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ANALYSE DES OMBRES RADIOLOGIQUES

Lorsque nous analysons une ombre radiologique pathologique du poumon, nous devons préciser les huit caractères suivants :

1° La localisation.

2° La grandeur.

3° La forme.

4° L'intensité de l'ombre.

5° La structure.

6° Les contours. È

7° Les rapports avec les organès voisins.

8° Les mouvements actifs ou passifs.

Nous allons rechercher l'importance qu'ont ces différents caractères spécialement en ce qui concerne le diagnostic des pneumoconioses.

1. La Localisation. La localisation des petits foyers de pneumoconiose se caractérise en général par une grande symétrie et par une dissémination assez régulière dans les champs pulmonaires qui sont quelquefois comme pointillés.

Toutefois, ces petits foyers ont une prédilection pour les parties moyennes et les régions sous-calviculaires et diminuent en nombre vers les sommets et les extrêmes bases, à tel point que les sommets présentent souvent une intégrité presque complète.

Dans quelques cas, nous les voyons localisées dans les parties latérales des lobes supérieurs, mais alors encore la répartition assez régulière et symétrique fera penser à une maladie due à l'inhalation de poussières.

2. La taille des ombres pourra varier de la grandeur d'une ombre miliaire jusqu'à une lentille, à moins que des ombres confluentes ne viennent provoquer des obscurités en macules ou en nappes.

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Les plus petites images peuvent avoir la taille d'un grain de mil et ressembler par leur taille à celle de la granulie.

Mais dans la plupart des cas, nous aurons des ombres un peu plus grandes qui s'expliquent par le processus anatomique d'induration et de sclérose lobulaire.

3. La forme. La forme est irrégulière et correspond au petit foyer de sclérose interstitielle et de bronchio-alvéolite oblitérante. C'est en général cette forme irrégulière qui permettra presque toujours de différencier la pneumoconiose des autres affections micro-nodulaires, c'est-à-dire en premier lieu de la granulie, de la carcinose et de la sarcomatose miliaires, caractérisées par des ombres nettement arrondies.

4. L’intensité (le degré d'opacité des ombres) est le signe radiologique le plus important pour le diagnostic de la pneumoconiose.

Les poussières de fer, de silice et d'ardoise ont un poids spécifique élevé et donnent pour cette raison des ombres très intenses dont l'opacité est encore augmentée par la sclérose du tissu environnant.

Les poussières de farine, de bois, les poussières animales de même, ne donneraient pas d'opacité suffisante pour être décelées à la radio d'une façon assez caractéristique ; elles ne pourront apparaître sur le cliché que si un processus de sclérose suffisamment intense s'est développé autour de cette poussière opaque — ce qui pratiquement n'est pas le cas — ou si une tuberculose se sera greffée sur les petits foyers de sclérose.

Seules la sidérose, la silicose, la schistose, et l’anthraco-silicose donneront donc les ombres caractérisées par leur grande opacité qui a souvent l'intensité d'un ombre calcaire. C'est ce degré d'intensité qui permettra de différencier ces pneumoconioses des ombres plus légères, moins opaques dues aux affections miliaires et submiliaires telle que la tuberculose, la carcinomatose, la sarcomatose miliaire et l'actinomycose miliaire, ainsi que les foyers septiques miliaires et des foyers de bronchéo-alvéolites miliaires.

Il est à remarquer que, parmi les pneumoconioses, la sidérose, certaines silicoses et la schistose se traduisent par des ombres d'un opacité analogue à celle du foyer calcaire, tandis que les ombres de l’anthracose se présenteront sous un aspect légèrement moins opaque.

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5, La structure d'une ombre peut être homogène ou hétérogène. L'homogénéité est due à un poids spécifique, tandis que des foyers de poids spécifiques ou d'épaisseurs variables, produiront une image non homogène.

Les ombres des pneumoconioses sont d'une homogénéité presque constante.

6. Les contours. Il s'agit de distinguer la forme et la netteté des contours.

Comme le substratum anatomique est caractérisé par un processus de bronchio-alvéolite sclérosante, les contours des ombres paraîtront irréguliers, quelquefois anguleux, polyédriques ou dentelés et avec une netteté aussi grande que des foyers de cicatrice.

Ces contours apparaîtront presque toujours d'autant plus nets que les foyers indurés sont presque toujours entourés de tissus emphysémateux, de sorte que le contraste entre ces ombres particulièrement intenses et le tissu emphysémateux environnant fera particulièrement ressortir les contours des nodules.

7. Les rapports avec les organes du voisinage. Comme les foyers de pneumoconiose sont enclavés dans le tissu pulmonaire, nous ne constaterons aucun rapport avec les organes environnants et surtout avec le médiastin.

8. Les mouvements actifs et passifs que nous avons à observer en général sont les suivants : les pulsations, les mouvements en rapport avec la toux, la respiration et le changement de position du malade.

Dans Îles pneumoconioses, nous ne constatons aucune pulsation, aucun déplacement passif.

Les foyers de pneumoconioses se déplaceront dans le même sens que le diaphragme, c'est-à-dire s'abaissant à l'inspiration et montant à l'expiration. À la toux, ils se déplacent vers le haut par suite de l'augmentation de la pression intra-thoracique, la déglutition ne provoquera pas de modification.

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