III. — ÉTIOLOGIE ET PATHOGENIE
Comme nous l’avons vu, d’après le faitcité par M. Jaccoud on peut observer une pleurésie biloculaire survenant au cours d’une pneumonie chez un malade ayant eu jusque-là une plèvre saine.
Mais ce sont là des cas, à vrai dire, exceptionnels. On a rarement une pleurésie multiloculaire d'emblée. Ce peut être au cours d’une première pleurésie que l’on observe le cloisonnement, mais c’est une pleurésie qui traîne, qui a été ponctionnée plusieurs fois et c’est à la fin, tardivemen:, que l’on constate le cloisonnement. Ce cloisonnement tardif est particulièrement net dans les deux cas de pleurésie aréolaire rapportés par M. Moutard-Martin. — Mais l’on rencontre surtout les pleurésies cloisonnéss chez des malades ayant eu autrefois des pleurésies avec épanchement ou même simplement une pleurésie sèche. Ces malades, même, quelquefois, ne se sont pas aperçus de l’inflammation première de la plèvre qui ne s’est manifestée que par une douleur
de côté sans grands caractères et qui est demeurée méconnue,
Et ce sont en particulier les individus tuberculeux comme le remarque M. Moutard Martin, qui sont sujets aux poussées pleurétiques et ce sont ceux-là qui doivent présenter le plus grand nombre de pleurésies cloisonnées.
Mais on observe aussi les pleurésies cloisonnées dans les cancers pleuraux où les fausses membranes sont parcourues par un riche réseau sanguin à parois friables. Aussi l'épanchement est-il alors presque toujours sanguinolent.
L'observation de Gouttière-Cachera en est un bel exemple. On voit également dans cette observation que
le cloisonnement s’est fait peu à peu.
Obs. XI. — Gourrière-CacHera, — Femme de 50 ans atteinte de cancer pleuro-pulmonaire, traitée dans le service de Blachez ; à gauche, énorme épauchement qui fait bomber la région sous-claviculaire et refoule le cœur.
Le 27 mars 1877. — Ponction au lieu d'élection ; 4 litres de liquide coloré en rouge.
Le 1% avril. — Au même point extraction de 3 litres du même liquide.
Le 22 avril. — Au lieu d'élection, 150 grammes seulement de liquide hémorragique ; plus en avant, la ponction donne 250 grammes de liquide très foncé, se coagulant facilement.
Le 27 avril, — L’autopsie montre des noyaux cancéreux du