‹ Contribution à l'étude des Plaies de l'ŒsophageChapitre 20 sur 24 · COQUE · texte numérisé non relu

COQUE

ouverture de la dimension d’un pois. La plaie intéressant la peau est encore ouverte en grande partie. Déjà depuis des semaines le malade prenait des boissons sans qu’il en sortit rien par la plaie, lorsque soudain, dans le voisinage de la plaie, des deux côtés du larynx, il se forma des foyers purulents. Une partie du pus pénétra dans le larynx, et descendit au milieu des muscles du cou. Tout fut changé. Après plusieurs accès d’une fièvre intermittente pernicieuse, la mort survint le 27° jour.

Autopsie. — Le pharynx et le larynx étaient presque guéris. L’œsophage présentait du côté droit une ouverture des dimensions d’une lentille ; le larynx présentait à la partie antérieure une ouverture des dimensions d’un haricot. Cicatrice dure, muqueuse saine ; grande quantité de pus dans le poumon gauche.

(Rusr, Magazin für die gesammte Heilkunde, B. D. 41, 1843).

53. (GRAPENGRISSER). — Un agriculteur, le 6 septembre 1891, se fit une plaie d’une étendue de 3 pouces, avec ouverture des voies aériennes, plaie qui fut guérie vers la fin de janvier 1822. Le 31 janvier, tentative nouvelle de suicide; le malade resta deux jours et deux nuits sans secours. Le 3 février, il pouvait parler distinctement à voix basse, en inclinant la tête en avant et en réunissant les bords de la plaie avec sa main. La plaie allait d'un sterno-mastoïdien à l’autre ; les voies aériennes étaient sectionnées, au niveau du cartilage thyroïde, ainsi que l’œsophage jusqu’à sa cloison postérieure. Toutefois du côté droit, il restait encore de l’œsophage une portion de la largeur d’un brin de paille ; les gros vaisseaux et les nerfs étaient intacts. Le malade conduit à la ville voisine, distante de deux milles, on lui maintint la tête inclinée en avant, et la plaie fut réunie à l’aide d’agglutinatifs. La plaie guérit. Alimentation par le rectum pendant quinze jours après quoi la déglutition devient assez facile. Le malade prit la fuite dans la nuit du 8 au 4 novembre et se noya. On fit l'autopsic; tout était réuni de la facon la plus convenable.

(Hufeland’s journal, BD. 63 Suppl. Keft S. 52. 1896).

54. (DuPuYTREN-VELPEAU). P. Hercolot, 23 ans. Tentative de suicide par ennui de la vie. La plaie du cou, réunie par des points de suture, guérit rapidement ; il ne resta qu'une ouverture qui ramena six mois plus tard le malade chez Dupuytren, Sur la partie médiane du cou, entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde, se trouvait ane ouverture dont le diamètre avait de deux à trois lignes. Pendant longtemps les aliments soit solides, soit liquides, sortirent par cette fistule ; lorsque la tête était inclinée en avant l'orifice se fermait, la déglutition se faisait sans gêne et la parole était nette ; la tête était-elle incliné en arrière, les boissons jaillissaient à l’extérieur, à deux ou trois pas de distance, et la voix avait un timbre sifflant. Le malade pouvait avaler de l’eau par sa fistule, sans être obligé de tousser.— Dupuytren essaya de fermer cette fistule par l’avivement et la réunion des bords, mais il n'eut aucun succès. Alors le malade s’adressa à Velpeau.

= AOC Le 1°" février 1839, salive, des mucosités provenant des bronches, des aliments et des boissons sortaient par cette fistule, dès que le malade cessait d'incliner la tête en avant, la parole était également rauque et inintelligible dès qu’il redressait la tête. D’après les recherches de Velpeau, la fistule se trouvait en relation avec le larynx et l’arrière-bouche, la partie droite de l'épiglotte était séparé du cartilage thyroïde. De l'extérieur on arrivait ainsi dans le larynx et dans l'œsophage. Velpeau réussit à fermer la fistule par un lambeau cutané et le malade guérit.

(Gazette des hôpitaux, t. II, 1831.)

55. (JAssER). — Suicide d'un grenadier au moyen d’un rasoir. Plaie située entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde, plus étendue à gauche qu'à droite de la ligne médiane. Le malade avait passé la nuit sans secours, quand Jasser réunit les deux lèvres de la plaie. Paroles embarrassées. Tout ce que le malade essaie d’avaler sort par la plaie et produit des quintes de toux, en sorte que la plaie se rouvre. L'introduction d’une sonde par la plaie pharyngienne produisant de la toux et des vomissements, on est obligé d'y renoncer. Pour calmer la soif inextinguible du malade, on le met dans des bains et on l'y laisse plus longtemps que dans son lit. Malgré cela la fièvre ne tombe pas. Production d’un abcès au-dessus du manche du sternum, on le vide par une incision.

Pendant que la soif est calmée par des bains, on nourrit le malade par des lavements de lait, de bouillon de veau et de poulet. Après dix jours, l’état général s'améliore, et Jasser réunit de nouveau les deux lèvres de la plaie. Au bout de trois semaines, le malade peut, quoiqu’avec peine, avaler des aliments sans qu’il s’en écoule par la plaie. Jasser, par précaution, continue les bains et les lavements, et seulement au bout de huit jours, l'alimentation s'effectue exclusivement par les voies ordinaires. Le malade guérit, et six semaines après il quitte l'hôpital pour rejoindre un nouveau

régiment.

(Smucker. Vermischte chirurgische Schriften. Frankental. 1784. B D. III, s. 175).

56. (ZIMMER). — Tentative de suicide le 8 novembre 1817. Plaie trans-

versale longue de la moitié d'un pied de Nuremberg. Les voies aériennes sont sectionnées à la partie antérieure et sur la partie latérale gauche, de telle sorte que l’œsophage est lésé sur plus de la moitié de son calibre. Les liquides avalés sortent en grande partie par la plaie. Réunion de la plaie seulement dans sa partie la plus externe, et inclinaison de la tête en avant. Tous les liquides avalés s’écoulent encore à l'extérieur. Guérison du côté droit le sixième jour, du côté gauche au bout de vingt-trois jours. Guérison complète. Zimmer n'introduisit pas de sonde, soumit surtout son malade à la plus grande immobilité, et ne lui prescrivit qu’un peu d’eau

pour humecter la langue. (Allgemeine medicinische Annalen, 1818, s. 382).

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57. (Srark). —- Les deux artères laryngées sont sectionnées, l’épiglotte complètement coupée ; la partie supérieure de l’æsophage est presqu'entièrement sectionnée ; il n’en était resté qu’une bande de la largeur d’un doigt à la partie postérieure, bande qui s'était aussitôt fortement tendue parce que la portion antérieure s'était beaucoup retractée après sa section. Après l’hémorrhagie qui fut abondante, on sutura les voies respiratoires et alimentaires. Cela ne se fit pas sans difficulté, car tandis que l’on suturait l’æspohage, le malade fut pris de vomissements, et lorsqu'on posa les sutures du larynx, il se produisit une toux violente. Après quoi le malade put avaler un peu d’eau ; toutefois la plus grande partie ressortait par la plaie. Lavements nutritifs. À une légère inflammation succéda une suppuration de bonne nature. Toux fatigante. Relâchement des sutures de trachée et de l’æœsophage ; écartement des lèvres de la plaie. De nouveaux points de suture produisent une irritation si grande que le lendemain on se voit obligé de les enlever. Alors on incline le menton sur la poitrine et on laisse à la nature le soin de la guérison.

Le 24° jour, le malade mange du riz; il en sort très peu par la plaie.

À la fin de la quaitriéme semaine la plaie était guérie. Le malade avalait et parlait ; il ne restait plus qu'une petite fistule communiquant avec la trachée. Huit semaines plus tard, mort subite en état d'ivresse. Toutes les parties précédemment sectionnées étaient si complètement guéries que, sauf la cicatrice, on ne irouvait plus aucune trace de cette vaste plaie.

Richter’s chirurgische bibliotech, Bd. V. S. 75. Anno 1779).

58. (PARE). — Un allemand s'était coupé, dans un accès de folie, la trachée et, l'œsophage. Ici encore Paré réunit la trachée par des points de suture et soutint le malade par des layements nutritifs.

Mort le cinquième jour.

(Liber, IX. c. 29).

59. (MURSINNA). — Uu soldat mélancolique, armé d’un couteau de poche, coupa à un garcon de 9 ans, la plupart des muscles antérieurs du cou ainsi que les conduits respiratoire et alimentaire, environ à un pouce au-dessous du cartilage cricoïde. Le chirurgien civil Bach trouva l'enfant tout couvert de sang et sans connaissance, il réunit exactement par 4 points de sutures la plaie extérieure, et rapprocha les extrémités des conduits alimentaire et respiratoire. Tête dans l’inclinaison. L’enfant avala des aliments liquides sans qu’il en sortit quelque chose par la plaie. Nuit très tranquille. Soif ardente. Le lendemain, faiblesse extrême ; toux continuelle. On interdit les boissons ; la plaie fut recouverte de charpie et on administra un lavement nutritif. Contre la soif, on introduisit dans la bouche du jus de pomme. Tête immobilisée contre la poitrine (Bandage du cou de Mursinna). De petites doses d’opium amenèrent un peu de sommeil. Le malade put avaler de faibles portions de lait en appuyant doucement la main sur la blessure.

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Le 6° jour, une partie du liquide avalé sortait encore par la plaie. La plaie extérieure était déjà bien diminuée ; Mursinna l’agrandit et découvrit alors la plaie de l’œsophage qu’il toucha avec le nitrate d'argent. La plaie des voies respiratoires parut fermée.

Le 8° jour, il sortit encore quelque chose par la plaie ; Mursinna cautérisa de nouveau.

Le 9° jour le bandage était desséché, mais le 10°, il était de nouveau humide. Alors on maintint ouverte la plaie extérieure, en introduisant des bourdonnets de charpie dans le but de guérir tout d'abord la plaie de l’œsophage. L'enfant marcha vers la guérison ; la déglutition se fit bien, mais il fallut cautériser à plusieurs reprises pour amener une guérison complète au bout de deux mois.

La plaie des voies respiratoires était déjà fermée le 19° jour. Il ne fut pas question de la sonde alimentaire. Les lavements n’apaisant pas la faim du malade, il mangea et but tout le long de sa maladie.

(Neue medicinische beobachtungen, B. 1796. S. 295).

60. (LorzBecxk). — Un fantassin bavarois surpris le 7 juillet 1871 par des paysans français, recut une blessure et ne fut retrouvé que le 9 juillet à moitié mort. Plaie transversale de 14 centimètres, à 5 millimètres audessus du carlilage thyroïde, et plaie longitudinale séparant les deux lames du cartilage thyroïde. La plaie transversale s'étend à gauche à 4 cent. de la ligne médiane, et à droite à 10 centimètres. Lorsque le malade tousse ou qu'il fait des mouvements de déglutition, on aperçoit la cavité du larynx et le commencement de l’œsophage. A droite, le sterno-mastoïdien et l'omo-hyoïdien sont complètement sectionnés et rétractés. Les carotides semblent intactes. La plaie suppure et est recouverte de larves et d'insectes. Les essais de déglutition sont suivis d’une toux violente et les aliments avalés sortent en majeure partie par la plaie. Introduction de bouillon par la sonde alimentaire. À partir du 41° jour, le patient peut déjà en inclinant la tête en avant, avaler du lait et du bouillon, et, vers la fin du mois de juillet, il avale du pain trempé dans du lait. Après l’expulsion de quelques portions nécrosées du larynx, la plaie se ferma, et il ne resta qu’une fistule laryngée des dimensions d’un pois ; celle-ci se ferma.

Dans la nuit du 21 au 22 septembre la difficulté de la respiration et des apparences de suffocation nécessitèrent l'introduction d’une canule par l'orifice du larynx. Au mois de novembre 1872 le malade portait encore celte canule sans en être incommodé. La déglulition de .ous les aliments se produisait facilement, quand ils étaient ramollis.

(LorzBecx, der Luftræhrenschnit! bei Schusswinden münchen, 1873. B D. 53). :

61. (ZIMMER). — Suicide d’un aliéné avec un couteau non aiguisé le 24 décembre 1816. Le malade arrêta l'hémorrhagie, qui était forte, en se couchant dans la neige. Les voies respiratoires sont complètement coupées

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au-dessous du larynx, et le conduit alimentaire est coupé de l’étendue de 2 pouces seulement. Carotides intactes. Zimmer fait tout d’abord deux points de suture au conduit alimentaire, cherche ensuite, à l’aide d’une pince, l'extrémité duconduit respiratoire glissée vers la cavité thoracique et réunit les deux extrémités par trois points de suture ; les cinq fils employés sont glissés à l'extérieur ; enfin la plaie extérieure est fermée par huit points de suture.

Le 95, le malade pouvait avaler un peu de bouillon.

Le 27, grande faim ; le soir le malade arracha, dans un accès de folie, le bandage en même temps que deux sutures de l’œsophage et une de la trachée. Les extérieures avaient cédé. Malgré cela tout va bien, seulement le malade est tourmenté par la toux.

Le 29, il mange une pomme, et avant d’avoir fini de la manger, il est pris d’une toux violente, le sang sort violemment du cou, et en deux minutes il est mort. Pas d’autopsie.

Traitement suivi : le repos le plus absolu, position inclinée de la tête, pas de sonde, pas de lavements.

(Allgemeine, Medicinische Annalen, 1818, p. 383).

62. (JoHNSON-HENNEN). — En 1805, un soldat malais fut gravement blessé au cou dans les faubourgs de George Town. Syncope. Ligature de deux ou trois artères blessées. Le larynx était complètement coupé entre les cartilages thyroïde et cricoïde, l’œsophage à moitié seulement. Une tentative faite pour fermer la plaie ayant provoqué des accès de suffocation, elle resta ouverte. Tête inclinée en avant. Respiration calme. Soif ardente qui tourmente le malade parce que tous les liquides s’écoulent goutte à goutte par la plaie. On dut renoncer à l'introduction de la sonde à cause de l’extrème irritabilité des voies respiratoires et alimentaires. Plusieurs fois par jour, le malade fut plongé dans un bain de lait ; outre cela on lui donna des lavements alimentaires qui furent continués pendant dix-huit jours. Après ce temps, l’œsophage laissait passer les boissons jusque dans l'estomac. Prompte guérison.

(HENNEN, Bemerkungen über einige wichtige gegenstænde, etc. übers von Kurt Sprengel Hall, 1820).

63. (Pouz HuETER 1875). — Bonne de 24 ans. Tentative de suicide le 41 mai 1873. Ligature des deux artères thyroïdiennes supérieures, afin d’arréter l’hémorrhagie, on place une canule dans la trachée. La plaie était probablement située entre le cartilage cricoïde et le premier anneau de la trachée ; elle s’étendait d’un sterno-mastoïdien à l’autre; les voies respiratoires et la paroi antérieure du conduit alimentaire étaient complètement sectionnées. Carotides intactes. Guérison en trois mois avec production de deux fistules, dont l’une, la plus élevée, communiquait avec l'œsophage, et l’autre, située au-dessous, conduisait dans la trachée. Ces deux fistules étaient

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indépendantes l’une de l’autre. Pendant toute la durée de la maladie, l'alimentation se fit au moyen d’une sonde introduite par la bouche.

Le 15 novembre 1873, la malade fut transportée à l'hôpital de l’université de Greiswalder. A ce moment il s’écoulait constamment de la salive et des mucosités par la fistule œsophagienne. Une partie des aliments ressortait par la même voie. Dans la fistule trachéale se trouvait une canule: quand on la retirait la malade avait ses accès de suffocation. Hueter réussit plus tard en renversant les bords de la muqueuse œsophagienne vers l’intérieur et par la superposition d'un lambeau de peau à fermer la fistule œsophagienne ; il n'y eut point de rétrécissement et la déglutition se fit normalement. La malade mourut subitement, le 20 avril 1876, pendant un repas, probablement par asphyxie. A l’autopsie on trouva le canal alimentaire d’un calibre normal à l'endroit de la blesssure ; la muqueuse présentait une cicatrice finement étoilée.

(Pour, Ein sellener Fall, ete. dios. Greiswald, 1875.)

64. (GURLT). — Plaie faite avec un couteau de table et située entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde. Le couteau avait enlevé un morceau de ce dernier cartilage et sectionné l’épiglotte. La plaie avait trois pouces de hauteur et quatre pouces de largeur ; en y introduisant le doigt on pouvait pénétrer vers le haut dans l’arriére bouche et vers le bas dans l’œsophage. Les liquides avalés sortaient par la plaie, la parole était impossible. Alimentation dans les trois premières seinaines, au moyen de la pompe stomachale. Pas de points de suture. Malgré une inflammation considérable et une pneumonie le malade guérit; mais à son départ, il avait encore

une légère fistule.

(GURLT, Jahresbericht 1860-61. — Archiv. für Klinische chirurgie, BD. III. $S. 281.)

65. PLA CENTIUS). Section simultanée des voies respiratoire et alimentaire consécutive à une tentative de suicide. Les veines jugulaires avaient été épargnées. Guérison au bout d’un mois.

(SCHENK, observat. 1600, I, 2, p. 347, mitgetheilt von Lueders).

66. (PIGRAEUS). Un jeune homme fut blessé au cou par des brigands. La plaie s’étendait entre les deux jugulaires externes, qui avaient été respectées. Le malade pouvait parler quand il inclinait la tête en avant. Les liquides ressortaient par la plaie. Cependant lorsqu'étant dans le décubitus dorsal, il avalait des boissons, celles-ci parvenaient dans l'estomac ; preuve que l’œsophage ne pouvait pas avoir été totalement sectionné.

Pigraeus réunit la plaie par des sutures, et 20 jours durant, ne donna que du lait au malade. Celui-ci aspirait le liquide en inclinant la tête en arrière. Puis il essaya des aliments plus consistants. La plaie guérit ; il ne resta bientôt plus qu’une petite fistule trachéale.

(Epit. med. et chir., I, 4 ce. 12. Anno 1612. Bei Bohn, de renunciatione vulnerum, p.280. Leipzig, 1689.)

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67. (MICHAELSEN). Un homme de 35 ans se fit en prison, avec un couteau de poche droit et émoussé, trois incisions dans la région du cou. Il tomba en syncope, et resta dans cet état plus de trois heures sans recevoir aucun secours. Au bout de ce temps, il fut amené dans une chambre dont l'air était profondément vicié, et il resta 18 heures avant de recevoir les soins d’un médecin.

On le trouva d’abord complètement sans voix ; pourtant en lui courbant la tête de facon à rapprocher l’un de l’autre les bords de la blessure , on put l'entendre proférer quelques sons ; mais ils étaient incompréhensibles.

La respiration était saccadée ; l'air passait complètement par la blessure. Pouls normal, pas de fièvre. Faiblesse ; faim extrême. La station debout, la marche même étaient impossibles.

La blessure avait à l'extérieur 4 pouces de long. Elle s’étendait au travers du larynx et du cou depuis le sterno-mastoïdien droit qui était sectionné en partie, jusqu'à un doigt du même muscle du côté opposé. Le larynx était complètement coupé. La partie inférieure du cartilage thyroïde était séparée de la glotte et de l’épiglotte ; ces dernières portions étaient restées, de même que les cornes supérieures du thyroïde et les cartilages arythénoïdes, attachées à la base de la langue. La trachée, à laquelle tenait la partie inférieure du larynx, était tirée en bas comme les bords de la blessure extérieure.

L’œsophage avait été coupé du même coup, de telle sorte qu'il restait à peine de ce conduit, un quart de pouce intact, sur la paroi postérieure. Aussi tous les aliments liquides sortaient-ils par la plaie. Les bords de la blessure ne pouvaient être ramenés au contact que par la flexion forte de la tête. Quand la tête était renversée en arrière, la blessure présentait 8 ou 4 pouces d'ouverture. On fit trois points du suture avec des fils de soie à la trachée. L'air passait par les intervalles compris entre ces points. Position de la tête fléchie sur le cou. La voix parut être un peu meilleure après ce pansement.

Du lait en petite quantité fut pris par la bouche et assez facilement avalé; mais, quand le malade voulut en prendre en quantité un peu plus grande,

il eut de l’étouffement et de la toux.

Dans la troisième nuit, deux des fils se rompirent dans les efforts de toux. À ce moment déjà la cicatrisation était en bonne voie ; des bourgeons abondants se montraient sur les bords de la plaie. Le pouls était normal.

Le cinquième jour, guérison encore plus avancée. Pas de fièvre. Quelques douleurs se faisaient sentir sur le côté droit de la blessure dans les mouvements imprimés au bras et à la jambe de ce côté. Bon sommeil ; bon appétit.

Le huitième jour, la plaie de l’œsophage était complètement fermée en arrière et sur les côtés. Elle était seulement un peu ouverte en avant. La

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respiration était libre. Un peu de toux, expectoration de mucosités filantes, sensation de chaleur dans la poitrine.

Décoction de guimaume, huit sangsues, pédiluves.

Deux des fils se rompirent encore. On ne les rétablit pas. Le malade fut complètement guéri le vingtième jour, malgré quelques incidents fâcheux survenus les jours précédents.

Six ans se sont écoulés depuis, et cet homme est resté en parfaite santé.

(Journal de Schmidt, t. XV, p.193).

68. (NEUMANN). — P.., ouvrier menuisier, âgé de 55 ans, alcoolique. Tentative de suicide avec un rasoir, le 9 juin 1830. Une heure après Paccident on le trouva occupé à écrire devant une table. Etaient sectionnés, les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens des deux côtés, l’omohyoïdien droit complètement, le gauche en majeure partie, le ligament thyroïdien moyen, la muqueuse qui tapisse le larynx, les deux cornes supérieures du cartilage thyroïdn, le conduit alimentaire jusqu’à la paroi postérieure. Hémorrhagie insignifiante. Lorsque la plaie était recouverte par une compresse le patient parlait distinctement. Malgré la suture, et application du bonnet de Kæhler, la plaie ne diminua point, et les liquides avalés sortaient en grande partie par la plaie. Cet homme alcoolique, eut du délire, et mourut d’épuisement au bout de deux semaines.

(Græfe und Walther, 1833, B D. 90, s. 133)

69. (SEMELEDER). — Femme de 46 ans. Tentative de suicide. Plaie de 2 pouces de long, sectionnant la partie supérieure du cartilage thyroïde, ouvrant le larynx immédiatement au-dessous de l’épiglotte, et communiquant avec l’arrière-bouche. Sortie des liquides par la plaie pendant la déglutition. Des menaces d’asphyxie, et des accès de toux s'étant produit, pendant douze jours on fit l'alimentation trois fois par jour au moyen de la sonde œsophagienne. Le quatrième jour on dût introduire une canule dans le larynx et on ne put la retirer qu’au bout de 5 mois. La plaie se ferma le neuvième jour.

(Gurlt-Jahresbericht, 1863-65. Archiv. f. clin. chir., B D. VIN).

70. (RusT). — Homme de 40 ans. Tentative de suicide le 19 avril 1814. Plaie d’une longueur de 3 pouces s'étendant plus à gauche qu’à droite de la ligne médiane. Le larynx, la paroi antérieure de l’æsophage, le cartilage thyroïde, sont sectionnés obliquement de haut en bas et de gauche à droite. Trois ou quatre heures après l'accident on trouve le malade sans respiration et sans pouls. Rust réunit la plaie par des sutures et incline la tête en avant. Une demi heure après le malade revient à lui. Sortie des liquides avalés par la plaie, et menace d’asphyxie. Alimentation par des lavements. Saignée pour combattre les accidents inflammatoirs des voies aériennes. Ouverture spontanée d’un abcès produit par les mucosités et le pus de la trachée et de l’œsophage. Le quarante-huitième jour guérison complète.

(RusT, Einige Beobachtungen, etc. Wien. 1815. Magazin, B D. VID.

71. (Euruicu). — Homme de 30 ans. Tentative de suicide. Plaie transversale à bords contus, longue de 4 pouces, pénétrant à travers le cartilage thyroïde et intéressant à gauche la plus grande partie de l’œsophage. Les branches de l'artère thyroïdienne et la veine jugulaire externe ne sont point épargnées. Arrêt de l'hémorrhagie par la ligature. Grande faiblesse, toux continuelle, sortie par la plaie des liquides avalés. Après avoir enlevé les compresses qui recouvrent la plaie, on a une nouvelle hémorrhagie qu'on arrête en pratiquant la ligature. On ne réunit point les voies aériennes à l’aide de points de suture, on se contente de suturer autant que possible les bords de la plaie extérieure. Lavements de bouillon et de lait. La soif intense n’est pas calmée par les bains. On essaie l'introduction de la sonde œsophagienne, mais on y renonce, car il se produit une forte toux et une hémorrhagie abondante. Lavements de bouillon et de jaune d'œuf toutes les heures. Tous les jours le malade reste dans un bain pendant cinq ou six heures. Moyens inutiles. Mort le cinquième jour.

(Chirurgische beobachtungen, BD. I, p. 74, 1795).

72. (KROENLEIN) — C.…, âgé de 41 ans. Tentative de suicide avec un couteau de table. Blessure de l'étendue d'un pouce entre l’os hyoïde et le cartilage thyroïde. Toutes les parties molles sont sectionnées. Traitement à ciel ouvert. Guérison le dixième jour. Fièvre seulement le second jour.

(Langenbeck’s. Archiv. Suppl. Heft, 1877).

73. (SCHEDE). — Bonne de 21 ans. Tentative de suicide avec un couteau de table. Plaie d’une étendue de 8 centimètres. Epiglotte complètement séparée, parole impossible. Les liquides avalés sortent en partie par la plaie, la glotte empêche lintroduction des liquides dans les voies aériennes. On suture l’épiglotte au cartilage thyroïde. La plaie extérieure reste ouverte, l’épiglotte se réunit. De petits fragments du cartilage thyroïde se nécrosent. Guérison au bout de six semaines avec une petite

fistule.

; (Wirre. Ueber die Werwundungen des Kehl Kopfes. Archiv für

Klinische chirurgie. B D. 21, p. 182, 1877).

74. (Rip). — C... D..., âgé de 36 ans. Tentative de suicide. Les sutures cèdent plusieurs fois, au bout de 8 semaines, paralysie du bras droit, qui disparaît quelques semaines après. Il reste une fistule entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde. La blessure dont nous n’avons point de description a du être considérable. La cicatrice commençait à un pouce du bord postérieure du sterno-mastoïdien gauche, descendait obliquement vers la région -Sous-hyoïdienne, s’étendait horizontalement à travers celle-ci, et se terminait au bord antérieur du sterno-mastoïdien droit. Le sterno-mastoïdien gauche était presque complètement sectionné, de telle sorte que sa moitié supérieure avait en grande partie disparu. La carotide gauche battait immédiatement sous la peau. (L'épiglotte était séparée du larynx et se

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trouvait à la base de la langue et près de l’os hyoïde). Celui-ci et le larynx n'étaient reliés entr'eux que par une mince peau cicatricielle.

(Jenatsche zeitschrift, BD. I. 1864, S. 370).

75. (SozLy). — Un tailleur de 22 ans se coupa la gorge entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde. La plaie s'étendait de l’une des carotides à l’autre. Voies aériennes sectionnées complètement et le pharynx aux 3/4. Syncope à la suite de l’hémorrhagie. L'introduction de la sonde œsophagienne par la bouche produit des hémorrhagies et des vomissements; on l’introduit alors par la narine gauche et on la laisse à demeure; le troisième jour on l'introduit par l’autre narine et ainsi de suite. L’hémorrhagie se répète; ligature de la veine jugulaire antérieure. La plaie est laissée ouverte; au bout de 31 jours il se produit une réunion au pharynx mais rien au larynx. Le vingt-cinquième jour la déglutition n’est pas encore possible; le quarantième jour la plaie est presque fermée mais aucune réunion ne se fait au larynx. La déglutition s'opère mieux. Au bout de 2 mois, il persiste une petite ouverture centrale conduisant au larynx etde là au pharynx (?). De temps à autre les liquides avalés sortent par cette fistule.

(Lancet, 1864. V. I. S. 94).

76. (WEEDEN-Co0KkE), 1860. — Plaie compléte des voies respiratoires, des parois antérieures et latérales du pharynx, sans lésion des gros vaisseaux ; malgré cela, forte hémorrhagie. Pas de suture, sauf aux deux extrémités de la plaie. Immobilisation de la tête penchée en avant. Le malade prend quelques œufs et du vin de Bordeaux; une partie de ces aliments sort par la plaie. Alimentation par le rectum pendant les trois premiers jours.

Le 11° jour, le malade prend de la nourriture sans difficultés. Guérison

au bout d'un mois.

(Lancet, 1860, v. II, S. 56).

77. (KELLERMANN). — Soldat âgé de 20 ans. Tentative de suicide à l’aide d'un rasoir, le 14 janvier 1869. La plaie longue de 5 pouces, divise la membrane thyro-hyoïdienne complétement et la partie supérieure de l’œsophage sur une étendue d’un pouce. Après une demi heure l’hémorrhagie s'arrête, grâce au froid de l'hiver. La paroi droite de la partie supérieure de l'œæsophage n'est pas lésée d’une facon appréciable. Réunion de la plaie extérieure par cinq points de suture, dont un contourne l'os hyoiïde. Glace, position inclinée de la tête. La sonde alimentaire ne peut êlre introduite parce qu’elle produit des accès de suffocation. Le malade boit du lait à l’aide d’un tuyau en verre. Aprés une fièvre violente des premiers jours, guérison lente. Production d’un abcès.

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