DES POSITIONS
PourBaudelocque et pour Gardien il y avait quatre positions de la face dans lesquelles le menton correspondait soit à la symphyse du pubis, soit à l’angle sacro-vertébral, soit directement à droite, soit directement à gauche. De là quatre dénominations qui, pour ces auteurs, étaient, par ordre de fréquence; 1° mento-pubienne ; 2° mentosacrée; 3° mento-iliaque droite ; 4° mento-iliaque gauche.
Madame Lachapelle commence à s’élever contre les positions directes; elle montre qu’on ne les rencontre jamais, et elle établit deux positions correspondant aux 3e et 4e de Baudelocque : 1° la mento-iliaque droite ; 2° la mento iliaque gauche. Plus tard Yelpeau reproduit cette même classification.
Dans le tableau de Capuron, nous trouvons, pourpoints de repère pris sur le bassin maternel, la symphyse sacroiliaque et la cavité cotyloïde. Mais alors cet auteur considère comme la plus fréquente la mento-cotyloïdienne gauche, tandis que la mento-sacro-iliaque droite ne vient qu’en troisième ligne.
Aujourd’hui tout le monde s’accorde pour considérer sur le bassin trois points de repère qui sont: la symphyse
sacro-iliaque, le milieu de la ligne innommée, et l’éminence ilio-pectinée. Alors, selon que le menton, ou pour d’autres auteurs le front sera en rapport avec l’un de ces troispoints, onaura pourchaque position, droite ougauche, trois variétés : antérieure, postérieure, ou transversale. Cette dernière variété dans un bassin normal ne se rencontre jamais; restent donc les postérieures et les antérieures.
Nous avons vu, quand nous nous sommes occupé de la fréquence, quelle était celle de ces variétés qui était le plus souvent constatée. Nous ne croyons pas devoir revenir sur ce point; mais, pour justifier ce que nous disions tout à l’heure des variétés transversales, nous rappellerons que la loi de l’accommodation qui domine toute l'étude des phénomènes physiologiques et mécaniques de l’accouchement, nous explique pourquoi la face neseprésentejamaistransversalement, du moins dans les conditions d’un bassin normal et d’un fœtus à terme. Effectivement, l’extrémité fœtale qui veut s’engager ne peut le faire qu’à la condition de mettre ses grands diamètres en rapport avec les grands diamètres du bassin. Or, quand donc le diamètre transverse est-il le plus étendu, si ce n’est quand il existe un rétrécissement antéro-postérieur du bassin? Dans tous les autres cas, au contraire, les diamètres obliques sont les plus longs, et toujours alors le grand axe delà face sera en rapport avec l’un d’eux. On le voit donc, les positions ubliques doivent seules nous occuper.
M. le professeur Depaul a l’habitude de prendre le front pour point de repère sur le fœtus, et alors, selon que cette région de la face est en regard des extrémités de l’un des diamètres obliques droit ou gauche, nous aurons des positions fronto-iliaques droites variété antérieure ou posté-
rieure, et des fronto-iliaques gauches avec les deux mêmes variétés.
Pour d’autres professeurs, tels que MM. Pajot et Tornier, c’est au contraire le menton qui sert à établir la position, et celle-ci devient soit mento-iliaque gauche, soit mento-iliaque droite, toujours avec leurs variétés. Une excellente raison est donnée par M. Depaul en faveur du choix du front. On doit en effet retenir plus facilement que la fronto-iliaque gauche antérieure est la plus fréquente quand on compare cette dénomination à celle analogue du sommet qui est de beaucoup la plus commune. D’un autre côté, le front est, de la face, la partie la plus déclive, c’est sur elle qu’en pratiquant le toucher on arrive tout d’abord.
Pour nous, cependant, à l’exemple de P. Dubois et Desormeaux, de Cazeaux, de M. Tarnier et de M. le professeur Pajot, nous choisirons le menton et notre motif est le suivant :
On sait que dans les présentations du sommet, quand l’accouchement est naturel, l’occiput qu’on a choisi et qui donne son nom à la position, est la partie qui se dégage la première sous l’arcade pubienne ; c’est aussi celle que l’on doit y ramener quand on intervient par le forceps.
Dans les présentations de la face, le menton joue le même rôle, c’est lui encore qui va et doit sortir le premier ; lui aussi qui doit être ramené sous la symphyse. Dans le cours de cette étude quand nous aurons à dénommer des positions, nous continuerons à nous conformer à la nomenclature que nous avons adoptée dès le début, et nous dirons la fronto-iliaque droite ou gauche, et pour ces deux positions, nous admettrons deux variétés, une antérieure et une postérieure.