ROSES
Hybrides osseux. — Nous n’en avons retrouvé qu'un cas, publié par Patoire dans la Presse médicale en 1901, et encore son auteur n’admet-il qu'il y eut hybridité que dans une courte phase de l’évolution.
OBSERVATION DE PATOIRE
F.. Félix, 22 mois, a les antécédents héréditaires suivanis : père âgé de 33 ans, a eu la syphilis à 20 ans, ne s'est pas soigné et s’est marié à 23 ans, malgré l'avis de son médecin. À 98 ans, il a présenté des accidents cérébraux, pour lesquels il a été interné. Traitement antisyphilitique, guérison.
Mère mariée à 21 ans et bien portante actuellement ; n'a pas eu d'accidents apparents, n'a pas été traitée ; à eu sept grossesses, dont quatre fausses couches, un enfant mort-né etun enfant né à 9 mois mactré. Félix, le seul survivant, a été procréé après l’internement du père et par conséquent après une période de traitement.
À 18 mois, l'enfant, qui s'était bien porté jusque-là, perd l'appétit, devient chétif. En même temps, apparaît sous la plante du pied droit une petite tumeur qui est incisée et pansée, mais se reproduit ensuite plus volumineuse. D'autres tuméfactions, se montrent en divers points du corps; des ganglions apparaissent dans la région de la mâchoire, quelques-unes des tuméfactions se ramollissent et suppurent.
Examen quatre mois après le début des accidents (juin 1897). Enfant cachectique. Diarrhée intermittente, pas de fièvre, rien du côté des organes thoraciques et abdominaux.
Yeux et oreilles normaux.
Tégument externe et squelette : sur la plante du pied droit, production gommeuse incisée mais reformée, un peu rénittente, n'intéressant que la peau. A la face antérieure du tibia gauche, au niveau du maxillaire inférieur droit, à la partie postérieure et supérieure du ceubitus droit, sur le pariétal gauche, un peu en arrière de son point d'union avec le frontal, tuméfactions dures, à limites peu marquées, généralement peu volumineuses comme étendue et comme épaisseur, sur lesquelles repose la peau intacte et non adhé-
rente. Sur le tibia droit. épaississement notable, mais moins volumineux. Ganglions sous-maxillaires et sus-hyoïdiens durs, volumineux, non fusionnés, non adhérents.
À côté de ées foyers non ouverts, trois ont suppuré : sur la malléole externe gauche, otifice assez large nettement circulaire à bords non décollés suppurant peu et par lequel on arrive avec la sonde cannelee sur le calcanéuim.
Sur le dos de la main gauche, au niveau du second métacarpien, à la partie supérieure et postérieure du cubitus gauche, foyers de même aspect, tissu environnant sain.
En grattant un peu le fond on ramène quelques parcelles osseuses et des débris caséeux en petite quantité.
Dirgnostic. — Hérédo-syphilis, gommes, ostéite et périostite gommeuses, cachexie.
Traitement.— Frictions journalières avec 2 grammes d'onguent napolitain, K. I. 5o centigrammes par jour, pansement, traitement général.
Très rapidement, amélioration considérable de l’état général et des lésions locales. Deux mois après le début du traitement, l'enfant a augmenté de près de 2 kilos. Etat général excellent. De la gomme plantaire et de l’épaississement du tibia droit, il ne reste rien. Les foyers suppurés du cubituset du métacarpien gauche sont fermés; celui de la malléole externe est en voie de cicatrisation; quaut aux autres lésions, il faut les chercher tant la tuméfaction est réduite.
Pendant trois ou quatre mois, tout va bien et l'enfant marche vers une guérison complète; mais l'amélioration va moins viteet ilse fait une sorte d'arrêt dans la cicatrisation du dernier foyer. L'état général de l'enfant reste d’ailleurs toujours très bon.
Ce traitement est continué péndant quinze jours chaque mois, sans arriver à un résultat plus complet. Puis petit à petit, on observe unè série de changements défavorables à l'état local; le foyer de la malléole externe paraît s'étendre; les bords en deviennent décollés, irréguliers, du pus grumeleux apparait, de petits clapiers se forment sous la peau décolle. Les foyers cicatrisés de la main et de l'avant bras se rouvrent et prennent une apparence identique. Tous les foyers anciens réapparaissent ou se rouvrent. Au début, croyant à une poussée nouvelle de syphilis, j'augmente les doses de mercure et d'iodure. Plusieurs foisil y à menace de
stomatite, sans que les lésions soient améliorées, état général conservé.
En septembre 1018, consultation avec un chirurgien qui, non prévenu des antécédents du malade, déclare qu'il s’agit de tuberculose : curettage des foyers suppurants.
A la suite de cette intervention, cicatrisation assez rapide des foyers pariétal et tibial gauche, amélioration monteutanée «les autres. Puis, nouvelles suppurations osseuses et ganglionnaires. Nouvelle intervention en décembre 1809: Guérison successive des foyers des deux cubitus, du mélacarpien gauche et du ganglion épitrochléen ; les autres s'améliorent très lentement, les ganglions du cou sont devenus énormes, l'enfant a maintenant l'aspect très net d'un scrofuleux. ctat général bon. Le traitement spécifique repris à difiérents intervalles à a donné aucun résultat. Ou l’a suspendu depuis quelques mois el il n'y a pas eu aggravation.
Pour finir cette observatiou, je signale particulièrement un fait que j’ai connu seulement dans le courant de l’année 1899 : Ja bonne qui soignait l'enfant etle pansait était traitée depuis longtemps pour tuberculose pulmonaire, ses crachats contenaient des bacilles .
L'examen de la culture des débris provenant des foyers n'a rien donné : une première inoculation faite en décembre 1899 est resiée säns résultats; une seconde faite en mai 1900 a amené la mort du cobaye en cinq semaines, avec des iésions tuberculeuses caractéristiques.
Patoire ne pense pas que, malgré l'absence d’inoculation au début, il y ait eu tnberculose dès le début. L'observation, dit-il autorise donc à penser que les événéments se sont ainsi succédés : au début, lésions syphilitiques sans mélange, puis, à un moment qu'il est impossible d'établir, inoculation d’un des foyers par le bacille de la bonne. Pendant un temps très court, hybride de syphilis et de tuberculose; finalement, la tuberculose persiste seule et l'enfant devient un scrofuleux.
Hybrides viscéraux. — Ceux-ci se rapportent surtout à des lésions pulmonaires et à ce point de vue, nous citerons d’abord un certain nombre d'observations, où
est signalé l'envahissement secondaire de gommes pulmonaires par le bacille de la tuberculose.
OBSERVATION DE GOUGENHEIM
M. Gougenheim présente les deux poumons d’un sujet syphilique mort dans son service à l'Hôtel-Dieu annexe.
Ces organes sont le siège d’altérations très différentes, tout au moins au point de vue macroscopique. Le poumon droit présente une lésion récente {infiltration tuberculeuse généralisée) son volume est énorme et à la coupe il montre une couleur violacée très prononcée. Le poumon gauche est au contraire très atrophié; sa coloration est pâle, le tissu morbide est exsangue, d’une dureté pierreusé, circonstrivant des cavités de volume très variable, à parois déchiquetées; au sommet, se trouve une caverné immense; dans d’autres parties, on constate l'existence de dilatations très nombreuses et très étendues.
À la base de ce poumon et remontant un peu vers le sommet, se voit une pleurésie partielle, remplie d’un liquide laiteux, tenant en suspension de la matière caséeuse.
Enfin, pour terminer cette description, où wentionnera à la base du poumon droit, l'existence d'une masse de tissu calcaire, friable, ramollie à son centre, et due, soit à une régression d'une vieille gomme, soit à Ia crétification d’une encienne pleurésie.
Inutile de signaler davantage l'aspect Hdtoeténsoe diftérentde ces deux lésions. Mais ce qui fait surtout l'intérêt de ce cas, c'est que le malade, homme de 45 ans, avait été traité par M. Gougenheim à l'hôpital temporaireil ya plus d’un an. Il avait alors une syphilide ulcéreuse et serpigineuse des deux avant-bras et du tronc, et aux deux jambes des traces manifestes d’ulcérationssyphilitiqueset degommes.En même temps, le malade avait l'apparence et les lésions d'un phtisique ordinaire. Ii était cachectique, et à l’ausculiation du sommet gauche, on constatait tous les signes sthétoscopiques de l'existence d’une caverne. Il estévident que,sans la coexistence de la syphilide tertiaire, il n’y avait aucune raisons d'admettre une autre maladie qu'une phtisie pulmonaire ordinaire.
‘ Getraitement sxpRI Fi futadministréet M. Gougenheim