peut aussi après la fusion, aciduler par l'acide azotique et faire bouillir avec de l'alcool. Quand toute la masse est transformée en sel de chrome, on verse de l’azotate de bismuth et l’on pêse l'acide phosphorique à l’état de phosphate de bismuth. Après avoir enlevé l'excès de réactif au moyen de l’acide sulfhydrique, on précipite le chrome comme à l'ordinaire.
Calculé
pour
Trouvé. CrPE Chrome er 62,87 62,93 > ep 24 / ÉROSDRORE EEE EEE 30,24 37,07 99,11 1007.00
Phosphures de manganèse.
Tous les phosphures de manganèse décrits dans les Mémoires ont une constitution variahle avec chaque expérimentateur. Schrôtter seul signale un corps défini qui n’a jamais été reproduit; étant donnés les procédés imparfaits employés, à l’époque de son travail, pour préparer le manganèse métallique et l'incertitude de ses analyses, on est amené à mettre «n doute l'existence de ce phosphure. Wôühler et Merkel ('), en calcinant un mélange soit de bioxyde de nianganèse, de cendre d’os et de charbon, soit de phosphate manganeux, de charbon et de borax, ont trouvé un phosphure dont la composition ne peut être exprimé par aucune formule simple. En réduisant à nouveau le phosphate par le charbon, Struve (2?) n’a pas été plus heureux que ses devanciers; le phosphure qu'il a obtenu est plus riche en phosphore que celui de W'übler et Merkel, mais les divers échantillons ne sont pas
compa rables.
(!) WœuLer et MERkeL, Licbig’s Annalen, t. LXXXVE, p. opte
(2) Srnuve, Journal für praktische Chemie, &. LXXIX, p. 327.
Action du phosphore sur le manganèse. — J'ai essayé d'étudier l’action du phosphore sur le manganèse, mais, par suite de la difficulté de se procurer du manganèse métallique pur, je n’ai pas pu avoir une grande précision dans mes résultats. J ai constaté toutefois qu'entre 6oo° et 700° le manganèse absorbe jusqu’à 24 pour 100 de phosphore et donne une masse noire brillante ct cassante.
Action du trichlorure de phosphore. — Comme Île chrome, le manganèse se prête peu à ce genre de traitement: on ne recueille qu'une poudre noire, amorphe, difficilement soluble dans les acides. Pendant les lavages faits pour enlever le chlorure manganeux, le métal qui peut rester libre et le phosphure s’altèrent.
Les analyses de ce produit décèlent son impureté; il contient en moyenne Jusqu'à 20 pour 100 de phosphore.
Action du phosphore sur le chlorure. — Quand on chauffe le chlorure manganeux anhydre dans la vapeur de phosphore, il ne s'effectue aucun changement; le phosphore distille et le composé manganeux 1este inaltéré, même à température élevée. Si, comme je Pai fait avec le chlorure chromique, on fait intervenir l'hydrogène, le
chlorure manganeux se transforme en phosphure.
Phosphure de manganèse Mn P?.
Préparation. — On emploie le mème dispositif que pour le phosphure de chrome. Quand le tube est rouge on voit des aiguilles cristallines pointer sur les bords de la nacelle qui contient le chlorure. L'opération est longue et, pour préparer des quantités relativement faibles de produit, il faut prolonger l’action du phosphore et de l’hydrogène pendant un temps assez considérable.
Les cristaux de phosphure sont empâtés daus du chlorure dont on les débarrasse par quelques lavages à l’eau
chaude acidulée par l'acide chlorhydrique.
Propriétés. — Le phosphure de manganèse est cristallisé en petites aiguilles très fines, réfléchissant fortement la lumière; son éclat et sa couleur rappellent lacerdèse, mais les cristaux sont dépourvus des cannelures longitudinales que l’on remarque sur ce dernier minéral. Les aiguilles sont trop aplaties ponr pouvoir se prêter à une détermination cristallographique.
Æction de la chaleur. — Au contact de l’air, ce phosphure s’oxyde lentement quand on le porte à une température élevée.
Action des réactifs. — L'acide azotique est sans action, l'eau régale et surtout le chlore et les alcalis fondus l’attaquent au contraire avec facilité.
Analyse. — 1. On fond le corps pulvérisé avec de la potasse, puis On maintient au rouge trés sombre pendant une heure et demie. On dissout dans l’eau la masse refroidie, puis on évapore à sec la liqueur acidulée par l’acide chlorhydrique. Le résidu est repris par leau et la solution obtenue est additionnée d’ammoniaque jusqu’à formation d'un louche. On évapore à sec plusieurs fois après avoir ajouté du sulfure d'ammonium. Le précipité, qui contient tout le manganèse, est filtré, lavé et dissous dans un acide; un second traitement par le sulfure d’ammonium permet de séparer le manganèse exempt d'acide phosphorique. On réunit les liqueurs {iltrées et les eaux de lavage, on les peroxyde et l’on y verse du réactif magnésien.
IT. On peut aussi, après avoir transformé le manganate en sel de manganèse, opérer plus commodément la séparation de l'acide phosphorique à l’état de phosphate de bismuth. On enlève ensuite l’excès de sel de bismuth par l'hydrogène sulfuré, la liqueur ne renferme plus alors que le manganèse.
J'ai essayé de séparer l’acide phosphorique du manga-
4 ’ 2 , = UE nèse par l’électrolyse, maïs tout le métal ne s’est pas
e # “ 1% 2 déposé sous forme d'exyde, une partie est passée à l’état de permanganate par suite de la présence des sels alcalins.
Calculé
pour Trouvé. Mnabee Manganeserern rer DO 72,65 PROSDRONCEEE EEE EEE 26,16 200 99,16 100 ,00
Phosphures de fer.
Un très grand nombre de phosphures de fer ont été cités dans les Ouvrages, mais la plupart d’entre eux n'étaient que des produits de décomposition. Les travaux des chimistes ont établi que le fer donne nettement trois phosphures -1Pe2P/FFe Pete \
Le sous-phosphure a été étudié par Berzélius, Struve (!) et Freese (?). Ce corps prend naissance quand on réduit le phosphate ferreux par le charbon, il se forme aussi dans la calcination ménagée du protophosphure ou lorsqu'on fait agir le phosphore sur le fer au rouge vif.
Schrôtter, par l’union directe des éléments au rouge sombre, a préparé le premier le protophosphure de fer; Hvoslef, puis Struve, sont arrivés au même résultat. Rose et Freese l'ont vu se produire dans d’autres réactions, par exemple dans le traitement du chlorure ferrique par l'hydrogène phosphoré.
Le phosphure Fe? P' a été signalé par Rose et ensuite par Freese. Ces deux savants ont chauffé le fer métallique, le bisulfure de fer ou le chlorure ferreux dans un courant de phosphure d'hydrogène.
(') Srruve, Jahresbericht, 1860-1863 (Petersbourg Academie, Bulletin, L 1, p. 455, et Journal für praktische Chemie, t. LXXIX, po2r): (2) FReëse, Poggendorff's Annalen, t. CXXXIL, p. 295.
M. Sidot (1) a décrit, il y a quelques années, un phosphure cristallisé Fe'P qu'il n’y à pas lieu de considérer comme un corps défini; par la préparation même, ce chimiste s’est mis dans les conditions les plus favorables pour n'obtenir que du fer phosphoré puisqu'il maintenait fondu du fer saturé de phosphore, tant qu'il se dégageait des vapeurs inflammables (De
Je mentionnerai encore une autre combinaison phosphorée du fer Fe‘P#, contestée par Freese, malgré les assertions de Struve. On verra que J'ai réussi à isoler pur et cristallisé.
J'ai été assez heurenx pour augmenter cette liste déjà longue d’un nouveau corps, le sesquiphosphure de fer.
Action du phosphore sur le fer. — Au rouge sombre, le fer réduit se combine facilement au phosphore et donne du protophosphure de fer; au rouge vif, il ne se forme plus que du sous-phosphure. Si Ja chauffe est irrégulière et si la température s'élève ou s’abaïsse notablement, on se trouve en présence de mélanges de protophosphure et de sous-phosphure, mélanges qui ont été pris quelquefois pour des combinaisons définies. Au voisinage du rouge blane, le fer s’unit encore au phosphore; mais, comme Île sous-phosphure est décomposable à cette température, on n'obtient plus que du fer phosplioré dont la richesse en phosphore va en s’affaiblissant à mesure que la température s'élève. Au rouge blanc, le fer ne retient plus que
quelques centièmes de ce métalloïde.
(:) Sinor, Comptes rendus, t. LXXIV, p. 1425.
(2) En étudiant les phosphures de cuivre, j'ai trouvé aussi un phosphure qui cristallise nettement et qui n’est qu'un produit de la décomposition d’un autre phosphure., Je parlerai en temps ct lieu de ce com-
posé intéressant.
Phosphure de fer Fe“P3.
En chauffant dans un courant d'hydrogène du phosphate ferrique, Struve a obtenu un corps gris, à éclat métallique, non magnétique, soluble dans l’acide chlorhydrique et l'acide azotique. Quoique plusieurs analyses aient été faites, leur moyenne donne encore un écart avec la composition correspondante. Freese à montré que le phosphure était impur; aussi a-t-1il nié son existence.
Par un procédé nouveau (l’action du trichlorure de phosphore sur le fer), je suis arrivé à préparer le phosphure Fe P3 dans un état de pureté satisfaisant.
Préparation. — On fait passer un courant de vapeur de trichlorure de phosphore sur du fer réduit de l’oxalate ; au rouge, il se forme du chlorure ferreux et du phosphure de fer. Il est important, pour la réussite de l'opération, de ne pas trop élever la température; sans cela on s’expose à produire une détérioration de la couverte de Ja nacelle et du verre du tube où s’eflectue la réaction. On trouve alors dans ce cas, comme résultat, une masse de phosphure ayant l’air fondu et altéré par des débris de silicates.
On sépare le phosphure de fer du chlorure ferreux, auquel il est mêlé, par des lavages à l’eau distillée chaude, acidulée par l'acide chlorhydrique, puis à Peau distillée seule,
On peut aussi préparer facilement ce corps en remplaçant le chlorure phosphoreux par le biiodure, j'ai obtenu ainsi de très jolis cristaux. Comme l’iodure de phosphore se décompose plus facilement que le chlorure de phosphore, l'attaque du fer se fait à température moins élevée, et c'est probablement à cette circonstance qu'est due la production de cette masse cristalline,
Propriétés. — Le phosphure Fe‘ P3 est gris, il a l’éclat métallique, il est cristallisé en prismes.
Action des réactifs. — Très peu altéré par l’eau régale, il est insoluble dans les acides chlorhydrique et azotique. Le chlore et les alcalis fondus le détruisent facilement.
Æction de la chaleur. — Au rouge, il perd du phosphore qui brûle, si l’on fait l'expérience au contact de l'air.
Analyse. — On chauffe le phosphure dans un tube de
verre vert traversé par un courant de chlore; au rouge, il y a formation de chlorure ferrique, qui se sublime dans le tube, et de chlorure phosphorique, qui va se condenser dans une solution de potasse contenue dans un tube de Willet Warrentrap qui termine l’appareil. Quand toute la matière a disparu, on laisse refroidir, on lave le tube à l’eau chaude et l’on évapore les eaux de lavage auxquelles on à joint le contenu du tube à potasse préalablement acidifié par l'acide sulfurique. On évapore une seconde fois avec cet acide pour transformer les chlorures en sulfates et l’on redissout la masse dans un peu d'eau. On verse la liqueur chaude dans une solution, également chaude, concentrée, de 35" d’oxalate d’ammonium et l’on étend à 200%. On électrolyse alors à 70° environ avec 0,014 ampère (1) au début et 0,017 à la fin. Le contenu de la capsule est évaporé, et peroxydé soit par le brome, soit par le chlorate de potassium et l'acide chlorhydrique ; on précipite l'acide phosphorique comme d'ordinaire par
le réactif magnésien.
Calculé
pour
Trouvé. Rep.