‹ Contribution à l'étude des plaies du genou: La mobilisation active immédiateChapitre 6 sur 39 · ZAC · texte numérisé non relu

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1916; mais sa pratique n’était certes pas admise par tous. Nous n’eûmes pas connaissance dès cette époque de ce Manuel, si plein d'idées intéressantes, et les discussions de la Société de Chirurgie ne nous faisaient point connaître encore de partisans de la mobilisation immédiate. D’Aoùt 1916 à Octobre 1917, moment où Wiilems présenta à la Société de Chirurgie quelquesuns des résullats obtenus par la mobilisation active immédiale, nous assistons à une évolution progressive vers une mobilisation de plus en plus précoce.

Le 9 Août 1916, notre maître M. Sencert, peu après son départ de l’auto-chirurg. 9, formulait ainsi ses conclusions pour le traitement des plaies du genou à l'avant : « 1° Plaie punctiforme; abstention opératoire, immobilisation dans un appareil plâtré; 2 plaie: moyenne où grande; toutes doivent être opérées d’urgence soit par arthrotomie latérale, soit par arthrotomie exploratrice large suivie de la pose d’un appareil plâtré. » L'appareil plâtré était laissé environ quinze jours.

Le 4 Octobre 1916, dans son rapport sur le traitement des plaies ‘du genou, M: Pierre Duval indique aussi, après l'opération classique, la pose d'un appareil plâtré, et il ajoute : « La mobilisation a été commencée pour les plaies synoviales seules le 7 jour; pour les lésions osseuses, J'avoue que nous étions assez hésitants mais nous avons adopté la mobilisation précoce. Vers le 15° jour, quelques mouvements passifs; vers le 17° jour on les laissait marcher. » Il s'agit bien là de mobilisalion précoce, mais nous sommes encore loin de la mobilisation immédiate préconisée par Willems.

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En Octobre 1916, M. Georges Gross déclare « qu'il pense que dès les 4°, 5°, 6° jours on doit commencer à mobiliser l’article ». Il ajoute : « Il est pour nous abso- -lument certain qu'une immobilisation dans un plâtre non seulement est inutile mais même qu’elle est nuisible ». Bien qu'un grand nombre de chirurgiens n'aient Jamais posé de plâtre après une-arthrotomie, c’est la première fois que nous voyons rejeter aussi formellement l’immobilisation plâtrée, même pour quelques Jours. |

Étant dans la région de Verdun, nous avons eu l'occasion d'aller visiter, au cours de l’été 1916, l’auto-chirurgicale 3, dont M. Grégoire était alors médecin-chef. En voyant les beaux résultats obtenus dans le traitement des plaies du genou, nous apprîimes qu'on avait renoncé à l’immobilisation, se contentant d’un gros pansement en tarlatane empesée ou d'une planchette incorporée au pansement pendant les premiers jours. Dans son rapport sur le traitement des plaies du genou, le 3 Janvier 1917, M. Grégoire déclare que « cette demiimmobilisation suffit amplement et que vers le 8 ou 10e jour il faut commencer la mobilisation. » Les auteurs semblent donc tous se rallier à une mobilisation de plus en plus précoce. Pourtant, à cette même séance du 3 Janvier 1917, M. Barnsby recommande, aussitôt l’intervention terminée, l'application d'un appareil plâtré qui sera maintenu quinze jours. Il n’est pas seul à défendre encore l'immobilisation. En Mars 1917, MM. Mocquot et Monod déclarent également : « La compression modérée et l’immobilisation rigoureuse sont dans les pre-

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miers jours d'importants compléments de l'acte opéra-. toire ». En Juillet 1917, M. Rouvillois conseille également l’immobilisation pendant « une courte période ».

C'est pour la première fois, le 3 Octobre 1917, que * M. Willems présente à la Société de Chirurgie quelques-uns des résultats qu’il a obtenus par la mobilisation active immédiate, méthode qu'il préconisait dans son Manuel de chirurgie de querre. Les résultats publiés sont fort beaux. Le 7 Novembre 1917, if publie à nouveau « quelques résultats fonctionnels récents de la mobilisation active immédiate dans les lésions articulaires ». Le 5 Décembre 1917, le même auteur fait un rapport sur « le traitement des corps mobiles du genou traités par l'arthrotomie suivie de marche immédiate »: nous sortons là du cadre de la chirurgie de guerre, mais cela montre que, pour M. Willems, la notion d'infecton ne modifie en rien la méthode de traitement. Le 13 Mars 1918, nouvelle présentation à la Société de Chirurgie, par M. Willems, de quelques cas d’arthroto-

mies suivies de mobilisation active immédiate (1).

M. Willems précise alors les règles de sa méthode :

« La mobilisation active doit étre commencée sans aucun délai; elle doit être poussée aussi loin que le blessé est en état de le faire. Elle doit étre faite sans répit, pour ainsi dire sans interruption jusqu'à la Jatigue. Cette mobilisation n'est pas douloureuse au vrai sens du mol; elle est simplement laborieuse et il

(1) Ces cas ont élé également présentés à la Conférence chirurgicale interalliée de Mars 1918; ils sont accompagnés de beaux documents photographiques.

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