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Description
La pyohémie cryptogénétique nous montre une variété infinie .de symptômes. Elle se présente en résumé sous deux formes principales :
1° La pyohémie à forme généralisée, intéressant presque toutes les fonctions de l'organisme. et reproduisant dans son intégrité l'infection purulente chirurgicale.
Cette forme est excessivement rare.
2° La pyohémie caractérisée par la prédominance des troubles localisés sur un organe plus intéressé que les autres, bien que l’infection soit incontestablement générale. |
Symptômes communs. — Néanmoins ces différentes formes ont quelques symptômes communs que nous allons passer en revue.
Période d'incubation. — La pyohémie cryptogénétique semble souvent débuter d'emblée. Cependant quand on examine bien un malade, on apprend que depuis quelque temps déjà il éprouvait un malaise général, une perte d’appétit, de la céphalée, des douleurs erratiques dans les membres.
Il nous semble toutefois impossible de déterminer la durée de cette période par la simple raison,
qu'on ne connaît ni le moment de l’envahissement de l'organisme par les microbes, ni leur porte d’entrée:
Période d’invasion. — Commence généralement par des frissons violents, pouvant manquer et être remplacés par des frissons légers, des frissonnements. Les symptômes de la période d’incubation s’accentuent,
Période d'état. — La maladie revêt alors plusieurs modalités. Elle peut affecter la forme d’embarras gastrique, de fièvre typhoïde, la forme grippale, ou rhumatismale, etc. Le malaise général, l’abattement peuvent arriver à l’adynamie, à la prostration profonde avec le visage pâle, terreux, cyanosé; la peau sèche, les yeux enfoncés.dans l'orbite. La langue peut étre saburrale et quelquefois rôtie, les dents fuligineuses ; au lieu des tendances à Fadymanie, on trouve parfois de l’énervement, de l'excitation plus ou moins légère.
La respiration accélérée ; dyspnée plus où moins intense est dûe à l’action des toxines du sang,
Le pouls fréquent avec 100, 140 et 150 pulsations. Quelquefois il est irrégulier, intermittent. Il peut être bigiminé, dicrote ; devenir filiforme ét mou.
Anorexie ; parfois diarrhée. Rate et foie hypertrophiés comme dans toutes les maladies infectueuses,
Urines légèrement albuminuriques,.
Ces phénomènes plus ou moins accentués peuvent
où s’aggraver, et le malade tomber dans la consomption et mourir, ou bien s’amender et la guérison se faire plus ou moins rapidement.
. Température. — Durant le cours de la maladie il y a à peu près constamment de l'hyperthermie. Elle peut prendre un type rémittent ou intermittent avec intensité plus ou moins variable. Elle atteint le maximum au moment de l’éclosion des abcès. |
Marche et durée. — La marèhe de la maladie est essentiellement irrégulière. Tantôt elle est aiguë et sa durée peut être limitée à quelques semaines, tantôt elle est chronique, elle est alors caractérisée par des abcès à répétitions apparaissant à d’intervales inégaux.
Dans le cas que nous avons observé l'infection purulente a ainsi évolué : Début par un frisson suivi d'un malaise général pendant 6 jours. Nouveau frisson avec 40.5. Signes d’embarras gastrique. Fièvre continuée. Puis apyrexie. Les jours suivants la fièvre revient. Durée de quelques jours; enfin ;symptômes de rhumatisme infectieux localisé aux genoux et aux coudes et apparition d’abcès à répétition.
Pronostic. — Le pronostic, des pyohémies cryptogénétiques, est plutôt favorable si la suppuration reste superficielle et s’il n’y a pas de formation d’abcès dans les organes.
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Nous nous dispenserons de décrire la pyohémie cryptogénétique généralisée. Elle ressemble en tous points à la pyohémie chirurgicale. Nous allons étudier les infections purulentes localisées, nous réservant d’insister sur les variétés qui nous semblent devoir davantage attirer et retenir notre attention.
Localisations cardiovasculaires. — On cite quelques cas d’endocardites, d’aortites d'origine inconnue. M. Jaccoud a, le premier, démontré (Chronique de la Charité, 1886, leçon du 22 mai 1886), la possibilité, en décrivant une endocardite d’origine intrinsèque, sans infection externe.
Localisations broncho-pulmonaires. — On sait
combien souvent on trouve des abcès dans les pou-
mons. Mais à côté de ces abcès on décrit des bronchopneumonies précédées d'infection générale et n’en étant qu’une manifestation.
MM. Hutinel et Glaisse les ont vues se produire chez des enfants porteurs d’excoriations légères à la langue — porte d’entrée vraisemblable de l'ouverture. D'autre part, on a des exemples de broncho-pneumonies à coli-bacille. Comment expliquer cette infection autrement que par la circulation ?