IX. — ACTION DU PHOSPHORE SUR QUELQUES COMPOSÉS MÉTALLIQUES
Indépendamment de l’action des trifluorure, trichlorure, tribromure et biiodure de phosphore sur les métaux, j'ai étudié et mis à profit la réaction du phosphore sur quelques combinaisons métalliques. Lesseuls corps m'ayant donné de bons résultats sont les chlorures, quelques-uns traités par la vapeur de phosphore dégagent du chlorure phosphoreux et se changent en phosphures.
Voici le dispositif auquel je me suis arrèté : un tube de verre, parcouru par un courant de gaz carbonique et placé
sur une grille à gaz, contient des nacelles de porcelaine
renfermant du phosphore rouge bien desséché etun chlorure anhydre : le gaz sortant de l'appareil vient traverser une couche d’eau, formant fermeture hydraulique, qui absorbe la plus grande partie du trichlorure. Après avoir chassé l'air, on chauffe le chlorure et le phosphore et, quand ce dernier commence à distiller, on élève la température jusqu'à ce que l’attaque se produise. On maintient alors la température juste assez élevée pour que l'opération, une fois commencée, ne puisse s’interrompre. (Les phosphures préparés lentement et à basse température sont les plus beaux.) Avant que tout le phosphore se soit volatilisé, on arrète le feu de manière à obtenir un refroidissement brusque, mais il faut avoir soin de laisser toujours dégager le gaz carbonique de manière à éviter la condensation de la vapeur de phosphore sur le produit. Si la transformation n’est pas complète, on peut recommencer le traitement par la vapeur de phosphore.
Pas plus que la précédente, cette méthode n’est générale; car d’une partles chilorures peu stables de certains métaux, comme l'or et le platine, sont simplement détruits par la chaleur sans que le phosphore ait réagi et, d’autre part, s’il ya action, il n’y a que production de chlorure quand le métal considéré ne s'unit pas au phosphore à la température de l’expérience. Enfin, certains chlorures peuvent être chauflés et mème volatilisés dans la vapeur de phosphore sans qu’il se produise aucun changement chimique dans les corps mis en présence.
Les chlorures ne sont pas seuls à pouvoir fournir des composés phosphorés; le bromure d’antimoine, chaufïé, en tube scellé, avec du phosphore dissous dans le sulfure de carbone, donne du phosphure d’antimoine. C’est un fait isolé, car la plupart des bromures et iodures ne se prêtent pas à un traitement analogue. Je n'insiste pas sur quelques expériences (sans portée pratique), faites pour essayer de réduire les fluorures.
Certains oxydes se transforment en phosphures quand on les chauffe dans la vapeur de phosphore ; Renault a signalé l’oxyde de cadmium : j'ai reconnu que l’oxyde de plomb donnait lieu à la même réaction. Il est difficile d'obtenir ainsi des corps purs, car une partie du phosphore s’oxydant, le phosphure reste imprégné de composés oxygénés retenus par l’oxyde non décomposé,
Les sulfures sont rarement altérés quand on les traite par le phosphore ; quelques-uns pourtant donnent du sulfure de phosphore et laissent le métal inattaqué, le sulfure d’étain seal a donné un sulfophosphure.
X. — ACTION DU PHOSPHORE ET DE L'HYDROGÈNE SUR QUELQUES CHLORURES ET OXYDES.
Comme certains chlorures résistaient à Paction du phosphore, j'ai eu l’idée de remplacer lacide carbonique qui me servail à eptrainer les vapeurs par un autre gaz, tel que l'hydrogène, capable non seulement d'empêcher Poxydation, mais encore d’avoir une action chimique sur le chlorure. J’ai pu par ce moyen transformer les chlorures de chrome et de manganèse en phosphures.
Quelques oxydes traités de la même manière ont aussi donné naissance à des phosphures.