PANE NE
avait 12 millimètres de hauteur et 8 millimètres transversalement. On peut prévoir néanmoins que les dimensions des deux plaies sont à peu près égales dans tous les sens, quand elles ont été produites par un instrument essentiellement piquant. Si les blessures sont faites par un instrument à la fois piquant et tranchant, il peut en être tout autrement. Supposons en effet, un couteau poignard enfoncé dans la région du cou jusque dans l’æœsophage ; que l’on décrive à l’aide du manche, un léger arc de cercle, on produira nécessairement une plaie extérieure plus grande que celle que l’on a produite à l’œsophage. Maintenant, si, le couteau une fois enfoncé, on fait exécuter des mouvements à là pointe, on pourra avoir une plaie de l’œsophage plus étendue que la plaie extérieure.
Écartement des lèvres de la plaie.
Cet écartement est mentionné seulement dans 16 cas, parmi lesquels on n’en donne pas toujours la mesure exacte; très souvent on parle de plaie largement béante ou d'ouverture énorme. Cet écartement est en rapport avec la longueur de l’incision extérieure. Dans le cas rapporté par M. Quissac (obs. 32) la plaie extérieure avait 132 mill. d’étendue extérieure, et mesurait 81 mill. d’écartement de ses bords ; on ajoute qu’elle eut put admettre facilement la tête d’un fœtus à terme. Il est évident que si la plaie a une moindre étendue extérieure l’écartement est moins considérable. Dans l'observation 46 la plaie avait 12 cent. de long et 3 cent. d’écartement de ses bords. Cet écartement est aussi en rapport avec la rétraction des muscles sectionnés et la position de la tête. Dans le cas de Garengeot (obs. 16) la plaie avait 8 travers de doigt de largeur, les sterno-mastoidiens étaient coupés également ; la tête n'étant plus maintenue en avant se porta tellement en arrière que les deux bouts coupés de la trachée-artère, se trouvaient éloignés de plus de quatre travers de doigt, ce qui rendait la plaie très large comme une grande caverne. Dans le fait rapporté par Poncenard (obs. 97) la plaie avait 10 travers de doigt de largeur, la tête du blessé était repliée en arrière. L'observation 21 montre bien l'influence de la
position de la tête ; lorsque le malade portait la tête en arrrière, les deux extrémités des conduits alimentaire et respiratoire s’écartaient tellement qu’on pouvait y introduire le poing.
La direction de la plaie doit aussi influencer l’écartement. Il est évident q'une plaie longitudinale ou oblique qui sectionne moins de muscles, doit être moins béante qu’une plaie transversale qui sectionne presque tous les muscles antérieurs aux voies aériennes et alimentaires. N'oublions pas non plus parmi les causes d’écartement le renversement en dedans des lèvres de la plaie, comme cela est indiqué dans les observation 34 et 35.
Quand il s’agit de plaies petites, les dimensions de la plaie étant en général peu variables dans tous les sens, l'écartement doit être peu considérable. Il ne nous est indiqué qu’une seule fois (obs. 1) ; la plaie longitudinale mesure 15 millimètres dans son grand axe vertical et 4 millimètres dans son petit axe horizontal.
Organes lésés et hémorrhagie primitive.
Parmi les muscles, nous trouvons : le peaucier, les sternomastoïdiens rarement tout-à-fait sectionnés (obs. 26, 37, 60, 74, 97), le plus souvent les muscles sous-hyoïdiens, sternothyroïdiens, omo-hyoïdiens.
Les voies respiratoires sont très souvent intéressées en totalité ou en partie. Nous ne possédons qu'un cas ou cette lésion n’ait pas eu lieu, c'est dans l'observation curieuse rapportée par Gallici:r (obs. 10). Un morceau de bois pointu avait pénétré à la hauteur de l’angle de la mâchoire inférieure du côté gauche et était ressorti vers l'épaule droite sans blesser l'articulation scapulo-humérale. Il est probable que ce morceau de bois a traversé le cou entre la colonne vertébrale et le pharynx, et a blessé celui-ci au passage. Dans plus de la moitié des cas on parle de section complète de la trachée ou du pharynx ; lorsqu'il en est ainsi, les deux extrémités sectionnées se rétractent, l’extrémité supérieure vers Le haut, et l'extrémité inférieure vers le bas quelquefois jusqu'au dessous de la poignée du sternum. Une fois on cite un écart de 1 cent. 1/2 entre les deux bouts de la