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ÉVOLUTION ET COMPLICATIONS DES PLAIES PÉNÉTRANTES DE POITRINE AVEC PROJECTILES INCLUS
Nous venons de voir quels sont les symptômes qui accompagnent ce genre spécial de plaies de poitrine et les lésions anatomo-pathologiques que l’on peut con— stater. Si de tels blessés à projectiles accessibles et présentant des phénomènes généraux peu imquiétants sont gardés dans les formations sanitaires sans être opérés, on voit le plus souvent survenir des complications que nous avons pu constater plusieurs fois.
Pour les plaies aseptiques produites par des balles de fusil ou de mitrailleuse, de nombreux blessés guérissent rapidement et aseptiquement comme les blessés atteints par balles de revolver que l’on voit guérir assez facilement et sans présenter de complications dans la pratique civile. |
Cependant, voici l’histoire d’un chasseur, qui est très intéressante : |
Ce chasseur, au mois de décembre 1914, est frappé au côté, sur l’Yser, par une balle de fusil allemand.
See Cette balle pénètre dans le III* ou le [VE espace intercostal droit, un peu en arrière du grand pectoral, et vient se loger dans le parenchyme pulmonaire. Au moment du traumatisme, le blessé a une
hémoptysie assez abondante, elle persiste une quin-
zaine de jours, elle se ralentit progressivement et se tarit vers le vingtième jour.
À son arrivée à l’ambulance, le blessé présente un
gros hémo-pneumothorax. Il séjourne à l’'ambulance environ vingt-cinq jours. Puis il est évacué à l’intérieur; à ce moment-là, la plaie est complètement cicatrisée, le blessé n’a plus de fièvre, mais il n’est pas guéri. Il est traité à l’intérieur environ un mois, puis 1l part en congé de convalescence de deux mois.
A l'issue de ce congé, il revient sur le front. C’est à ce moment là que nous le voyons, au mois de jum 1916, dix-huit mois après le traumatisme. Attaché au Dépôt divisionnaire du 20° bataillon de chasseurs et chargé-d’un tout petit service, 1l ne se porte pas mal: mais, depuis sa blessure, 1l a un vague point douloureux à droite et, à plus d’une occasion, il présente des hémoptysies d’abondance variable. L'une d’elles survient au mois de juin 1916. Cette hémoptysie, assez abondante, nécessite son entrée à l’ambulance. On procède à un examen radioscopique et l’on constate la présence d’une balle dont l’ombre se projette en arrière dans l’espace omo-vertébral, à 10 centimètres de profondeur de la peau.
Cette hémoptysie avec point de côté céda en quelques jours par le repos, mais malheureusement le départ de l’ambulance 1/21, qui changea de secteur,
PAS Le ENEE
ne permit pas de pratiquer extraction du projectile qui était décidée.
Cette observation intéressante montre que même les aseptiques du poumon, guérissant aseptiquement et simplement ne sont pas indemnes de dangers et de complications tardives tant que le projectile n’est pas enlevé.
Pour les plaies septiques produites par des projectiles d'artillerie, même dans les cas apparemment favorables, les complications tardives sont presque constantes et toujours graves. Souvent après l’extraction du projectile, les grands lavages par les drains ramènent, après plusieurs jours, des lambeaux de capote restés adhérents aux tissus. Dans ces cas-là, en effet, l’éclat d’obus est non seulement sale et souillé de terre mais 1l entraine avec lui très souvent des débris vestimentaires. |
En juillet 1915, un chasseur du 20° bataillon est frappé par un éclat d’obus qui pénètre dans le thorax en avant en perforant le grand pectoral et va se loger dans le sommet du poumon droit. Le blessé arrive à l’ambulance dans un état grave, avec un gros hémopneumothorax, une hémoptysie abondante et une très violente dyspnée.
Au bout de quelques jours, il se produit une amélioration progressive des symptômes qui permet au médecin traitant d'appeler en consultation le radiographe. Le blessé est conduit à la salle de radiographie. Un repérage en profondeur est fait. On constate que le projectile projette son ombre en arrière dans