‹ Contribution à l'Étude des Polynévrités GravidiquesChapitre 16 sur 20 · SET · texte numérisé non relu

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disparition des vomissements, dans trois cas la polynévrite s’est installée dans un (RUDAUX), douze jours environ; dans un autre (MADER), près de quarante jours après l’avortement, et, dans ce dernier, elle a évolué vers la mort.

Dans les treize autres cas (1), l'interruption de la gestation a été indiquée également en raison de vomissements graves, mais il est noté déjà, dans certains d’entre eux, l'existence de troubles psychiques et, dans d’autres, des signes d’atteinte nerveuse débutante. Et c’est, en effet, seulement de dix à quarante jours après l'intervention que le diagnostic de polynévrite est posé avec certitude dans six de ces cas. |

Or, la polynévrite qui s’est installée après et malgré l’interruption précoce de la gestation, dans deux cas, a intéressé les nerfs laryngés (obs. de LEPAGE et DUurOouUR et d'EULENBURG), dans un autre (obs. IV, Clin. Baudelocque), elle s’est étendue au nerf phrénique, et, dans sept autres cas, rapportés par ALBECK, elle a entrainé une abolition des réflexes pupillaires.

En définitive, sur dix-sept cas où l’on a interrompu la grossesse, avant ou dès le début des signes de polynévrite, il y eut un cas de mort (2). Dans les seize autres cas, la polynévrite, bien qu'ayant eu parfois un caractère de haute gravité, évolua dans des délais variables vers la guérison. Une fois, cependant, la psychose, associée à la polynévrite, aboutit à la démence (obs. de HAHN).

Parmi les vingt autres cas où :a gestation fut interrompue, la polynévrite une fois installée, dans treize cas la guérison survint plus ou moins lentement. Sept fois l’évolution fut fatale.

Notons, enfin, que parmi les trente-sept cas (3) où l’on est intervenu, trois fois on ramena un fœtus mort (obs. de WILsoN et GARVEY, de STOKELBUSCH, de RUDAUx). L'accouchement prématuré provoqué dans deux cas (obs. V, Clin. Baudelocque:; obs.

(1) Obs. Clin. Baudelocque II et IV, de WaLLiCH, d'HERRENSCHMIDT, LEPAGE et Durour, de HAHN, de WiLsoN et GARVEY, d'ALBECK (sept cas).

(2) Remarquons que la malade de WiLsoN et GARVEY mourut également, mais six mois après le début d’une polynévrite en voie de rétrocession.

(3) Dans trois cas (obs. de Krivsky, MADER, STOKELBUSCH), la polynévrite n’avait été précédée d’aucun vomissement.

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de CORTÉ) s’est terminé par l’expulsion d’un enfant qui a vécu et s’est élevé normalement. Dans le cas rapporté par BODE, où la polynévrite fut accompagnée de crises d’éclampsie convulsive, enfant, extrait par césarienne, a également eu une croissance normale.

Dégageons de cette étude les faits essentiels. Dans deux groupes de cas de polynévrite dont la gravité est comparable, la mortalité est la même, gestation interrompue ou non.

L’interruption précoce de la grossesse, avant ou dès le début des accidents nerveux, n’empêche pas la polynévrite de s’installer, de revêtir parfois un caractère grave, et exceptionnellement, il est vrai, d’avoir une évolution fatale.

L’interruption tardive, c’est-à-dire la polynévrite une fois installée, dans les deux tiers de nos cas, est suivie d’une guérison plus ou moins lente. Dans un tiers des cas, survient la mort de la malade.

Si l'interruption de la gestation nous paraît avoir peu d’action sur la marche de la polynévrite ne pouvant, en certains cas, ni en prévenir l’apparition, ni en enrayer l’aggravation, en revanche elle entraîne parfois une amélioration marquée de l’état général et, dans la majorité des cas, la diminution ou même Îa suppression des vomissements.

Dans des observations comme celle rapportée par WiLson et GARVEY, et dans une de la Clinique Baudelocque, c’est presque concurremment avec l’amélioration de l’état général et la suppression des vomissements que se fait l’extension de la polynévrite qui, dans un de ces deux cas, atteinte le nerf phrénique (1).

Il est, d’ailleurs, aisément compréhensible que l'interruption de la gestation, tout en admettant qu’elle réalise la suppression de la cause de l’intoxication, ait peu d’action sur des lésions nerveuses déjà constituées et produites par cette intoxication.

(1) Dans le cas rapporté par SCHAEFFER, tandis que l’état général s’améliore eu à peu, après l’avortement provoqué, la polynévrite continue à évoluer, es membres supérieurs jusque là indemnes sont touchés à leur tour.

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Mais l’expérience prouve, en outre, qu’elle ne peut, en certains cas, enrayer la progression même de ces lésions.

Que conclure, en ce qui regarde la conduite à tenir ? Il demeure difficile de fixer des règles précises. L’interruption de la gestalion ne saurait être systématique en présence d’une polynévrite, loin de là. Elle sera décidée en tenant compte d’un ensemble de facteurs.

Ce n’est pas seulement la gravité de la polynévrite, son mode évolutif, sa localisation, mais aussi ses conditions d’apparition, les symptômes qui lui sont associés qui dicteront la conduite de l’accoucheur.

De l’avis de tous, avons-nous vu, les formes ascendantes aiguës de la polynévrite, atteinte des « nerfs vitaux » sont une indication formelle à l’interruption, mais il faut reconnaître qu’elle sera malheureusement, en ces cas, trop souvent impuissante.

Parfois l'intervention sera indiquée, même en présence d’une polynévrite débutante ou sans localisation dangereuse, lorsque les symptômes qui l’ont précédée ou l’accompagnent (ictère, par exemple) et surtout l’aggravation rapide de l’état général, mettent la vie de la mère en danger.

Dans un des cas que nous relatons (obs. V), l’accouchement prématuré provoqué fut décidé par le Professeur COUVELAIRE, chez une femme qui présentait des signes de polynévrite encore à son début, mais aussi un double syndrome d’atteinte rénale (pyélonéphrite sévère) et hépatique (ictère récidivant) et dont l’état général était manifestement grave.

L'évolution justifia la conduite tenue. Après l’accouchement, une amélioration considérable survint daps l’état de la malade, seuls les troubles nerveux persistèrent, mais actuellement ils tendent à rétrocéder. L’enfant, bien que prématuré, est vivant et sa croissance a été normale.

Enfin, quand on sera amené à provoquer l’accouchement prématuré, on le fera autant que possible à une époque assez avancée de la gestation pour que l’enfant ait des chances de vivre.

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