‹ Contribution à l'étude des pseudarthrosesChapitre 7 sur 17 · HAE MORE · texte numérisé non relu

HAE MORE

les tissus cartagileux ou osseux. Des bourgeons charnus, émanant du canal médullaire des deux fragments, s’ossifient isolément.

Quelquefois les fragments s’amincissent et s’effilent en cône chacun de leur côté. Le canal médullaire est bouché à leur extrémité. Les fragments peuvent rester libres ou être unis par des trousseaux fibreux assez analogues à des ligaments. Ces derniers peuvent même être répartis assez régulièrement autour de la fracture, pour lui former une capsule complète.

Quand cette capsule était trop courte, de manière à ne permettre que très peu de mobilité, on a pu observer qu’elle était parsemée des cellules et des éléments spécifiques du cartilage.

Nous trouvons dans la revue de Hayem (1), la description anatomo-pathologique d’un cas de cette variété. La pseudarthrose était consécutive à une fracture de l’humérus, et le membre avait été amputé deux ans après le traumatisme.

1° Elat de la fracture. — Le canal médullaire est oblitéré au niveau des deux fragments; ceux-ci sont reliés par d’épaisses fibres ligamenteuses, qui prennent leur insertion sur les bouts modifiés de l'os. Une véritable absorption interstitielle a eu pour résultat d’arrondir etd’émousser complètement les angles des fragments osseux. Les parties voisines sont saines, à l'exception du nerf radial, qui a été contus dans la fracture. Au niveau du cal, il présente un gonflement fibreux qui ressemble à un névrôme, et il adhère intimement à l’extrémité du fragment supérieur.

de Zlat du membre. — Toutes les articulations sous-jacentes à la fracture sont ankylosées, depuis le coude jusqu'aux

(1) Haye, t. 1v, p. 499, 1874.

TES jointures des doigts. Les os du poignet et de la main ont subi une atrophie considérable; ils sont tellement ramollis que la moindre pression les fait céder. Dégénérescence gr'aisseuse de la fibre musculaire, infiltration adipeuse dans les interstices des faisceaux musculaires.

En parlant de la pseudo-diarthrose, nous avons aussi donné ses caractères ; ils sont ceux d’une articulation normale : fragments libres et mobiles, réunis par un cal fibreux, extrémités fragmentaires convexes ou concaves, lisses, quelquefois recouvertes d’une couche cartilagineuse. D’autres fois, un des fragments se creuse d’une cavité plus ou moins profonde, tandis que l’autre s’arrondit, et la pseudarthrose ressemble assez bien à une énarthrose ou un gynglyme. On peut constater enfin dans cette variété une véritable synoviale sécrétante. La ressemblance avec les articulations normales est donc parfaite. Ces cas, quoique très rares, n’en sont pas moins, nous l'avons dit, très authentiques. Duverney (1) en a observé de ce genre. Lenoir (2) a constaté une fausse articulation, munie d’une synoviale à l’avant-bras d’une femme morte à la Salpétrière. Cette synoviale renfermait plusieurs petits corps cartilagineux.

Et cette ressemblance n’est pas seulement parfaite au point de vue physiologique; elle l’est aussi au point de vue pathologique. Ces pseudo-diarthroses peuvent être affectées, comme les vraies articulations, de rhumatismes, d’épanchement, d’arthrite, d’ankylose et même de tumeur blanche. M. Giraldès (5) a présenté, en effet, à la Société de chirurgie, une fausse articulation atteinte de tumeur blanche.

(1) Duverney, Traité des malad. des os, t. 1, p. 446, 1751. (2) Mém. de la Soc. de chir., t. 11, p. 158.

(3) Bull. de la Soc. de chir., t. 1, p. 550.

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Enfin, on peut trouver sur les fragments des stalactites osseuses, qui sont placées sur les côtés de la fracture et renforcent plus ou moins l’action des bandes fibreuses. Les extrémités osseuses de cette pseudarthrose sont alors d’un tissu assez raréfié et contiennent des vacuoles qui leur donnent assez l'aspect des extrémités spongieuses des os longs, ou bien ces extrémités sont éburnées. On peut aussi y trouver des traces de l’ostéite qui a donné naissance aux stalactites osseuses.

Assez fréquemment, dit Bérenger-Féraud, on a vu les extrémités osseuses infiltrées de tubercules, de cellules cancéreuses, d'hydatides. Les parties molles environnant la pseudarthrose sont souvent indurées, conséquence de l’inflammation amenée par la fracture.

FLE ENS

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