ETUDE CLINIQUE
La symptomatologie des psychôses post-opératoires est très difficile à établir. Rien n’en est en effet plus variable que leurs caractères cliniques et on observe toutes les variétés de délire : exaltation, dépression, idées de persécution, idées ambiticuses, hallucinations, illusions, etc.
Meyssan a essayé une classification symptomatique des psychoses traumatiques, et il distingue quatre degrés :
1° Troubles psychiques purement élémentaires, modification du caractère et de l'humeur, obtusion mentale, amnésie, altération du sommeil, phénomènes névropathiques servant de transition entre les névroses et les psychoses traumatiques proprement dites.
2 Délire de rêve limité à la nuit ou se prolongeant le Jour. :
3 Délire aigu, agité ou stupide.
4 Psychose asthénique à échéance plus ou moins éloignée et caractérisée par un état plus ou moins voisin de la démence paralytique.
SDS ne
; Truelle rapproche le délire des psychoses post-opé-
ratoires du délire des dégénérés. « Dans les états d’exaltation, dit-il, ce n’est jamais à la manie franche que lon a affaire, pas plus que dans les états de dépression à la mélancolie typique, mais à ces états alternants d’excitation et de dépression avec mélange d’hallucinations et d'idées de persécution, mobiles, fugaces, rarement systématisées et qu’en tout cas le malade ne poursuit pas et ne défend pas d'une logique imperturbable, et qui, ultérieurement n’évoluent pas ».
Certains auteurs ont prétendu que la mélancolie était plus fréquente dans les troubles psychiques consécutifs aux opérations gynécologiques. Cela tiendrait, d'après Truelle, à la plus grande fréquence de la forme mélancolique chez la femme, d’une manière générale en aliénation mentale.
L'étude de la marche des psychoses post-opératoires a été négligée par la plupart des auteurs qui ont étudié la question. La notion d'irrégularité est pour eux la seule appréciable.
En étudiant les observations publiées à ce sujet, nous avous cru cependant remarquer que les psy‘hoses de certains groupes avaient le plus souvent une allure as<ez spécial .
Les psychoses survenant chez des aliénés vrais, ayant vu renaître ou empirer leur folie sous l'influence d’une opération, nous ont paru en effet échapper à toute règle au poiut de vue de l’évolution des ascidents. Le plus souvent toutefois les troubles mentaux sont durables.
Les troubles psychiques survenant d’une manière tardive aprés l'opération nous ont paru également très tenaces, d’une maniéré générale.
Les psychoses d’origine infectieuse ou toxique cèdent généralement avec la cause qui les a produites ou assez ‘peu de temps après la suppression de cette cause.
Nous voulons insister surtout sur la marche des psychoses post-opératoiresvraies, survenant chez des sujets à prédisposition nerveuse mais non alénés et s’établissant d’une manière précoce après l'opération.
En parcourant les cas de ce genre publiés jusqu'alors, nous avons remarqué qu'ils guérissaient souvent sans laisser de traces au bout d’un temps assez court, variant le plus souvent entre un ou deux mois.
Enfin nous croyons pouvoir signaler une particularité observée dans quelques cas d’une manière très nette. Dans un cas rapporté par M. Hartmann et dans deux observations personnelles recueillies dans le service de M. Routier, la psychose a persisté pendant toute la durée du séjour des malades à l’hôpital et a cédé subitement dès que ces malades ont été rendus à leur famille.
OBsERvATIoN IV (personnelle).
Mme C..., âgée de 36 ans, entre le 15 janvier 1900, salle Fouché, n° 10, dans le service du D' Routier, à l’hôpital Necker.
Cette malade ne présente pas dans ses antécédents héréditaires de tare nerveuse. On ne connaît pas d’aliénés dans sa famille,