‹ Contribution à l'étude des Plaies de l'ŒsophageChapitre 12 sur 24 · IV. TERMINAISONS ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

IV. TERMINAISONS ET PRONOSTIC

Nous venons de nous occuper de la marche et des complications des plaies de l’æœsophage, nous allons maintenant les étudier au point de vue de leur gravité et de leurs terminaisons.

Sur 103 observations, on compte 27 cas de mort, dont 6 parmi les plaies petites et 21 parmi les plaies larges.

La mort a eu lieu 27 fois :

Par pleurésie, 4 fois : plaies larges, 2 fois (obs. 25, 33) ; plaies petites, 2 fois (obs. 2, 14).

Pneumonie, 3 fois : plaies larges, (obs. 20, 23, 95).

Hémorrhagie, 5 fois : plaies larges, 3 fois (obs. 28, 61, 92); plaies petites, 2 fois (obs. 1, 15).

Asphyxie, 2 fois : plaies larges, 1 fois (obs. 13) ; plaies petites, 1 fois (obs. 98).

Erysipèle, 1 fois : plaies larges, (obs. 87).

Pyohémie, ? fois : plaies larges, 1 fois (obs. 52) ; plaies petites, 4 fois (obs. 6).

Par épuisement 10 fois seulement parmi les plaies larges (obs. 22, 31, 37, 38, 40, 68, 71, 91, 96, 103). Nous appelons mort par épuisement, celle qui est le résultat de plusieurs causes réunies, telles que l'insuffisance de l’alimentation, la perte de sang, la faiblesse du malade.

La guérison a été complète 53 fois ; 42 fois parmi les plaies larges, 11 fois parmi les plaies petites.

Si l’on recherche la durée de la guérison ; on trouve qu’elle est indiquée 8 fois dans le groupe des plaies petites, pour lesquelles il a fallu en moyenne 37 jours, 42 fois parmi les plaies larges, qui ont été guéries en moyenne le 27° jour. Ces dernières guérissent donc plus vite que les plaies petites; 6

pen roi) es

d’entre elles sont particulièrement remarquables à ce sujet, car : |

1 fois la guérison s'opère le 9° jour (obs. 63).

2 fois le 10° jour (obs. 29, 72).

1 fois le 11° jour (obs. 27).

2 fois le 14° jour (obs. 82, 90).

La guérison a été incomplète dans 23 cas, parmi lesquels, il reste soit des fistules, soit un rétrécissement, soit des troubles du côté de la voix et de la respiration.

1° La guérison avec fistule, a eu lieu 16 fois ; 15 fois parmi les plaies larges ; 1 fois parmi les plaies petites (obs. 11).

7 fois au niveau de l’espace thyro-hyoïdien (obs. 51, 54, 60, 64, 73, 74, 15).

5 fois les fistules sont trachéënnes (obs. 11, 29, 38, 57, 66).

Il en existe une parmi les plaies petites (obs. 11).

Quatre fois il reste des fistules œsophagiennes (obs. 24, 30, 63, 93); dans un cas (obs. 21), la fistule n’intéresse que le canal alimentaire ; dans les trois autres cas, il en existe deux, une aux voies aériennes, et une à l’æsophage. On n’en rencontre aucune dans les plaies petites.

2° La guérison suivie de rétrécissement de l’œsophage n’est indiquée qu’une fois (obs. 21), et parmi les plaies larges.

Mais elle a dû exister plus souvent ; les malades dont parlent nos observations ont sans doute été perdus de vue à la suite de leur guérison et on est resté sans renseignement sur leur santé ultérieure.

3° La voix a été complètement perdue une fois (obs. 3) à la suite d’une plaie petite ; trois fois elle a subi des modifications dans le groupe des plaies larges (obs. 32, 48, 90).

4 Enfin, du côté des voies aériennes, il peut survenir des troubles dus à la cicatrisation. Dans l’observation 27, de Dolbeau, l’orifice inférieur du bout supérieur de la trachée sectionnée, s'est complètement fermé par une cicatrice résistante, et la respiration s’est faite à l’aide d’une canule introduite dans le bout inférieur.

Voyons maintenant comment les cas de mort, de guérison

rire complète ou incomplète, se répartissent d’après l'étendue de la plaie et son siège.

A) Plaie large. — Considérées dans leur ensemble, ces plaies, au nombre de 84, comptent 63 guérisons et 21 morts, c’est-àdire 25 p. 0/0 de mortalité. Sur le 63 guérisons, 21 sont incomplètes, dont 17 avec fistules, et 3 avec modification du côté de la Voix.

L’étendue de la blessure œsophagienne influe sur le pronostic. 9 plaies, parmi lesquelles l’œsophage est sectionné en totalité, comptent 5 morts, c'est-à-dire une mortalité de 55,5 p. 0/0. 13 parmi lesquelles la paroi postérieure reste seule intacte, contiennent 6 morts, c’est-à-dire une mortalité de 47,3 p. 0/0.

Le siège de la plaie influe aussi sur le pronostic. Sur 27 blessures situées au niveau de l'espace thyro-hyoïdien, nous comptons 6 morts, c'est-à-dire une mortalité de 18,9 p. 0/0.

Sur 21 situéee au niveau cartilage thyroïde, il existe 9 morts, c'est-à-dire une mortalité de 44,6 p. 0/0.

Sur 12 situées au niveau du catilage cricoïde, on compte 2 morts, c'est-à-dire une mortalité de 16,6 p. 0/0.

Sur 14 au niveau de la trachée, 5 morts, c’est-à-dire une mortalité de 23,6 p. 0/0.

Ces plaies offrent done une gravité assez considérable, et quand elles guérissent, elles laissent des infirmités dans une proportion de 28,9 p. 0/0.

B) Plaies petites. — Elles comptent 6 morts sur 19, c’est-àdire une mortalité de 31,5 p. 0/0.

La gravité varie aussi avec le siège comme pour les plaies larges. Sur 5 plaies situées au niveau de la portion thoracique de l’œsophage, nous trouvons 3 morts, c'est-à-dire 40 p. 0/0 de mortalité.

Sur 14 situées au niveau de la portion cervicale, nous comptons 3 morts, c'est-à-dire 21,4 p. 0/0 de mortalité, et 11 guérisons dont 2 sont incomplètes, 1 avec fistule, et l’autre avec perte de la voix.

Ces plaies petites sont donc très graves, principalement lorsqu’elles intéressent la portion thoracique de l’æsophage.

Comme nous l’avons vu par les chiffres, leur mortalité est

plus forte que celle des plaies larges ; en revanche, elles laissent

moins d’infirmités à la suite de la guérison que les précédentes.

Cette gravité des plaies de l’œsophage pourra peut-être dimi-

nuer sous l'influence des pansements antiseptiques, qui donnent aujourd'hui des succès bien supérieurs à ceux d’autrefois.

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