‹ Contribution à l'étude des plaies du genou: La mobilisation active immédiateChapitre 26 sur 39 · III. — Interventions pratiquées · texte numérisé non relu

III. — Interventions pratiquées

Pour que la mobilisation active immédiate produise les heureux effets signalés par Willems, il faut que, tout d’abord, on ait fait une arthrotomie suffisamment large pour que le pus puisse être projeté au dehors de l’article lors des mouvements actifs. Avant d'incriminer la méthode pour les cas malheureux publiés plus loin, il faut donc voir d'abord si les indications données par Willems ont toujours été intégralement suivies. Willems demande que l'incision d’arthrotomie soit longue, dépassant en haut ie cul-de-sac articulaire, dépassant en bas l’interligne. Or, sur les vingt-six observations que nous avons pu réunir, l'arthrotomie telle que l'indique Willems n'a été faite que quinze fois : (observations I, PANNE PRE SR EXT XIE XIV, XV XVI, XWVIT, XXIIT, XXVI). Dans les onze autres cas, on s’est contenté ou bien d’une arthrotomie latérale externe, alors même que le genou restait volumineux (observations X VIIT, XIX, XX, XXI, XXII, XXIV), ou bien simplement de la réouverture de l’incision faite primitivement pour extraire le projectile. Pour plusieurs de ces cas on voit que la seule incision d’arthrotomie n'avait même pas la longueur demandée par Willems, n'intéressant pas le plus souvent le cul-de-sac sous-quadricipital (observations VI, VII). Dans l'observation Il, on s'était contenté de la réouverture de l’incision primitive, mais

on y avait tout de même adjoint une petite inCision au niveau de la partie externe du cul-de-sac sous-quadricipital ; c'est celle incision, sans doute, qui a permis au drainage dé se faire suffisamment dans ce cas d'infection atténuée. Dans les observations XX et XXV, nous voyons enfin que les interventions faites secondairement ont montré des lésions osseuses, qui avaient été méconnues lors de la première intervention : celle-ci s'était donc trouvée incomplète, et c’est sans doute la cause principale de l'échec. Dans ces onze cas, où les indications données par Willems n'ont pas été exactement suivies, il ne faut pas s'étonner si le drainage s’est mal fait; il ne faut pas s'étonner non plus si, par suite de ce mauvais drainage, la mobilisation a été douloureuse ou impossible et si enfin on a été acculé à faire secondairement une résection ou une amputation.

L’arthrotomie étant faite, il faut bien maintenir la béance de l'incision sur toute sa hauteur. Nous avons remarqué combien les lèvres de la plaie ont tendance à s’accoler; en même temps on assiste à un bourgeonnement considérable, de sorte que le maintien de la béance de la plaie est assez difficile. Nous avions pensé que, dans les cas que nous aurions à traiter ultérieurement, il serait peut-être préférable de fixer la synoviale à la peau par quelques points, au moins à la partie toute supérieure et à la partie toute inférieure de l'incision. Willems déclare « qu'il faut tous les Jours, et même deux fois par jour, faire bâiller ces plaies en décollant leurs lèvres, surtout vers les angles où elles s’agelutinent d'abord. Mais il faut le faire par des manœuvres

En

externes et ne rien introduire dans la cavité ». Dans l'observation Il, o5 avait cru plus prudent d'introduire un faisceau de crins ; chez le blessé de l’observation XI, on avait fait la même chose, mais les crins avaient été returés au bout de quatre jours, ayant été jugés inutiles. I] nous semble en effet qu'il vaut mieux s'abstenir de toute introduction de corps étranger dans la cavité

synoviale.

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