Système de M. Charles Ducas
1895, à la suite d’un procès retentissant qui est encore présent à la mémoire de tous.
Toutefois, cette division primordiale des criminels entre les colonies pénitentiaires était insuffisante et cette insuffisance n’a pas été sans frapper l’administration qui y a remédié, dans la mesure du possible, ainsi que, nous le constaterons en étudiant le régime disciplinaire, par des classifications basées sur l’état moral des transportés et par l'affectation de camps spéciaux aux plus endurcis.
Enfin, l’une des mesures par lesquelles le législateur de 1854 a le plus manifestement témoigné son désir de débarrasser la métropole des malfaiteurs dangereux, l’obligation de résidence perpétuelle pour les condamnés à plus de 8 ans, a été l'objet des plus vives critiques dont M. Da Foresta, procureur général d’Ancône, a été l’écho au congrès des prisons tenu, en 1873, à Londres.
Ce savart criminaliste s'exprimait ainsi :
« Ce système me paraît détruire entièrement la
gradation des peines.
« En imposant une peine perpétuelle à celui
« qui est condamné à 8 ans pour un simple vol
avec effraction ou pour coups et blessures, « aussi bien qu'à ceux qui ont été condamnés à
« vie comme assassins ou voleurs de grand che-
BLARE ARE min, tout se trouve ainsi injustement confondu dans la même sentence ».
« Le premier, ilest vrai, devient libre dans la colonie après ses 8 années de peine, mais le second le deviendra aussi, conditionnellement, s'il se conduit bien, et se trouvera traité sur un pied d'égalité avec l’autre. En outre, la différence entre les condamnés en cours de peine et les libérés n’est pas si grande dans les colonies pénitentiaires que ces derniers souvent n’en viennent à regretter de n'avoir pas été plus longtemps logés, nourris et vêtus par le gouvernement ».
« En résumé, le système français établit plusieurs catégories de peines perpétuelles, ce qui est contraire aux principes modernes qui n’admettent qu'un genre de peine pour les condamnés à vie ».
Il faut le reconnaître, quels que soient les pro-
grès réalisés, toutes ces critiques sont au moins en