DRE 4 4 LEE
En 1887, Traube relate sept cas de folie consécutive à des opérations chirurgicales.
La même année, Polaillon relate un cas de folie consécutif à une hystérectomie abdominale avec castration.
Bataille signale quelques cas intéressants, dans sa thèse, sur le traumatisme et la névropathie.
M. Charpentier, dans une classification du délire chronique et des idées morbides de persécution, distingue un groupe d'origine traumatique où chirurgical.
Edward, de New-York, publie un travail sur les psychopathies aiguës à la suite des opérations de gynécologie. [l rapporte dix observations, dont trois personnelles.
Czempin signale cinq cas consécutifs à des opérations sur le rectum ou les organes génitaux.
En 1838, Werth, de Kiel, signale six cas de folie sur 228 opérations gynécologiques. Il attribue ces troubles mentaux au traumatisme opératoire.
Sheperd relève six cas de troubles mentaux consécutifs à des opérations diverses et les attribue surtout au traumatisme opératoire.
Sanger cite, au contraire, deux cas, dans lesquels il incrimine l’iodoforme.
En 1889, les observations se multiplient.
En France, M. Mairet fait, à Montpellier, deux cliniques sur les folies post-opératoires. Il attribue une grande importance aux troubles de la nutrition succédant aux opérations graves. Il admet que les opérations gynécologiques prédisposent particuliérement 4
To Er
la folie post-opératoire. C’est également l'avis de son élève Denis (Thèse de Montpellier, 1889).
Dufournier met au point la question dans les « Archives générales de médecine. »
A l'étranger, Dent publie cinq observations d’aliénation mentale consécutive à des opérations chirurgicales.
Gaillard Thomas présente à l’Académie de Médecine de New-York un mémoire de vingt-six cas de folie post-opératoire publiés précédemment et auxquels il ajoute six cas personnels. Cette communication provoque une discussion à laquelle prennent part J.-B. Hunter, Nicholes, Paul Mundé, William Polk, Towsend d’Albanv, Landon Carter Gray, Alf. Loomis. Ces auteurs apportent douze faits nouveaux et concluent que la chirurgié gynécologique n’expose pas plus aux troubles mentaux que la chirurgie générale. Pour eertains, cependant, les perturbations de Pappareil génital peuvent jouer un certain rôle dans la production des accidents. Quant à la cause véritable de ces accidents, elle ne fut pas élucidée; les avis divergérent.
Raffaelo Gucci, la même année, rapporte quatre cas de folie post-opératoire survenue chez des prédisposés.
En 1890, M. Pozzi publie un important travail, dont les conclusions méritent d’être retenues.
« Après l’ovariotomie, dit-il, plus encore qu'après toute autre opération portant sur les organes génitaux de la femme, on a observé l'apparition de troubles cérébraux de la catégorie de la manie aiguë ou de la lypémanie. C’est surtout chez les sujets présentant des antécédents héréditaires que ce fait peut se produire;
re
mais il peut aussi, dans des cas trés exceptionnels, apparaitre Sans aucune cause connue. On doit toujours, en pareil cas, rechercher avec le plus grand soin, s’il n’y à pas d’alcoolisme ou si l'absorption d'iodoforme w’explique pas les troubles cérébraux. Pour ce qui est des cas analogues observés après des opérations portant sur la vulve, le périnée, le col de l’utérus, la mamelle, 1l est difficile de se défendre de l'idée qu’on avait affaire à des névropathes, chez lesquelles une circonstance quelconque devait tôt ou tard amener une catastrophe imminente ».
M. Parinand publie, la même année, trois cas de folie post-opératoire après des interventions sur l'œil. Il les attribue à l’occlusion compressive des veux par le pansement.
M. Valude étudie également le délire à la suite des opérations sur l'œil. Il fait entrer en hgne plusieurs facteurs étiologiques, mais il attribue une importance prépondérante à la prédisposition nerveuse.
. À Pétranger, Frankl-Hochwart essaie une classitication étiologique basée sur vingt-sept observations.
Calderon admet que le délire consécutif à l'opération de la cataracte n’est autre qu’un délire alcoolique.
En 1891, M. le professeur Le Dentu relate douze cas pérsonnels dans deux importantes lecons cliniques. Ces cas sont reproduits dans la thèse de Vène, de la même année.
En 1892, des faits nouveaux sont apportés par M. le professeur Debove et par M. Rendu à là Société médi-
PERS" Pi cale des hôpitaux, par M. Segond au congrés .de Bruxelles.
En 1893, quelques cas sont relatés dans une discussion, à propos des prolapsus utérius, à la Société de chirurgie de Paris.
M. Régis, de Bordeaux, publie un cas de folie chez une prédisposée, à la suite de lovariotomie.
Notons encore les travaux de HE de Rohé de Baltimore, de Ferannini.
En 1894 nous relatons les publications de Van Hassel et de Jacobs, de Bruxelles.
En 1895 paraissent la thèse de Musin à Lille, les travaux de Krœæmer ct Rudolf Læwy à l se
En 1896, paraît la thèse de Seeligmann (Nancy). Dans cetie thèse inspirée par M. Weiss, l’auteur accorde une importance prépondérante aux opérations gynécologiques dans la production de ces délires. Il admet toutefois le rôle considérable de la prédisposition héréditaire ou acquise.
John Wilson dans un travail paru la même année, admet également le rôle de la prédisposition nerveuse.
En 1897, parait le travail de Simpson et la thèse de Marler.
En 1898, Cestan publie un travail sur les accidents nerveux au cours de l’empyéme et relate différents troubles intellectuels consécutifs aux interventions sur la plévre.
Cette même année paraissent les thèses de Truelle, de Mn° Margoliès, de Guyot, à la Faculté de médecine de Paris.
HP, (pee
Mais la source la plus importante de documents est fournie par l’importante discussion soulevée à la Société de Chirurgie de Paris par les communications de MM. Picqué et Briand (2 mars 1898). La plupart des chirurgiens des hôpitaux apportérent des faits personnels et donnérent leur opinion. Nous citerons surtout les communications de MM. Walther, Richelot, Reynier, Monod, Segond, Lucas-Championnière, Routier, Hartmann, Potherat, Tuffier, Poirier, Bouilly, Ollier, Gérard-Marchant, Le Dentu, Berger.
M. Picqué, dans la séance du 25 mai 1898 résume ainsi les résultats de la discussion :
1° Chez les malades qui se présentent au chirurgien, il faut tout d’abord distinguer les fous véritables, qui le sont au moment où ils le consultent et qui ne viennent solliciter les secours de la chirurgie que sous l’empire d'idées délirantes ou obsédantes.
Si on les opère, ils présentent après l'opération des interprétations délirantes comme ils en ont présenté avant.
2° En dehors de cette catégorie de malades, qui ne peuvent rentrer dans le cadre des psychoses post-opératoires, il existe toute une classe de sujets qui ne présentent aucun délire au moment de l'opération, mais qui sont cependant susceptibles de délirer plus ou moins longtemps après.
Ce sont ces délires qui constituent réellement le domaine des psychoses post-opératoires.
On doit en séparer les délires par intoxication et les délires septicémiques.