‹ Contribution à l'étude des procidences dans les présentations céphaliquesChapitre 10 sur 29 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Résultats obtenus dans les 64 cas de notre statistique.

Les anciens accoucheurs pensaient que, dans les cas de procidence du cordon, la mort de l’enfant survenait par suite du refroidissement et de la coagulation du sang dans la partie procidente du cordon. Nous savons aujourd’hui que la mort résulte de la suppression de la circulation fœtale dans la tige funiculaire procidente et comprimée entre la présentation et les parois pelviennés. Le fœtus continue à vivre encore pendant quelques instants après que cet arrèt de circulation sanguine est devenu définitif, puis il succombe. On a discuté pour savoir si la circulation s’arrête par suite de la compression de la veine ou des artères ombilicales; il est probable que les trois vaisseaux sont comprimés.

Dans 6 cas, l’enfant était mort au momeni de l’arri-

vée de la femme dans le service.

Pour les 58 attres cas, où l’enfant était vivant. au moment de l’arrivée de la femme dans le service, nous trouvons que l'enfant est venu vivant dans 40 cas et qu'il a succombé dans 18 cas. Soit une mortalité totale de 31 pour 100, pour les enfants encore vivants à l’arri-

vée à la clinique.

Voyons quelles sont les conditions qui ont influé sur le résultat que nous venons d'indiquer pour les 58 enfants dont nous allons exclusivement nous occuper.

Il convient d'établir tout d’abord une distinction tranchée suivant la nature de la partie fœtale proci-

dente.

Dans 16 cas, il y eut procidence ou procubitus des

membres seuls : tous les enfants sont nés vivants.

Dans 42 cas, il y eut procidence ou procubitus du cordon seul ou accompagné d’autres petites parties fœtales : les enfants vinrent morts dans 18 cas, soit une mortalité de 43 pour 100.

La procidence ou le procubitus des membres est relativement bénigne au point de vue de la vie de l'enfant : la procidence ou le procubitus du cordon seul ou accompagné d'autres petites parties fœtales est infiniment

plus grave.

‘ Il est classique d'admettre qu'il existe une différence au point de vue du pronostic pour la vie de lenfant

entre la procidence du cordon seul et la procidence du

M7. var

cordon accompagné d’autres petites parties fœtales. La raison que l’on en donne est que le ou les petits mem bres qui accompagnent le cordon protègent ce dernier contre la compression ; ils font coin entre la tête et la

paroi pelvienne et abritent le cordon.

Dans 2 des # cas où l’enfant était mort à larrivée, il y avait procidence du cordon et de petites parties fœtales. Il y a déjà là une coïncidence qui mérite d'attirer l’attention.

Mais laissons de côté ces deux cas pour ne nous occuper que des cas où l’enfant était vivant à l’entrée

dans le service.

1 fois sur 58, il y eut procidence du cordon et des membres. Or, dans 4 de ces 7 cas l’enfant mourut. Nous sommes loin, on le voit, d'arriver aux conclu-

sions classiques.

La protection du cordon par des petites parties fœtales qui l’accompagnent dans sa procidence est très inconstante,

Faut-il établir une différence entre la procidence proprement dite et le procubitus du cordon au point de vue du pronostic pour la vie de l’enfant ?

Dans 35 cas où l’enfant était vivant à l'entrée dansle service, 11 y eut :

27 fois procidence proprement dite: 12 fois l’enfant

succomba.

8 fois procubitus: 2 fois l’enfant succomba.

Si on ne s’en tenait qu’à ces chiffres, on serait tenté

de conclure que le procubitus du cordon est moins grave que la procidence proprement dite.

Mais il faut tenir compte d’un fait important quirend celte conclusion improbable: dans beaucoup de cas où l'enfant succombe soit pendant la période de dilatation soit pendant la période d'expulsion, il y a eu un procubitus du cordon qui est passé inaperçu et on ne peut que soupçonner la cause réelle de la mort. Les accoucheurs expérimentés savent combien ces cas se rencontrent fréquemment en clinique. |

D'autre part, l'application de forceps, intervention qui compromet toujours à un degré variable, la vie de l'enfant, est souvent nécessaire dans les cas de procubitus du cordon, diagnostiqué ou non, au lieu que la réduction mauuelle, intervention de choix dans les cas de procidence proprement dite, ne compromet pas par elle-même la vie de l’enfant.

Cet argument est évidemment moins important que le précédent, mais il n’en a pas moins sa valeur.

Aussi ne croyons-nous pas nous écarter de la vérité en disant contrairement à nos chiffres :

Le procubitus du cordon est au moins aussi grave que la procidence proprement dite au point de vue de

la vie de l'enfant.

Le moment où se fait la rupture de la poche des eaux exerce certainement une influence sur les résultats obtenus par le traitement des procidences du cor don.

Signalons en passant que parmi les 6 femmes venues

à la clinique avec une procidence du cordon et un

AD ee enfant vivant, à avaient eu une rupture prématurée ou précoce des membranes ; chez une seule, la poche des eaux était encore intacte.

Parmi les 18 femmes qui, arrivées à la clinique alors que leur enfant était encore vivant, accouchèrent d'enfants morts, il y en eut 5 chez lesquelles les membranes étaient déjà rompues à l'entrée dans le service.

Le liquide amniotique qui baigne le cordon le protège certainement contre la compression entre la tête fœtale et la paroi pelvienne, malgré la procidence. Le fait est suffisamment démontré par la brusque disparition des battements du cordon que l’on constate trop souvent lorsque, au cours de manœuvres de réduction manuelle, on vient à rompre la poche des eaux dans laquelle on sentait le cordon procident et animé de battements réguliers et rapides.

Sous l'influence de Mme Lachapelle, on a même considéré pendant longtemps et certains pensent même encore actuellement que la vie de l’enfant ne court pas grand danger, malgré la procidence du cordon, tant que les membranes sont intactes. Nous savons aujourd’hui que cette opinion est exagérée et qu'il y a avantage à faire tous ses efforts pour réduirele cordon procident dans la poche des eaux intactes.

Le moment auquel se fait la rupture des membranes a une influence marquée sur le pronostic pour la vie de

l'enfant.

Le moment où se fait la procidence a une influence

certaine sur les résultats obtenus par le traitement,

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