CHAPITRE IL
PROPRIÉTÉS DES PHOSPHURES.
Les phosphures sont des corps solides ayant le plus souvent l'éclat métallique. Nous allons examiner brièvement les quelques réactions qu'ils peuvent fournir en présence d’un certain nombre de corps.
Action de l'hydrogène. — L'hydrogène n’a pas pour ainsi dire d'action chimique proprement dite sur les phosphures. Je n'ai jamais constaté, en ellet, la formation de
quantités appréciables d'hydrogène phosphoré dans mes expériences, quoique j'aie fait varier les températures entre d’assez larges limites. Si l’on chauffe un phosphure dans un courant de ce gaz, à une température suffisante pour provoquer un commencement de décomposition, l’hydrogène intervient seulement mécaniquement, en entraînant au dehors de l’appareil la vapeur de phosphore à mesure de sa production.
Action du chlore, — Le chlore attaque à chaud tous les phosphures en donnant un chlorure métallique et du chlorure de phosphore. Quelques composés pourtant résistent à l’action de ce métalloïde jusqu’à la température de 600°. Le phosphure de fer, par exemple, n’est attaqué facilement qu'au-dessus de la température de ramollissement du verre vert.
Action du brome. — Le brome se comporte en général comme le chlore mais moins énergiquement.
Action de l'oxygène. — Presque tous les phosphures, sur lesquels la chaleur n'a pas d’action sensible à la température de l’expérience, brülent dans l'oxygène et se transforment en phosphate. Les phosphures des métaux inoxydables à température élevée se décomposent facilement; aussi donnent-ils, quand on les chauffe dans l’oxygène, de l’acide phosphorique et un résidu métallique. Les phosphures de fer, de nickel et de cobalt peuvent être chauflés à une température assez élevée sans s'oxyder sensiblement.
Action du soufre. — Le soufre transforme quelques phosphures en sulfures; il donne aussi des corps assez complexes, comme composition, contenant à Ja fois du soufre, du phosphore et un élément métallique.
Action de l'azote. — Ce que j'ai dit pour l'hydrogène peut se répéter pour l'azote. Ce gaz n’a d’autre effet que de renouveler l’atmosphère de Pappareil, quand on le fait passer sur un phosphure chauffé.
Action de l’eau, — Les phosphures des métaux alcalins et des métaux terreux décomposent l’eau; il se produit un phosphate et il se dégage de l'hydrogène phosphoré spontanément inflammable. Avec les phosphures de potassium et de sodium la réaction est particulièrement violente; il y a explosion et projection de la masse entlammée.
Action des acides. — L’acide azolique attaque un cerain nombre de phosphures et les transforme en phosphates; quelques-uns restent cependant inattaqués par ce réactif et peuvent même être maintenus dans l’eau régale chaude sans subir d’altération.
L’acide chlorhydrique n’attaque que quelques phosphures tels que les phosphures de magnésium, de zinc.
Action de la chaleur. — Tous les phosphures perdent du phosphore, quand on les chauffe à une température suffisammentélevée ; quelques-uns de ces composés peuvent même être totalement décomposés. La décomposition est facilitée si l’on opère dans un courant de gaz inerte; ce fait n’a rien d’anormal puisque, en renouvelant l’atmosphère de l'appareil, d’une manière continue, nous em pèchons l'établissement d’une tension de vapeur de phosphore pouvant limiter le phénomène.