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syphilis rare; que la scrofule a existé de tous temps, et que la syphilis ne date que du xv° siècle.
C'est Lebert qui nie également cette union intime de la syphilis héréditaire et de la scrofule.
C’est surtout Bazin (Leçons sur la scrofule, 1861) : « Si les parents, dit-il, sont scrofuleux ou syphilitiques, üls pourront transmettre à leurs enfants l'une ou l’autre maladie, ou toutes les deux à la fois. Je n'admets pas la dégénérescence ou la transformation ‘de l’une dans l’autre par voie d’hérédité. »
Mais, à côté de la négation absolue des rapports de la syphilis héréditaire et de la scrofule, à côté de l'affirmation de la transformation de l'une dans l’autre, il y à place pour une troisième opinion : la syphilis hérédifaire agissant comme cause débilitante, et arrivant de. ce fait à être non pas la, mais une des causes prédisposantes de Ia scrofule et de la tuberculose. Cette opinion a pour elle de nombreux auteurs et non des moindres.
Lugol, accusé par Bazin d'être partisan de la doctrine de la transformation de la syphilis en scrofule, était beaucoup moins affirmatif. Il écrivait en 1845 dans ses Recherches ef observations sur les causes de la maladie scrojuleuse : « Quoique les rapports de cause entre la syphilis et la scrofule soient très communs, Astruc leur a néanmoins donné une trop grande extension. quand il a avancé qu'on doit regarder comme née de la syphilis dégénérée la scrofule qui survient chez des enfants, dont aucun des parents ascendants n'est écrouelleux ni rachitique ; car selon cette proposition, la scrofule ne naîtrait que d'elle-même ou de la maladie vénérienne; proposition évidemment erronée, comme nous le verrons plus bas, en étudiant les autres sources nombreuses dont la scrofule peut provenir. » Et plus bas : « Enfin, à toutes ces comparaisons négaüves, il faut ajouter l'histoire même des causes de la scrofule, lesquelles sont nombreuses et peuvent pro-
er
duire cette maladie, en l'absence de toute espèce d’affection vénérienne. »
Dans son Traité de l'Auscultation médiate, à l’article tuberculose du poumon, Laënnec soutient une opinion analogue en ces termes : « Quoique le fait ne soit pas encore démontré, il est au moins très probabie dans l'état actuel de la science que, … les affections syphilitiques dégénérées.…, sont quelquefois la cause occasion- . nelle du développement des tubercules; mais rien ne prouve que ces causes suffiraient pour en produire, chez . les sujets qui n'y seraient pas naturellement disposés, puisqu'elles ne sont suivies que très rarement du développement de la phtisie. »
Lancereaux écrit dans son Traité de la syphilis (1866) : « Quant à moi, j'ai observé seulement trois cas où la syphilis m'a paru avoir joué le rôle de cause provocatrice, par rapport au développement de la tuberculose pulmonaire. »
J. Franck, dans son Traité de pathologie interne, traduit par Bayle en 1857, parlant de la phtisie scrofuleuse, ne range lui aussi la syphilis que parmi les causes excitantes.
Fournier, en 1875, dans un article de la- Gazette Hebdomadaire, est d’un avis semblable: la syphilis peut agir sur le poumon de deux façons bien distinctes : 1° elle peut agir sur lui directement, par influence spécifique, en déterminant des lésions propres, que nulle autre. cause ne saurait produire; 2° elle peut agir indirectement par l'intermédiaire des troubles nutritifs qu'elle provoque dans l'organisme, en déterminant alors des lésions communes, à savoir des lésions tuberculeuses. : En d'autres termes, la syphilis sert parfois d’origine à la phtisie vulgaire. »
Jaccoud et Bouchut, enfin, n'admettent la syphilis que comme cause occasionnelle de la tuberculose.
Pour terminer, citons cette phrase de Homolle : « Les rapports de la syphilis héréditaire tardive et de la scrofule sont différemment appréciés. Il est impossible de
confondre ces deux maladies et on n'est pas autorisé, il me semble, à considérer d’une manière générale, la scrofule comme un rejeton ou une transformation de la syphilis, ainsi que l’admettent Wilson et Jordan par exemple; mais on doit reconnaître que la syphilis des parents peut, comme toute cause débilitante, favoriser le développement de la scrofule chez les enfants... Hutchinson et Paget, pour ne citer que deux autorités, n’admettent pas que la syphilis héréditaire prédispose d’une facon spéciale à la strume ou à la phtisie; la principale cause d’hésitation dans le jugement à porter sur ces relations pathologiques, vient de l'incertitude de nos connaissances sur la scrofule. »
Cette dernière phrase résume bien ce que nous avons dit au début de l'étude de cette période. La délimitation entre scrofule et tuberculose, entre scrofule et manifestations de syphilis héréditaire tardive, n’est pas assez clairement faite par ces auteurs, pour qu'ils aient pu envisager dans toute son intégrité la question. Beaucoup des affections qu'ils considéraient comme scrofuleuses n'étaient que de la syphilis héréditaire tardive; rien d'étonnant à ce qu'ils aient retrouvé la syphilis des parents dans leurs antécédents, et qu'ils aient obtenu des succès par le traitement spécifique. |
Il en sera de moins en moins ainsi aux périodes suivantes; aussi l'étude des rapports entre la syphilis héréditaire et la tuberculose acquerra-t-elle une précision plus grande.
Deuxième période, — Notre deuxième période, avonsnous dit, commence en effet avec la découverte du
bacille de Koch. La tuberculose, dans ses différentes.
localisations, devient plus facile à identifier, au moins
a-t-on trouvé un critérium bactériologique pour le faire.
En 1886, Fournier publie ses leçons sur la $yphilis héréditaire tardive, et ainsi détache de la scrofule tout ce qui peut être rattaché à cette hérédo-syphilis. Dès lors, ‘le démembrement de la scrofule déjà commencé
S'accentue : on distingue, d’une part, des lésions syphitiques, d'autre part, des lésions tuberculeuses.
On conçoit que les conceptions sur les relations entre Syphilis et tuberculose se modifient; d'abord, la question des relations étiologiques reste entière. On continue à penser que la syphilis héréditaire, agissant comme cause débilitante, favorise l’éclosion de la tuberculose.
Fournier reprend sa théorie à la lumière des découvertes récentes : « Sans nul doute, la tuberculose n'engendre pas le bacille tuberculeux, mais elle lui crée un terrain propice en appauvrissant l'organisme et en diminuant ses forces de résistance à l'invasion microbique. Et elle agit de la sorte très vraisembläblement aussi, non pas en tant que cause spécifique, mais en tant que cause dépressive banale. »
Ce sera l'opinion générale jusqu'à Sergent.
Mais on veut aller plus loin dans l'étude des relations éntre syphilis et tuberculose, et on cherche si la tuberculose qui évolue Chez un syphilitique, n’a pas des caractères particuliers ou des allures spéciales.
Potain, en 1893, fait une clinique à la Charité sur ce sujet; il admet que la syphilis agit comme cause d'affaiblissement général, mais aussi par suite de ses lésions locales, qui ouvrent la porte à l'infection tuberculeuse.
Dieulafoy admet, lui aussi, que la tuberculose poùrrait être une infection secondaire des lésions syphilitiques, au même titre que toute autre infection secondaire. l
Au Congrès pour l'étude de la tuberculose, Landouzy avait d’ailleurs fait une communication sur la fréquence de la tuberculose fibreuse chez les syphilitiques. Ses idées furent reprises par Jacquinet dans sa thèse en 1895. où nous voyons étudier en détail toutes les modalités des associations de la syphilis et de la tuberculose pulmonaire.
Au Congrès international de Médecine de 1900, on
rapporta la question: « Syphilis et infections associées »; Hallopeau, dans son rapport, fit une part à l'association syphilis et tuberculose. Nous relirons de son rapport ce qui a trait à la syphilis héréditaire : « Elle peut, dit-il, comme celle de l'adulte, s'associer à ‘diverses infections... Plus souvent, elle constitue seulement un terrain favorable au développement d'une autre infection; il en est ainsi d'ordinaire, comme l'ont mis en évidence MM. A. et E. Fournier, de la tuberculose : l’adénopathie tuberculeuse, la tuberculose pulmonaire, la coxalgie, le mal de Pott, s'observent fréquemment chez ‘les hérédo-syphilitiques; il n’y a cependant pas là de véritables associations; ces manifestations n'empruntent aucun caractère spécial à la syphilis »; et sa dernière conclusion est : « Les syphilides et les manifestations diverses de la tuberculose ‘évoluent souvent parallèlement, sans s’influencer réciproquement, aussi bien dans la syphilis acquise que dans l'héréditaire. »
Fournier, dans la discussion de ces rapports, et après avoir parié des hybrides sur lesquels nous reviendrons, assure : « Voilà des types hybrides certains, avérés, que réalisent les associations morbides en question, mais à cela près, que d'incertitude et d’obscurité dans le problème que nous étudions actuellement. Je dirai aussi que de contradictions et de contradictions inexplicables. »
Enfin, au Congrès de la tuberculose de 1905, Sergent de Dominicis et Barthélemy firent des communications sur le sujet qui nous occupe. Nous ne parlerons pas du premier, sur les idées duquel nous aurons à revenir; mais nous voulons citer quelques phrases des deux autres, bieu caractéristiques.
De Dominicis (cité par Sergent) dit: « Désormais, en approchant du lit d'un malade, on doit être prévenu que la syphilis maintes fois latente est le substratum: de la plus grande partie des maladies. Surtout le rachitisme et la tuberculose, de préférence chez les enfants, sont cultivés sur un terrain syphilitique.
Nous espérons que la découverte de Schaudinn et Hoffmann nous donnera des renseignements précis À ce propos; mais en attendant, il est certain que dans la recherche des antécédents des enfants rachitiques et tuberculeux, on trouve ordinairement matière à présumer une hérédité syphilitique. Une telle présomption dans beaucoup de cas a été confirmée par les effets Ezmédiats d’un traitement hydrargyrique. »
Quant à Barthélemy, il est de même opinion et cite une observation tendant à prouver sa Das et sur Faquelle nous reviendrons.
Enfin, c'est dans cette période que s’édifie sur. des bases sérieuses la notion d'hybridité; de lésions mixtes à la fois syphilitiques et tuberculeuses.
Déjà antérieurement, il semble que l’on ait entrevu de telles lésions. I} semble que Devergie ait eu en vue des lésions de cet ordre, quand il parlait de « Maladie de forme composée dérivant de la syphilis et de la scrofule ». Ricord, déjà, avait édifié sa théorie du scrofulate de vérole, mot célèbre et destiné à avoir la fortune que l’on sait.
Verneuil, un des premiers, au Congrès de Médecine international de Londres en 1881, avait exprimé clairement Ia possibilité de lésions hybrides; et Lefèvre, dans sa thèse parue la même année sur la syphilis chez les scrofuleux, rapporte l'observation d’une syphilide développée sur une cicatrice de lupus scrofuleux : D'ailleurs, disons que cette hybridité avait trouvé des détracteurs : Mauriac, en 1883, pouvait écrire dans sèés Leçons sur les maladies vénériennes : « Il y en a qui ont trouvé commode de se tirer d’embarras (dans lé ‘diagnostic entre lésions scrofuleuses et lésions syphilitiques) par une combinaison hypothétique des deux diathèses, qu'ils ont qualifiée de scrofulate de vérole. Je n'ai pas besoin de vous répéter que la spécificité des diafhèses et de leurs lésions ne s'éteint jamais, ni de vous affirmer que dans les affections de l’hypoderme, comme dans celles des autres organes, l’aufonomie de