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atteint l’œsophage et sépare presque entièrement lépiglotte, Si le rasoir avait pénétré d’une ligne seulement plus avant, la carotide droite eut été lésée, Réunion de la plaie par des sutures ; inclinaison de la tête en avant. Les tentatives de déglutition provoquèrent de formidables accès de toux. La toux se produisait également lorsque Ledran introduisait du bouillon dans l'estomac au moyen d'un entonnoir à bec recourbé. Lavements nutritifs. Mort survenue le onzième jour.
Ledran conseille dans des cas analogues, l'alimentation par le rectum, attendu que la moindre toux peut arrêter, sinon faire avorter la guérison.
(Observation de chir., Paris 1731, t. I, p. 84).
41. DUPUYTREN guérit en 1826, en moins d’un mois, un cordonnier qui s'était tranché le larynx et blessé l’œsophage. Il se contenta de maintenir la tête inclinée sur la poitrine à l’aide d’un bandage.
(MONDIÈRE, |. ©. p. 517).
42. (EHRLICH). — Après avoir mentionné un cas dans lequel la plaie intéressait le cartilage thyroïde, Ehrlich rapporte un cas analogue observé sur un soldat anglais le 6 mai 1792. La blessure était située plus haut que dans le cas précédent; la trachée n’était pas entièrement coupée, et la lésion de l’œsophage était moindre. Les vaisseaux avaient été épargnés. Les neuf premiers jours les aliments sortirent par la plaie ; néanmoins la guérison eut lieu le quarante-neuvième jour après l'accident.
(Chirurgische beobachtungen, 1795, I theil. s. 74).
43. (Hagrcor). — Un officier de Henri III, à qui on avait coupé la veine jugulaire et la trachée en deux endroits et qui avait eu également la paroi gauche de l’œsophage ouverte, fut guéri.
(Question chirurgicale. Mitgetheilt won Kühn, die künsliche Eroffnung der oberen Lufinoege, 1864, s. 47.
A4. (PELLETAN). — Un homme, âgé de 30 ans, mélancolique, se donna un coup de couteau à la partie antérieure du cou, avec une telie force qu’il coupa la trachée-artère au-dessous du larynx, et l’œsophage. Les aliments solides et les boissons s’échappaient également par la plaie. Alimentation du malade à l’aide d’une canule de gomme élastique introduite dans l’œsophage.
Guérison complète au bout de deux mois. Pendant tout ce temps, le malade fut abreuvé et nourri par le secours d’une canule. On parvint à lui en introduire une assez grosse pour laisser passer de la semoule, du vermicelle, de la soupe mitonnée, de la viande hachée, et une suffisante quantité de vin et autres boissons ; en un mot cet homme fut nourri avec un tel succès, qu’il engraissa outre mesure dans l’espace de 3 mois, à la manière des volailles que l’on empâte.
(PELLETAN, Clinique chir., t. I. p. 42).
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45. — Tentative de suicide. Plaie transversale du cartilage thyroïde et de l'œsophage, sans lésion des nerfs et des vaisseaux importants. Guérison (1856. Scamrrn’s Jahrbücher, B D. 94. S. 369).
46. — Tentative de suicide d’un soldat avec un rasoir. Plaie d’une étendue d'environ 12 cent. de longueur, de 8 centimètres de largeur, s'étendant d’un sterno-mastoïdien à l’autre ; le nerf laryngé était coupé au-dessus des cordes vocales ; la fente glottique était à nu. La paroi antérieure de l’æsophage était coupée dans une étendue de 4 cent.; par suite d'écoulement de sang dans la trachée un violent accès de suffocation survint. Trachéotomie. La plaie de l'œsophage fut laissée ouverte parceque peu de temps après l'opération, elle s'était un peu rétrécie au point qu'avec le stylet aiguillé (?) on ne pouvait atteindre les deux lèvres de la plaie dont la lèvre supérieure s'était fortement recoquevillée. Dans les deux angles de la plaie on mit un gros drain. Déjà après le 4° jour, le malade qui jusque là était nourri avec la sonde, pouvait avaler des liquides, bien qu'une parlie de ceux-ci refluassent par les drains. Le 12° jour, on enleva la canule. La plaie œsophagienne se cicatrisait lentement, si bien, que dans la 4° semaine une partie des liquides sortaient encore par la plaie, alors que le malade pouvait déjà depuis deux semaines avaler des aliments solides. La plaie fut définitivement cicatrisée la 8° semaine.
(ScamiTD’s Jahrbücher, 1889, t. 3. p. 64).
47. (PÆTsCH). — Un tailleur, âgé de 80 ans, essaie de se donner la mort dans un accès de mélancolie. Plusieurs blessures au cou. Les conduits alimentaire et respiratoire sont délachés de l’os hyoïde. Le doigt introduit dans la cavité buccale pénètre facilement jusqu'à la paroï postérieure du | pharynx, qui est vraisemblablement aussi lésé. Une seconde blessure intéresse les cartilages thyroïde et cricoïde ; la partie postérieure du cartilage cricoïde est coupée, ainsi que l’œsophage à la même hauteur. Les boissons pénètrent en partie dans la trachée et sortent en partie par la plaie. Hémorrhagie abondante, grande ‘aiblesse ; 140 pulsations à la minute. Le malade ayant essayé de se mettre assis, la tête s’infléchit en arrière, et la plaie supérieure se dilata énormément; aussi Pætsch la réunit-il par 7 points de suture. La plaie inférieure resta ouverte, car la tentative faite pour la suturer avait provoqué un accès de suffocation. Le même accident se répéta, lorsqu'’après l'introduction d’une canule dans la trachée, la tête dut être inclinée en avant. La plaie fut donc maintenue ouverte par un bouchon de charpie. Le malade fut plus tranquille, et on le saigna «autant que son état le permettait. » L'introduction de la sonde étant impossible on lui donna des lavements alimentaires. La déglutition s'améliora rapidement; à partir du douzième jour il ne sortait déjà plus rien par la plaie. Lorsqu'on enleva les sutures, on constata que la plaie supérieure n'était cicatrisée qu'aux deux extrémités, et restait béante au milieu. La tête fut
maintenue dans linclinaison en avant par le bonnet de Kœhler ; un mois et demi après l'accident les plaies étaient guéries, et le malade respirait, parlait, mangeait comme s’il n'avait jamais été blessé.
(Chirurgische beobachtungen, Casper's Wochenschrift, 1835, n° 33-35.)
48. (RusT). — Servante, âgée de 21 ans. Tentative de suicide à l’aide d'un rasoir le 31 décembre 1814. Le lendemain à 9 heures, on trouva le corps en apparence inanimé, froid. La plaie béante et remplie de caillots, s’étendait entre les cartilages thyroïde et cricoïde à travers la trachéeartère et la paroi antérieure du conduit alimentaire. Après l'enlèvement du caillot, le doigt pouvait être introduit dans le conduit alimentaire et pénétrer jusqu’à la paroi postérieure restée intacte. Le troncon inférieur de la trachée avait disparu dans la profondeur et n’était visible que lorsque le malade toussait. La plaie externe, longue de 3 pouces, était située plus à droite ; la peau recouvrant le larynx, n'avait pas été lésée à gauche. Les troncons des vaisseaux s'étaient rétractés, l'hémorrhagic avait cessé ; les boissons sortaient par la plaie. Rust réunit les deux extrémités de la trachée par des fils dont il laissa pendre les bouts hors de la plaie, en fit un paquet, et fixa la tête dans l’inclinaison en avant.
Lorsque l’état de la malade se fut quelque peu amélioré il y eut une hémorrhagie et des accès de suffocation. Le bandage est enlevé avec les points de suture, on fait la ligature de deux vaisseaux. Nouvelles sutures, compresses d’eau froide.
Le 3° jour, on essaya de faire avaler de l’eau à la malade tourmentée par la soif; le liquide sortit par la plaie et provoqua un accès de suffocation. Lavements alimentaires. Soif apaisée par un bain tiède.
Le 5° jour, respiration accélérée, douleur dans la plaie et dans la trachée. Surviennent les règles.
Le 6° et le 7° jour, amélioration ; les liquides sont avalés, la tête étant inclinée en avant.
Le 8° jour, exacerbation de la fièvre; saignée qui abaisse la température. L'alimentation se fait de plus en plus par les voies ordinaires. Enlèvement des sutures. Pendant la fièvre il s’est formé sous la cicatrice un abcès dont l'ouverture le 13° jour sembla écarter tout danger.
Le 14° jour, la plaie laissa écouler un peu de bouillon que la malade avait avalé. Alimentation exclusivement par le rectum; la plaie est fermée le 18° jour.
Après la guérison des plaies intéressant la peau et la paroi antérieure de la trachée, il resta une communication entre les conduits alimentaire et respiratoire. Lorsque la malade n’était pas sur ses gardes en buvant, du liquide s’introduisait dans la trachée et en était rejeté par une toux violente. Le bouillon et des aliments solides furent avalés plus facile. ent ; toutefois la malade, par sa précipitation, provoquait des accès de suffocation. Vers la
fin du mois, la plaie œsophagienne se ferma, sans laisser de rétrécissement appréciable ; la déglutition se fit sans difficulté. Le 20 mars, elle quitte l'hôpital avec une voix enrouée (conséquence
naturelle de la lésion des deux nerfs vocaux). k (RUST, loc. cit.)
A9. (MAYER). — Domestique, âgé de 33 ans. Tentative de suicide avec un rasoir, le 24 juillet 4867. Plaie longue de 3 pouces, passant par le milieu du cartilage thyroïde, sectionnant le larynx tout entier et la paroi antérieure du conduit alimentaire. Grands vaisseaux e: nerfs intacts. Hémorrhagie faible. Parole à voix basse, lavage de la plaie. Réunion des parties divisées par la suture ; les fils de la trachée et du conduit alimentaire pendent hors de la plaie. Compresses glacées. Tête inclinée un peu en avant. Pilules de glace dans la bouche. Pendant les deux premiers jours, alimentation exclusivement par le rectum.
Deux jours après, le malade pouvait déjà avaler un peu de bouillon, bien qu'une partie descendit dans les voies respiratoires el amena une toux violente, et qu’une autre partie sortit par la plaie.
Le 4 jour, chute de deux sutures. Beaucoup de toux. Suppuration fétide ; enlèvement des fils qui rapprochaient les deux lambeaux de la peau, afin de procurer un libre passage au pus. La plaie s'ouvre fortement.
Le 5° jour, déglutition assez bonne.
Le 1% août, expectoration fétide, douleur et matité du côté droit de la poitrine. Diagnostic: pneumonie gangréneuse. Les bords des plaies du conduit alimentaire et du larynx sont adhérents.
Le 7 août, cependant la dernière de ces plaies, livra encore passage aux aliments liquides ; réouverture considérable de la plaie, d’où alimentation par la sonde. Fièvre modérée. L’expectoration fétide était très désagréable, et l’on dut aussi renoncer aux agglutinatifs qui tenaient unis les bords de la plaie.
Le 24 août seulement, le malade put avaler sans peine des liquides.
Le 13 septembre. Guérison.
(L. MAYER, Aertzliches Intelligenz, Blatt, 1867, s. 268).
50. (Ernest BERCHON). — Matelot, âgé de 20 ans. Tentative de suicide à l’aide d’un rasoir. Plaie allant d'un sterno-mastoïdien à l’autre, sectionnant transversalement le cartilage thyroïde. Plaie longue de 14 centimètres, le sterno-mastoidien gauche légèrement sectionné, celui de droite aux deux tiers. Plaie située un peu au-dessus des cordes vocales supérieures. Carotide mise à nu. Les faciales, les linguales ne sont plus protégées que par leurs gaines. La partie inférieure de la plaie est formée par la paroi postérieure du pharynx, dont les parois antérieure et latérales sont sectionnées. Salive, mucosités et sang coulent en partie par la plaie, en partie dans le larynx, et produisent ainsi de la toux. Berchon passa de chaque côté un fil
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de l'extérieur à l'intérieur au-dessus de l'os hyoïde, au niveau des petites cornes, à travers le bord supérieur de la plaie du côté de l’épiglotte ; après quoi il conduisit le fil de l'intérieur à l'extérieur à travers le cartilage thyroïde et ferma la plaie sans comprendre la peau dans cette suture. La tête fut maintenue dans une position élevée par des coussins, et maintenue inclinée en avant par des bandages. Les liquides suivent la voie naturelle.
Le second jour, le malade arrache le bandage, les fils ne se ‘déchirent pas, mais les bords de la plaie s’écartent. Un peu de bouillon pénétre dans l'estomac, le reste sort de la plaie.
Au sixième jour, réunion de la peau par deux points de suture. Le 40 juillet, sortie des fils. La plaie extérieure est fermée à peu près et ne laisse plus rien écouier, si ce n'est un peu à droite.
Le 12, plus d'écoulement par la plaie ; le malade peut prendre des aliments solides. Guérison en un mois. L'alimentation se pratiquait en présentant au malade du lait et du bouillon par cuillerées.
(Gazette des hôpitaux, 1860, p. 78).
51. (BAUDENS). — M. L. se sectionna avec un rasoir toute la membrane thyro-hyoïdienne jusqu’au delà des grandes cornes. La plaie horriblement béante était limitée en arrière par la colonne vertébrale qui était recouverte par la paroi postérieure du pharynx. L’épiglotte sectionnée à sa base était restée à la partie supérieure de la plaie. L'air sortait en sifflant à travers la glotte qui était mise à nu. Parole impossible. Pour fixer le larynx dans sa position normale on eut recours à la suture. Mais le passage de l’air et des mucosités empéchait la réunion de la plaie, et les efforts de déglutition tendaient constamment à la rouvrir. Sortie des boissons par cette voie. Alimentalion par la sonde. Inclinaison de la tête en avant. Les points de suture cédèrent sans avoir produit aucun effet. La plaie se cicatrisa en grande partie, mais il resta une fistule d’une étendue de cinq lignes, par où s’effectua la sortie de l'air et des aliments. On reprit l’usage de la sonde œsophagienne ; après l’occlusion de la fistule la parole redevient libre. Mort dans le marasme.
(Clinique des plaies par armes à feu, Paris 1836, p. 206).
52. (DIEFFENBACH). — L. Borchardt, 30 ans. Plaie entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde, s'étendant d’un sterno-mastoïdien à l’autre. Presque toutes les parties molles sont divisées jusqu'à la partie la plus reculée du plancher buccal, de telle sorte que le regard plonge dans les deux extrémités du larynx et de l’œsophage. Les deux carotides sont mises à nu. Perte de sang d'environ 3/4 de litre. Le patient ayant presque perdu connaissance, on fait la réunion complète du pharynx divisé dans les 3/4 de son diamètre, et du larynx presque complétement coupé. Application du bonnet de Kœhler. Boissons et compresses froides. Saignée. On retire les fils les 4, 5° et 6° jours. La plaie est guérie, seulement il reste au larynx une