‹ Contribution à l'étude des Plaies de l'ŒsophageChapitre 8 sur 24 · SN ESS · texte numérisé non relu

SN ESS

Dans 23 cas il existe une direction transversale. Une fois (obs. 79) la plaie est faite à la façon de la laryngotomie soushyoïdienne de Malgaigne ; mais dans quelques cas elle est loin d’être aussi nette. Dans l’observation de Chauvel (obs. 31), du côté droit de la blessure on voit plusieurs hachures témoignant que le rasoir n’a pas toujours suivi le même chemin ; dans un autre cas (obs. 71) il est dit que les bords de la plaie sont légèrement contus.

Trois fois seulement la plaie a une direction longitudinale (obs. 1, 11, 18). Dans l'observation 1 de M. le professeur Gross, la plaie extérieure et la plaie œsophagienne ont, toutes deux, leur grand axe vertical. Mais il peut se faire que ces deux plaies n’aient pas tout à fait la même direction. C'est là ce qui a du exister dans l'observation 18 ; l'instrument, qui était un canif, avait été retourné dans tous les sens, avait divisé le cartilage thyroïde en 7 où 8 morceaux et produit une plaie longitudinale de l’œsophage. La plaie extérieure a dû avoir une direction plus ou moins oblique. |

Quatre fois la direction de la plaie est plus ou moins oblique. Dans l’observation 35, elle décrit une courbe qui atteint presque de chaque côté les angles du maxillaire inférieur ; le couteau à agi de bas en haut d’avant en arrière. Dans un autre cas (obs. 36) la plaie est oblique de haut en bas, d’avant en arrière et de gauche à droite. Une fois (obs. 74) on n’a que la direction de la cicatrice ; elle commençait à un pouce du bord postérieur du sterno-mastoïdien, descendait obliquement vers la région sous-hyoïdienne, s’étendait horizontalement à travers celle-ci et se terminait au bord antérieur du sterno-mastoïdien droit. Dans l’observation 85, la plaie allait du milieu du cou immédiatement au-dessus du larynx vers la droite jusqu’à l’extrémité supérieure du sterno-mastoïdien droit.

On ne mentionne pas ordinairement la direction imprimée à l'instrument qui a produit la blessure. Dans un cas (obs. 38) il fut dirigé d’une façon toute particulière : « Avec la main gauche un faux monnayeur saisit sa gorge, la tire en avant; avec

la droite, il saisit un bistouri, dont il tourna le tranchant en

10e devant, il enfonça la pointe du côté droit, à cette partie du cou qui répond à deux lignes au-dessus de l’union du cartilage cricoïde avec la trachée-artère et à un pouce du larynx. Il pénètra dans le pharynx, traversa de part en part cet organe et fit sortir l'instrument à un pouce de distance du larynx. Il coupa la face antérieure du pharynx, la face postérieure du cricoïde, ses faces latérales, immédiatement au-dessus des cornes inférieures du thyroïde, la membrane crico-thyroïdienne et toutes les parties molles, qui latéralement et au-devant recouvrent le larynx. (Reynaud).

Si on cherche maintenant les rapports de la direction de la plaie avec le suicide ou l’homicide, on trouve que presque toutes les plaies transversales sont le résultat de tentatives de suicides, presque toutes les plaies longitudinales celui de tentatives d’homicide. Les plaies à direction oblique contiennent un nombre égal de l’un.et de l’autre attentat à la vie.

Étendue.

Nous diviserons les plaies de l’œsophage en deux groupes, suivant leur étendue : les plaies peliles et les plaies larges. Nous appellons : 1° plaies petites, celle qui ne présentent pas une solution de continuité extérieure assez étendue pour permettre d’apercevoir facilement la lésion de l’œsophage ; R° plaies larges, celles qui s’accompagnent d’une solution de continuité extérieure assez étendue pour apercevoir la lésion de l’æsophage.

Cette division, nous la retrouverons dans toute la suite de ce travail à propos de la symptomatologie, des complications, du traitement etc. C’est celle qui nous paraît en effet la meilleure. L'étendue de la solution de continuité extérieure entraine un appareil symptomatique spécial ; la marche de la blessure, le traitement qu’elle nécessite sont aussi tout autres que la marche et le traitement des plaies petites.

a) PLAIES LARGES.

1° Plaies extérieures. — Nous appelons plaie extérieure celle qui est faite par l'instrument vulnérant sur les téguments avant

ile

d'intéresser le conduit alimentaire. Son étendue est très variable. Dans trente-trois cas dont on donne les dimensions, nous trouvons comme dimension de la plaie extérieure :

20 centimètres (obs. 25) ;

15 à 18 centimètres (obs. 36) ;

10 travers de doigt (obs. 97) ;

8 travers de doigt (obs. 26) ;

14 centimètres (obs. 31, 60, 50) ;

12 centimètres (obs. 46) ;

132 millimètres (obs. 32) ;

La plaie allait d’une oreille à l’autre (obs. 92) ;

6 pouces (obs. 29) ;

5 pouces (obs. 96, 97) ;

4 pouces 112 (obs. 98) ;

4 pouces (obs. 22, 64, 67, 71, 82, 85);

9 centimètres (obs. 35) ;

8 centimètres (obs. 27, 33, 73) ;

3 pouces (obs. 48, 49, 53, 70, 88, 89);

2 pouces (obs. 69. 81).

2° Plaie œsophagienne. — Si ncus consultons les observations qui nous renseignent à ce sujet d’une façon suffisante nous {trouvons : 7 paroi antérieure de l'œsophage sectionnée tout entière, 8 fois (obs. 27, 38, 49, 63, 70, 86, 98, 100).

L'æsophage coupé jusqu’à sa cloison postérieure, 13 fois (obs. 31-52,/29, 48,50, 51, 52, 55, 68, 76, 85,90, %6).

L’œsophage coupé complètement dans tout son calibre, 9 fois 6hs 20,221, 22,23,24,25, 28,29, 90).

L’æsophage coupé aux 3/4, 3 fois (obs. 37, 75, 97).

L’æsophage divisé aux 2/3, 2 fois (obs. 15, 26).

L'æsophage divisé à moitié, 2 fois (obs. 62, 81). .

Le pharynx sectionné sur une étendue de 4 pouces, 1 fois {obs. 64).

Le pharynx sectionné sur une étendue de 4 centimètres, 1 fois (obs. 46).

Le pharynx sectionné sur une étendue de 1/2 pouce, ? fois (obs. 82, 89).

Le pharynx sectionné sur une étendue de 1 pouce, 2 fois (obs. 77, 88).

Une fois (obs. 67) il ne reste plus que 1/4 de pouce sur sa paroi postérieure.

Dans tous les autres cas les dimensions de la plaie ne sont pas indiquées d’une façon précise. Tafitson, parle d’une large ouverture du pharynx (obs. 84, 87) ; ailleurs on dit que l’œsophage est sectionné dans la plus grande partie de son calibre (obs. 71), que sa partie supérieure est presque entièrement coupée (obs, 61), etc.

Si nous comparons maintenant la plaie extérieure et celle de l’æsophage ; nous voyons qu’elles peuvent présenter des dimensions très-différentes. Une plaie excessivement étendue des parties molles, peut se rencontrer avec une plaie peu considérable du conduit alimentaire. Dans l’obs. 36, il est dit que la plaie extérieure avait 15 à 18 centimètres d’etendue et cependant il existait une plaie insignifiante de l'œsophage, dont la tunique musculaire était seulement un peu lésée. Nous pouvons multiplier les exemples :

Obs. 46 : plaie ext., 12 cent., plaie de l’œsophage, 4 cent.

— 77 — D pouces, —— 1 pouce.

— 82 — 4 pouces, — 1/2 pouce.

— 88 — 3 pouces, — 1 pouce.

— 89 — 3 pouces, — 1/2 pouce.

b) PLAIES PETITES.

La plaie extérieure n’a généralement pas une étendue assez considérable pour permettre d'apprécier les dimensions de la plaie æsophagienne. C’est seulement après la mort que l’examen en est possible ; dans l’obs. 1, à l’autopsie du malade de M. le professeur Gross, on a trouvé sur la paroi postérieure de l’œsophage une plaie intéressant toutes les tuniques de ce conduit, et qui mesurait verticalement 12 millimètres de diamètre, et transversalement 9 millimètres, tandis que la plaie extérieure

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