‹ Contribution à l'étude des Plaies de l'ŒsophageChapitre 13 sur 24 · V. DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

V. DIAGNOSTIC

Lorsqu'il s’agit d’une plaie large, il est généralement facile de reconnaître la lésion de l’œsophage ; dans la majorité des cas, la vue seule permet à l’observateur de se rendre compte immédiatement de l'étendue des lésions, sans qu'il lui soit nécessaire de rechercher la sortie des aliments par la plaie. Parmi les plaies larges, nous ne possédons que deux cas (obs. 48, 90), .où le diagnostic a offert quelque doute au premier abord ; la plaie remplie de caillots sanguins masquait la lésion de l’æsophage que l'on put seulement constater en enlevant ces caillots ou en faisant avaler des liquides au malade.

Si on à quelqu'incertitude sur la lésion, il est toujours facile de rechercher la sortie des aliments par la plaie. Cependant, si la paroi œsophagienne n’est pas intéressée dans toute son épaisseur, si par exemple, il n'existe qu’une division de la tunique musculaire, la muqueuse étant demeurée intacte, les liquides avalés ne s'écouleront point au dehors. Alors, le chirurgien n'aura, comme moyens de diagnostic, que l'examen direct de la lésion.

Lorsque la plaie est petite, le diagnostic peut présenter quelques difficultés. La lésion de l’œsophage ne pouvant être aperçue à cause des faibles dimensions de la plaie extérieure, on peut considérer la sortie des aliments solides ou liquides par cette dernière plaie, comme le signe le plus certain. Malheureusement, nous ne possédons pas ce dernier symptôme dans tous les cas (obs. 2, 4, 6, 7, 13, 14, 17). Si on parcourt les observations 2 et 14, on voit qu'aucun signe pendant la vie n'a pu faire soupçonner la lésion de l’æsophage, qui a été seulement consta-

tée à l’autopsie.

Dans un autre cas (obs. 16) où il existait une plaie de la portion thoracique de l’æsophage, les liquides alimentaires s'étaient épanchés dans la cavité pleurale sans s’écouler au dehors ; on pratiqua la paracentèse thoracique pour diminuer l’épanchement, et on retira une grande quantité de sérosité mélangée à du lait, ce qui permit seulement de reconnaître la lésion de l’œsophage.

Dans une autre observation (obs. 12) ce fut seulement le troisième jour que l’on observa la sortie des liquides avalés ; pour acquérir une certitude complète, on administra au malade des potions huileuses et mucilagineuses diversement colorées, et on vit que ces substances venaient mouiller les compresses sans être dénaturées.

A défaut de la sortie des aliments par la plaie extérieure, on pourra néanmoins songer à une lésion de l’æœsophage, toutes les fois qu'il existera soit un hoquet continuel (obs. 45) soit du sang dans les matières vomies (obs. 17) ou bien lorsque le malade pendant la déglutition accusera une douleur très vive sur le trajet du canal alimentaire.

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