‹ Contribution à l'étude des pleurésies dites bloquéesChapitre 6 sur 12 · III. — LES FAITS CLINIQUES · texte numérisé non relu

III. — LES FAITS CLINIQUES

Nous diviserons cette étude en trois chapitres: a) Fausses pleurésies bloquées; b) Pleurésies dites bloquées partielles;

ce) Pleurésies bloquées totalement.

et nous interprèterons dans chaque chapitre les observations présentées.

a) Fausses pleurésies bloquées.

OBSERVATION PREMIÈRE (M. Barth)

J'ai soigné, il y a dix ou douze ans, à l'Hôpital Broussais, dit M. Barth dans le Bulletin et Mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, du 26 mai 1906, j’ai soigné un malade atteint de pleurésie gauche tuberculeuse, laquelle a guéri après une seule ponction, mais en donnant lieu à une symphyse pleurale avec néo-membranes fort épaisses. Or, la rétraction nodulaire s’est faite si vite que, moins de six semaines après la ponction, le poumon gauche était complètement atrophié, et entraînait le médiastin à sa suite, à tel point que le cœur, primitivement

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refoulé à droite par l’épanchement, venait battre dans la ligne axillaire gauche, à quinze centimètres en dehors, et en arrière du mamelon. Et cette dislocation, je le répète, s'est produite sous mes yeux en moins de six semaines.

OBSERVATION II (Inédite) Pleurésie à streptocoque

Nous avons eu l’occasion en 1918, d'observer une pleurésie à streptocoque apparaissant à grand épanchement.

Il s’agit d’un homme, brusquement pris, huit jours avant, d’un point de côté extrêmement violent, qui le fait hospitaliser, le jour même à l'hôpital. Ce point de côté est survenu brutalement, alors que le malade faisait l’exercice à la caserne. À son arrivée à l’hôpital, il tousse peu, ne erahe pas, mais se plaint toujours d’une douleur violente dans le côté gauche. ;

On assiste au développement d'une pleurésie certaine; en effet, il y a une matité absolue depuis la base jusqu’au tiers supérieur du poumon; le murmure vésiceulaire est . complètement disparu. Pour étudier cette pleurésie et en préciser la nature, on pratique une ponction exploratrice, tout à fait à la base, dixième espace. La seringue qui fonctionne normalement ne ramène pas de liquide. On attend alors quelques jours, pensant à une phase de spléno-pneumonie.

Mais, la gêne respiratoire devient intense et les signes d’épanchement se caractérisent de plus en plus; le cœur se déplace vers la droite. ;

On pratique une seconde exploration de la plèvre, tout à fait à la base, là où la matité est absolue, et le murmure

vésiculaire, complètement disparu. On ne trouve aucun liquide; surpris de cet état, on pense à une pleurésie bloquée.

Plusieurs collègues se réunissent pour examiner le malade, et, l’un de nous pensant qu’il y aurait intérêt à faire une ponction plus élevée, pratique cette dernière un peu au-dessous et en dedans de la pointe de l’omoplate. Il retire un liquide de couleur sale, déposant dans le tube, après un certain temps, et contenant à l’examen des restes de streptocoques.

La suite démontre qu’il s’agit d’une pleurésie à streptocoque et l’examen radiologique fait le lendemain, mon-. tre que l’épanchement n’est pas très abondant, mais que le diaphragme tend à s’élever plus du côté gauche que du côté droit, et il apparaît que les premières ponctions ont été faites non pas dans le liquide, mais bien au niveau de la coupole diaphragmatique.

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