SÉMÉIOLOGIE DES OMBRES PATHOLOGIQUES DU POUMON
La symptomatologie clinique étant si peu caractéristique et correspondant comme nous l'avons vu à celle de l'emphysème ou à celle de la bronchite chronique, le diagnostic définitif des pneumoconioses ne peut être fait que par les rayons X, qui nous montrent ces ombres presque toujours caractéristiques que nous
allons essayer d'analyser.
Technique de l’examen radiologique.
Quoique, comme pour tous les examens, la radioscopie doive toujours précéder l'examen radiographique et qu'elle nous donne de précieuses indications sur la cinématique et la statique pulmonaire, la radiographie tient dans le diagnostic des pneumoconioses un rôle prépondérant.
Seul, un cliché nous permet de reconnaître les détails des contours et la densité des petits foyers pulmonaires qui sont caractéristiques des pneumoconioses.
Nous n'insisterons pas ici sur les détails de la technique radiographique.
I1 est naturel que seule une radiographie parfaite, c'est-à-dire suffisamment, mais pas trop exposée, faite en apnée, en une fraction de seconde puisse être utilisée pour une juste interprétation.
Quant à la qualité du rayonnement, nous croyons qu'il sera préférable d'employer des rayons moyens, plutôt un peu plus pénétrants que pour des lésions bacillaires au début ou des granulies, puisqu'il s'agit de reproduire avec netteté des ombres d'une densité plus grande.
= Quant à la distance la plus favorable pour l'examen radiographique, on préconise actuellement la téléradiographie.
Cette téléradiographie est certainement indiquée pour les radiographies du cœur où les déformations et les agrandissements de l'ombre dus à la projection conique pourraient gêner le diagnostic ou même donner lieu à de fausses interprétations.
AO
En ce qui concerne l'interprétation des ombres du poumon où de petits agrandissements n'ont pas d'importance, la radiographie faite à environ 1 m. 20 ou 1 m. 50 de distance, non seulement n'a aucun désavantage, mais offre, à notre avis, quelques avantages qui sont les suivants :
1° Grâce à la projection conique les sommets sont un peu agrandis, car les rayons traversent ceux-ci obliquement. Les moindres lésions qui sur la téléradiographie pourraient être masquées par le rapprochement des parties postérieures des côtes supérieures et des clavicules apparaissent plus nettement sur les clichés faits à 1 m. 20 ou 1 m. 50 de distance; cela est très important, parce que, lorsqu'une infection bacillaire secondaire vient se greffer sur la lésion de pneumoconiose, elle se localise fréquemment au début dans les sommets, tandis que les pneumoconioses laissent les sommets indemnes.
2° En rapprochant l'ampoule du malade, il nous est impossible de fait des radiographies en une fraction de seconde plus courte, ce qui est important, comme il s'agit ordinairement de malades dyspnéiques.
3° Un autre avantage du rapprochement de l'ampoule est le fait que cela nous permet de faire des graphies avec des rayons moins pénétrants et, par cela même, d'arriver à avoir des clichés avec des contrastes un peu plus accentués.
4° La radiographie faite entre 1 m. 20 et 1 m. 50 permet de différencier les ombres plus éloignées du cliché, c'est-à-dire situées dans les parties postérieures du thorax, des ombres rapprochées du cliché, parce que, à la suite de l'agrandissement des ombres un peu plus éloignées, celles-ci deviendront un peu moins nettes, un peu plus grandes et un peu moins denses que les ombres plus proches du film.