‹ Contribution à l'étude des phosphures métalliquesChapitre 7 sur 19 · VIII. — ACTION DE QUELQUES COMBINAISONS DU PHOSPHORE SUR LES MÉTAUX · texte numérisé non relu

VIII. — ACTION DE QUELQUES COMBINAISONS DU PHOSPHORE SUR LES MÉTAUX

Devant la difficulté d'obtenir des composés définis par les méthodes que je viens d'étudier, jai pensé à chauffer

(‘) Sibor, Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXXIV, p. 1454.

les métaux avec une combinaison binaire phosphorée dont le radical puisse donner un composé métallique exothermique et facile à séparer. Les fluorures, chlorures, bromures et iodures phosphoreux m'ont paru particulièrement propres à remplir le but que je me proposais, puisqu'ils peuvent fournir à la fois un phosphure et une combinaison métallique halogénée. J'ai successivement employé avec des succès divers ces quatre substances.

Le trifluorure de phosphore aitaque les métaux à température généralement assez élevée (vers 300°); son emploi est à éviter par suite de son action destrucüve sur les matières qui composent les diverses parties de l'appareil avec lequel on opère. Souvent, pour ne pas dire toujours, le produit de la réaction est souillé de débris de silicates qu'il est impossible d'éliminer. J'ai pu, néanmoins, dans quelques cas exceptionnels, analyser et étudier les phosphures ainsi obtenus. Je préparais le fluorure phosphoreux par Paction du chlorure phosphoreux sur le trifluorure d’arsenic. Le gaz lavé et séché traversait un appareil analogue à celui qui est décrit ci-dessous.

Le trichlorure de phosphore m’a donné les meilleurs résultats; il réagit sur les métaux plus facilement que le trifluorure, son action corrosive sur Je verre et la porcelaine est moins énergique et les chlorures formés sont aisément enlevables par lavage. Je signalerai en outre sa volaulité qui en rend l'emploi assez simple.

Un dispositif très commode est le suivant : un laveur de Cloëz, rempli de trichlorure, estadapté par son orifice de sortie à un tube de verre ou de porcelaine dans lequel on a placé des nacelles contenant le métal; on fait arriver par le tube d'entrée un courant d’acide carbonique pur et sec. Une grille ou un fourneau à gaz (suivant la température que l’on veut atteindre) supporte le tube; l'appareil est terminé par un petit tube de dégagement venant débou-

cher dans un vase plein d’eau.

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Presque tous les métaux sont attaqués par le chlorure phosphoreux ; ceux dont les chlorures ne sont pas stables, comme l'or et le platine, font exception ainsi que le mercure, Néanmoins, comme nous le verrons dans la suite. cette réaction ne donne pas naissance aux phosphures de tous les métaux sur lesquels agit le trichlorure de phosphore; car pour quelques-uns, à la température où l’on est obligé d'opérer, l'union du métal avec le phosphore ne se fait plus. Ce procédé ne peut pas être utilisé dans le cas où le chlorure n’est soluble que dans un réactif détruisant le phosphure formé.

On peut, dans quelques cas, se servir de tribromure de phosphore. Cette substitution ne présente que peu d'intérêt, car ce corps, moins riche en phosphore que le trichlorure, étant moins volatil, n’est plus entrainé que difhcilement à la température ordinaire. On est donc obligé de le chauffer, si l’on veut en faire passer une quantité notable en peu de temps, ce qui complique la manœuvre.

Le biiodure de phosphore agit aussi sur un certain nombre de métaux, mais il n’y a pas de raison qui milite en faveur de son emploi. Contenant, à poids égal, moins de phosphore que le tribromure, il est aussi moins volatil ; sa préparation est longue et coûteuse, son maniement est pénible.

Indépendamment des considérations qui précèdent, il y a lieu de donner la préférence au trichlorure de phosphore pour ce genre de préparation, car un certain nombre de bromures et iodures s’alièrent sous l'influence de la chaleur. Il y a toutefois à signaler le cas du mercure qui est altaqué facilement, quand on le traite par l’iodure de phosphore, tandis que le trichlorure et le tribromure sont sans action aucune.

Je n'ai pas seulement fait agir la vapeur des composés halogénés du phosphore dans les conditions ordinaires de pression, J'ai fait plusieurs expériences en tubes scellés

avecleschlorure, bromureetiodure. À part quelques Cxcepons, celle manière de procéder est moins avantageuse que la précédente. Il faat d'abord chauffer assez fortement, et encore on n'obtient de résultat qu'avec un nombre limité de corps ; ensuite une température élevée occasionne des pressions assez considérables qui, jointes à l’altération que ces corps exercent à la longue sur le verre, augmentent les chances de rupture. Il est difficile aussi de bien isoler les divers produits formés : la matière reste imprégnée de composés phosphoreux et quelquefois de phosphore rouge dont on ne peut se débarrasser aisément. L'emploi de la chaleur, comme moyen de séparation, n’est pas à recommander car il provoque des décompositions.

Un certain nombre de métaux, comme on Je sait, donnent des chlorures et des bromures doubles quand on les chauffe en tubes scellés avec ces composés phosphorés; dans ce cas particulier, on ne peut évidemment pas sonèer à utiliser ce mode opéra toire.

J'ai essayé aussi de faire agir sur les métaux le sulfure de phosphore P#$°. Ces tentatives n’ont pas été couronnées de succès. Dans la plupart des cas il s’est formé un sulfure avec mise en liberté de phosphore.

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