‹ Contribution à l'étude des phosphures métalliquesChapitre 6 sur 19 · VI. — ACTION DE L'HYDROGÈNE PHOSPHORÉ SUR LES SOLUTIONS MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

VI. — ACTION DE L'HYDROGÈNE PHOSPHORÉ SUR LES SOLUTIONS MÉTALLIQUES

Ce fait que le phosphure d’hydrogène précipite, d'une solution de sulfate de cuivre, un corps contenant à la fois du cuivre et du phosphore attira presque simultanément l'attention de Landgrebe et de Rose et leur donna l’idée d'essayer de généraliser la réaction sur d’autres sels, espérant pouvoir l’utiliser pour la préparation des phosphures. Leurs tentatives ne furent pas couronnées de succès; aucun de ces deux savants n’obtint de résultats concordants ; en outre les comptes rendus de leurs expériences présentèrent quelque désaccord. Berzélius ne fut pas plus heureux, et Winkler (1) et Kulisch (?), qui plus tard reprirent les travaux de leurs devanciers, ne purent pas formuler de conclusions précises.

Les réactions que produit l'hydrogène phosphoré au sein de l’eau, contenant un sel dissous, sont en effet très complexes. Tout en se plaçant dans des conditions de température et de dilution identiques il est rare de voir les mêmes faits se reproduire toujours exactement; il se dépose, dans un certain nombre de dissolutions salines, une matière de couleur foncée dont la composition variable est fort difficile à déterminer. Ce précipité renferme tou- Jours une certaine quantité de métal à l'état de liberté, mélangé à un phosphure et quelquefois aussi à du phosphore; il est impossible de fixer sa constitution au moyen de sa composition, car on ne connaît pas de réactifs capables d'effectuer une séparation nette de ces divers produits. Tous les dissolvants qui pourraient servir à éliminer le métal attaquent le phosphure de sorte que l’ana-

WinkLer, Poggendorffs Annalen, t. TL, p. 443.

fe (a) (*) Kuziscn, Licbig's Annalen, t. CCXXXI, p. SET

lyse du mélange devient illusoire, le dosage de l'élément métallique correspondant à la fois au phosphure qui a pu se former et au métal produit. Les nombres trouvés dans l'analyse de ces substances ne permettent que d’édifier des hypothèses.

Je citerai, à la suite de ces expériences, une modification de M. Schenk (!) qui consiste à faire agir le phosphore et la potasse sur une solution d’un sel métallique. Sous l'influence de la chaleur il se dégage de l'hydrogène phosphoré qui transforme l’oxyde précipité en phosphure. En suivant le mode opératoire indiqué par l’auteur il ne m'a pas été possible d'obtenir, purs et exempts de phosphore libre, les deux corps qu’il a décrits.

Je n’ai pas limité mes essais aux seuls métaux que ce chimiste a étudiés. J'ai aussi soumis à l’action du phosphore rouge un certain nombre de solutions d’oxydes dans la potasse ou la soude sans arriver à produire autre chose que des mélanges phosphorés.

Quelques chimistes ont pensé que la présence de l’eau pouvait être nuisible : ainsi, Cavazzi (2?) a opéré sur des liqueurs éthérées, maïs sans mieux réussir que ses prédécesseurs,

De toutes les méthodes proposées jusqu'ici pour obtenir des combinaisons du phosphore avec les métaux, celle-ci donne les plus mauvais résultats : aucun des corps, pre-. nant naissance dans ce genre de réactions, ne peut être isolé à un état de pureté satisfaisant.

VII. — AGTION DU PHOSPHORE SUR LES SELS MÉTALLIQUES EN PRÉSENCE DE L'EAU.

C’est un phénomène connu depuis longtemps qu un bâton de phosphore blanc, plongé dans une solution de sul-

(!) Sonexx, Journal of chemical Society, 1873, p. 820. (2) Cavazzr, Gazetta chimica italiana, L XIV, p.210.

fate de cuivre, se recouvre d’un enduit noir constitué, d’après M. Sidot(! }, par du cuivre réduit et du phosphure decuivre. D’autres métaux donnent des résultats analogues, mais il se forme toujours simultanément plusieurs corps et J'ai insisté précédemment sur la difficulté de leur étude.

J'ai remplacé le phosphore blanc, qui agit trop rapidement, par du phosphore rouge sans arriver à un rendement plus avantageux; je me suis toujours trouvé en présence de mélanges contenant un excès de phosphore. Des expériences, faites en tubes scellés, n'ont pas eu plus de succès.

Un certain nombre de combinaisons insolubles dans l’eau sont attaquées, quand on les maintient avec du phosphore rouge au sein de ce liquide. Un seul corps m’a donné un résultat bien net: c’est l’oxyde de cuivre qui se transforme lentement en phosphure cuivreux.

Il m'a semblé alors qu'en opérant, non plus avec des sels quelconques, mais avec des composés contenant déjà du phosphore dans la molécule, comme les phosphites ou les phosphates, il y aurait possibilité d'isoler un phosphure exempt de métal libre. Mes tentatives ont abouti heureusement avec le phosphite de cuivre, mais avec les autres phosphites et phosphates métalliques, tels que ceux de plomb, de bismuth, d'argent, de cadmium, de mercure, Je ne suis arrivé à aucune conclusion satisfaisante et j'ai dû abandonner tout essai dans cette direction.

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