IV. — La mobilisation
Willems précise la façon dont doit être faite cette mobilisation : « La mobilisation doit être immédiale, commencée dès le réveil. Elle doit être active. Elle doit être poussée au maximum d’excussion possible et être pour ainsi dire ininterrompue ». Il ajoute : « La mobilisation ne doit être accompagnée d'aucun autre moyen de drainage. Un petit pansement peu serré doit être appliqué et renouvelé à mesure qu’il se trempe ». M. Willems a encore bien voulu nous donner à nousmême les précisions suivantes : « Je ne puis assez engager les chirurgiens, qui veulent obtenir de bons résultats de la méthode, d'attacher à ces malades une infirmière ou un brancardier, bien au courant de la technique, et qui doit surtout s’altacher à obtenir des malades ceux des mouvements qu'ils font le plus difficilement, le plus incomplètement et le plus rarement. J'ai constaté moi-même de très grandes différences dans mes résultats, d'après que tel infirmier ou telle infirmière
était chargé des soins consécutifs ».
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Pour se conformer à ces règles, il faut donc s'abstenir de placer le membre dans une gouttière dans l'intervalle des séances de mobilisation. Cette pratique — notée dans les observations II et VII — à sans doute été la cause, dans le premier cas, de l’atrophie musculaire ce dans le second, du drainage insuffisant.
Cette mobilisation est pénible, mais elle ne doit pas être vraiment douloureuse.
€ Quant à la douleur, dit Willems, elle n'existe que lorsque le drainage est insuffisant et il suffit de provoquer la déplétion complète de l’article Pour voir la douleur cesser immédiatement … Pour se Convaincre que les mouvements ne sont pas douloureux dans une arthrite purulente traitée par la mobilisation, rien ne vaut l'observation du*malade à la dérobée sans qu'il se sache surveillé ». Etudions done maintenant quelle fut l'intensité de la douleur dans les vingt-six observations réunies ici, et essayons de montrer quelle est la cause de cette douleur.
Pour notre blessé (observation I}, nous avons été certes extrêmement étonné de le voir faire J'acilement, dès son réveil, quelques mouvements après une courte Opéralion au chlorure d'éthyle. Jusque-là nous étions habitué à voir les blessés atteints d'arthrites suppurées immobilisées pousser des cris dès que l'on imprimalt le moindre mouvement à leur membre malade. Or ce blessé fit facilement l'extension complète el la flexion à 90°. Les jours Suivants, deux fois par Jour, nous faisions faire au blessé une séance de mobilisation qui apparaissait comme pénible, mais peu douloureuse. Dans.
l’intervalle des séances le blessé, de lui-même, mobilisait son genou et se déplaçait facilement dans son lit. Ces premiers résultats nous encouragèrent mais, au bout de cinq ou six Jours, l'amplitude des mouvements, au lieu d'augmenter, diminua, et nous vimes le blessé avoir tendance à immobiliser son membre en demi-flexion. Nous l'avons alors endormi au chlorure d’éthyle pour nous assurer qu'il n y avait pas de rétention. L'examen nous parut complètement négatif; nous avons alors appliqué à notre blessé une extension continue, grâce à laquelle nous avons obtenu à nouveau l'extension complète. Deux fois par jour, nous enlevions le poids et faisions faire au blessé de la mobilisation active; cinq jours après, on trouva une petite fusée purulente paraissant avoir pour origine le foyer de fracture péronier; dès qu’elle fut évacuée, la douleur diminua. Dans ce cas, nous pouvons donc conclure tout à fait dans le même sens que Willems : ë n’y eut douleur que lorsqu'il y eut rétention.
Nous étudierons maintenant les quatorze autres cas où l’arthrotomie a été faite selon les principes de Willems. Dans les observations III, IV, V, la mobilisation ne dut
pas être douloureuse, car les photographies reproduites ici (1) montrent une remarquable étendue des mouvements, mouvements qui n'auraient pas pu êtreobtenus des blessés si la mobilisation avait été vraiment douloureuse. L'observation IX nous dit que la mobilisation fut « très douloureuse au début », mais dans ce cas la chose s'explique par ce fait que le blessé avait une longue
(1) Planches VI, VIII, IX.
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incision au niveau de la cuisse et les mouvements pouvaient produire des décollements douloureux. Dans l'observation X, nous voyons que « le traitement se fait facilement, que le blessé fait volontiers les mouvements nécessaires ». L'observation XI nous dit également que «les mouvements ne sont pas très douloureux; on les obtient facilement du blessé ». Pour les observaüons XIT, XVT, X VIT, publiées par Willems, nous avons vu plus’haut ce que l’auteur de la méthode pense de la douleur. Dans l'observation XII, nous lisons « que les premières séances sont pénibles en raison de la lourdeur | du membre ». Dans l'observation XIV, nous voyons que le blessé se lève dix jours après l'intervention: la douleur ne dut donc pas être bien vive. Dans l’observation XV,ilest difficile de noter quelque chose de précis, une paratyphoïde intercurrente ayant considérablement troublé cette observation. Dans l'observation XXII, l'auteur dit que les mouvements étaient complets; bien que des oscillations thermiques et une altération de l’état général" aient conduit à une résection, les mouvements « sont restés libres » jusqu'au moment de cette intervention.
Enfin chez le blessé de l'observation XXVI, «les mouvements se font facilement ». |
De cet exposé nous pouvons conclure que, dans les quinze cas où l'arthrolomie à été faite selon les principes de Willems, la mobilisation n'a Jamais été assez douloureuse pour empêcher le blessé de faire des mouvements élendus ; une fois seulement, la mobilisation est
dile très douloureuse au débat. -
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Vigot Frères, Editeurs.
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., 42 jours après l'intervention {suturé secondairement).
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