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Les véritables délires post-opératoires ne sont pas provoqués plus Spécialement par les opérations gynécologiques. Les interventions pratiquées dans toutes les régions peuvent provoquer des psychoses.
La plupart des malades qui en sont atteints sont pour
la plupart, ou d'anciens aliénés, ou des prédisposés par voie héréditaire.
La prédisposition héréditaire toutefois, quelle que soit son importance, ne constitue que le terrain; la cause dominante doit être envisagée à part et, bien qu’elle ait besoin de la prédisposition, pour produire son effet utile, elle tient une grande place dans Fhistoire de la psychose.
Les causes déterminantes sont multiples: il faut signaler la frayeur opératoire provoquée par lPentourage et souvent par les médecins (Segond), la sidération de certains malades par la peur (Berger), le changement d’habitudes (Gérard-Marchant), le chagrin causé par la perte d’un organe.
A la suite de cette importante discussion la question fut de nouveau examinée au Congrès des médecins aliénistes etneurologistes tenu à Angers du ? au6 août 1898.
Enfin en 189) parut à Bordeaux la thèse de Meyssan sur les psychoses traumatiques qui ont des relations étroites avec notre sujet.
DEFINITION. ÉTIOLOGIE
Ainsi que le montre l’historique de la question, les discussions au sujet de la nature et de l’étiologie des psychoses post-opératoires ont été nombreuses et ardues. Les circonstances dans lesquelles surviennent ces accidents sont en effet le plus souvent complexes et il est bien difficile de décider quel est le facteur étiologique actif au milieu du grand nombre d'éléments qui Jouissent d’une action possible et légitime.
La définition même de la psychose post-opératoire est difficile à établir.
Un individu qui à diverses reprises a présenté des signes non douteux d’aliénation mentale subit une opération chirurgicale. L'équilibre instable dans lequel vivait la pensée du malade est rompu. La folie qui avait subi une interruption plus ou moins longue réapparaît. Que l’on fasse intervenir un facteur ou un autre, le traumatisme, l'émotion, l’intoxication, l'infection, peu importe. L'opération a été l’agent de décianchement qui à ouvert la porte à la folie, mais la moindre circonstance eut pu agir de même et on ne doit considé-
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rer ici le traumatisme chirurgical que comme une action banale. Il importe peu de l’analyser et de l'étiqueter. À
Voici un fait typique, facile à classer et ce n'est pas lui qui aurait soulevé la discussion. Maïs mérite-t-1l vraiment le nom de psychose post-opératoire ?
Voici maintenant un deuxième cas. Un malade, homme ou femme, névropathe héréditaire ou acquis, ayant même parfois présenté des accès passagers de manie, subit une opération légitime et quelconque. Les suites opératoires sont bonnes. Le malade guérit sans complications. Une fois la guérison accomplie, un mois, deux mois, trois mois après, des idées vésaniques apparaissent, le malade doit être interné dans une maison de santé. Est-il légitime de mettre sur le compte de l'opération ce délire tardif et peut-on appeler cette psychose post-opératoire ? Nous ne le croyons pas, rien ne le démontre et il n’est rien qui établisse la relation entre l'opération et le trouble mental. Pourquoi ne pas admettre aussi bien une simple coïncidence.
Nous croyons qu'il est nécessaire de limiter la qualfication de psychose post-opératoire aux troubles mentaux qui paraissent liés directement à l’acte opératoire lui-même, c'est-à-dire au traumatisme avec son cortège d'émotions, de souffrances physiques et avec les modifications qu’il apporte momentanément à la vie organique du sujet.
Pour qu’une telle relation soit apparente, il faudra nécessairement que la chaîne qui relie l'opération et la psychose n'ait pas été rompue, que le trouble psychi-
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que apparaisse pendant la période d’influence probable de l'acte opératoire.
À notre avis, les psychoses post-opératoires devront donc apparaitre d'une maniere relativement précoce par rapport à l’opération, et sans nier que des psy- * choses post-opératoires tardives puissent exister, nous croyons n’avoir aucun moyen de contrôle pour les affirmer. |
Parmi les psychoses qui suivent de prés l'opération, des éliminations sont encore nécessaires.
Certains délires post-opératoires sontdes délires infectieux. Peut-être peuvent-ils survenir avec une suppuration locale sans infection générale. Maisleplussouventils accompagnent les infections généralisées. Ils sont alors analogues, au point de vue pathogénique du moins, aux délires que l’on rencontre au cours des diverses maladies infectieuses. Que le traumatisme crée un terrain spécial, qu'il cause un affaiblissement considérable propice aux manifestations délrantes cela est fort possible. Les émotions, la douleur peuvent ézxalement y contribuer. Mais le rôle principal s mble revenir à liufection.
Nous relatons ci-de-sous deux observations de déiire survenu dans ces Conditions.
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OBsEeRvATION I (rosumée).
Monod. Société de Chirurgie, 30 mars 1898.
Dans ce cas il s’agit d'un homme, palefrenier, âgé de 36 ans. Ilétait exempt de toute tare éthylique.
Je dus lui faire une amputation de cuisse, pour une fracture compliquée de la jambe, avec infection du foyer de fracture.
La réunion de la plaie opératoire eut lieu par première intention et, malgré cela, ce malade présenta pendant plus d’un mois des symptômes nerveux assez variés : délire, amauésie, troubles du langage, hallucinations, etc., etc. S’agissait-il là d’un délire septicémique, dû à l'infection préopératoire ? Je ne saurais l’affirmer, mais pour ma part, je dois avouer qu'ayant vu autrefois des septicémies, . je n’ai jamais observé en pareil cas de tels troubles nerveux. ,
OBsERVATION IL. (résumée)
Guyot (Thèse de Paris).
J. L..., 30 ans, terrassier. Necker le 11 mai 1896, dans le service de M. Le Dentu, lit 17, salle Malgaigne.
Antécédents héréditaires. — Nuls.
Antécédents personnels. — Aucune maladie antérieure. Cet homme ne présente aucun des signes communs d'éthylisme. Il boit cependant un peu, de temps à autre, mais assez modérément.
Histoire actuelle. — Ce matin en conduisant ses chevaux atlelés à un camion, il fait un faux pas sur un cailloux, tombe et se trouve pris sous l'une des roues du camion qui lui comprime le flanc gauche, le flanc droit appuyant sur le bord du trottoir.
Le lendemain de son entrée, en examinant ce malade on constate
une fracture des deux dernières côtes gauches, Douleurs très vives généralisées à tout l'abdomen. Contraction considérable des muscles de la paroi empêchant de rien sentir au-dessous et donnant la sensation d'un ventre de bois. Lé malade n'urine pas spontanément, On le sonde sans difficulté et le cathétérisme ramène de l'urine sanglante.
On songe à la possibilité d’une contusion du rein, mais on fait des réserves sur l’état des autres viscères ahdominaux. Toutefois, le malade n’a ni nausées ni vomissements. Il se plaint des reins, du ventre et des james.
Le 13 au matin en présence de l’état général grave et de la vive douleur abdominale avec anxiété et urines sanglantes, le pouls étan d’ailleurs à 120 par minute, très dépressible, M. Le Dentu juge l’intervention urgente,
Anesthésie à l’éther.
‘ Incision médiane. La vessie est rompue verticalement sur sa face antérieure depuis son sommet jusqu’à un demi-centimètre du col environ. Les parois de la vessie étaient rétractés et profondément retirés dans le bassin. Leur infiltration les avaient rendues si friables que l’on dut renoncer à tenter une suture de la vessie. Le pouls du malade élait devenu excessivement faible, il fallait rapidement terminer l’opération. Deux points de suture, un de chaque côté fixent en haut les bords de la rupture vésicale le mieux possible aux lèvres de la plaie opératoire.
Les décollements latéraux sont bourrés de gaze iodoformée et un drain faisant siphon dans un récipient est placé dans ce qui reste de cavité vésicale. Quelques points de suture sont pratiqués pour rétrécir en haut la plaie cutanée et éviter l'éventration.
1% juin. — Le pouls est moins rapide, 120 au lieu de 132 que l’on comptait la veille, Etat mental excellent.
16 juin. — Pansement, suppuration assez abondante , odeur am- moniacale très prononcée ; cependant la sonde à demeure fonctionne bien. Lavages boriqués. L'état général est meilleur, mais le malade est très pâle. Le pouls el la respiration sont moins fréquents, Pansement et lavage chaque jour. Mais avant cette intervention, le malade présente du délire, ;
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Chez lui, le délire prend une forme dépressive; c’est un délire triste avec idées de persécution. Le malade parle bas ou à mi voix. 11 marmotte entre ses dents des phrases le plus souvent incohérentes : et même privées de sens, ou bien il dit qu’on veut le faire souffrir et le martyriser. Îl essaie d'enlever sa sonde uréthrale ; mais il la laisse remettre avec soumission quand on lui parle d'un ton autoritaire. il laisse faire avec calme tout ce que l’ou ordonne et prend alors une expression triste et résignée., L'appétit est diminué ; teint cachectique ; amaigrissement progressif.
Le malade veut s'habiller pour partir, prétendant qu'on jui en veut et qu'on le persécute à l'hôpital. Lorsqu'il est surpris en train de mettre ses vêtements, il devient crainlif et tremblant ; il s'efforce de prouver qu'il n’a pas mauvaise intention, s'excuse comme un enfant qui craint une remontrance.
Parfois, revenant à sa profession, il s'adresse à ses chevaux pour les exciter à Lirer, ou bien il croit parler à un malade imaginaire au-. quel il donne des conseils. ;
Chez ce malade le délire a donc deux caractères persistants : le délire professionnel et les idées de persécution.
À partir du 15 juin le délire a disparu, la plaie s’est rapidement rétrécie et actuellement il ne reste que la place occupée par le drain. L'appétit est revenu, le faciès est meilleur. Le malade est gai, raisonue bien, il reconnait parfaitement tous les gens du service. Quelque temps après le malade quitte le service complètement guéri.
Dans un deuxième ordre de faits rentrent les psychoses par intoxication.
” ElléS $Survieñnent soit Sous l'influence dés intoxieations médicamenteuses, soit à là suite d’auto-intoxications.
Parmi les intoxications médicamenteuses pouvant