‹ Contribution à l'étude des rapports de la tuberculose et de la syphilis héréditaireChapitre 7 sur 28 · PERS · texte numérisé non relu

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la stphilis et de la scrofule finit toujours par se dégager. » :

Quoiqu'il en soit, c’est à Leloir qu'il appartient en 1891 d'avoir apporté la première observation d'hybride, appuyée sur des preuves à la fois cliniques, bactériologiques et anatomo-pathologiques.

Depuis, celles-ci se sont multipliées. Longin, dans sa thèse de 1905, fit une description complète des, hybrides cutanées. Puis. dans d’autres domaines, nous avons des observations de Patoire en 1901, puis de notre maître M. le Dr Méry en 1905,et d’autres sur lesquelles nous reviendrons dans un chapitre spécial.

Ainsi, jusqu'à ce moment, chacun dans son domaine particulier, avait apporté sa contribution à l'étude de la syphilis et de la tuberculose, et des rapports qui existent entre ces deux maladies.

Sergent, à l'aide des documents antérieurs et de ses propres observations, reprit la question dans toute son ampleur. Son livre Syphilis et tuberculose l'étudie complètement et l'établit sur de vastes bases. Non content de prendre à son compte l'opinion des auteurs les plus favorables à l'action de la syphilis sur la tuberculose, il va plus loin encore et admet des rapports plus intimes. Nous ne retiendrons de cette belle monographie que ce qui à trait à la syphilis héréditaire, la seule qui nous occupe. Ses conclusions ont trait aux différents points que nous avons déjà envisagés : rapports étiologiques. modifications de l'évolution de la tuberculose par l'existence de l'hérédo-syphilis. enfin hybrides.

Sur la première des questions, il admet : 1° que les enfants des syphilitiques sont prédisposés à la phtisie et d'une prédisposition toute spéciale; 2 que les enfants. des syphilitiques sont tout spécialement prédisposés aux tuberculoses locales et à la scrofule. « Je crois, dit-il, que la scrofule n'a pas souvent d'autre pathogénie. Je la considère comme un dérivé de la syphilis et j'ai la conviction que, si nous pouvions dans tous les cas de scrolule que nous observons, rechercher la syphilis dans

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le passé des parents, nous la trouverions bien souvent, sinon toujours. » Et plus loin : « Quand je dis que le terrain syphilitique est un facteur puissant de prédisposition à la phtisie et aux tuberculoses locales, ce n'est pas que j'envisage la moindre résistance de l'organisme vis-à-vis de l'infection bacillaire, mais bien les qualités spécifiques qui font de ce terrain un milieu d'élection pour la germination du bacille tuberculeux. »

En ce qui concerne le mode d'association de la syphilis et de la tuberculose, Sergent distingue deux modes : l'association de terrain, c’est-à-dire l'évolution parallèle, avec retentissement réciproque plus ou moins

intense, l'association de lésions.

Le premier mode d'association peut se.rencontrer dans les tuberculoses locales où elle peut modifier les lésions et surtout les rend curables par le traitement. Dans les tuberculoses viscérales, c’est-à-dire la tuberculose pulmonaire, elle donne également des modifications : si l'enfant est encore au premier âge, il y a une grande fréquence de lésions ulcéreuses et le traitement agit sur ces lésions. Si la tuberculose survient sur un terrain anciennement entaché d’hérédo-syphilis, ellé prend des allures bénignes et torpides et tend à la sclérose.

L'association de lésions, ce sont les hybrides, la fusion iitimé sur le même point des deux ordres de lésions. Sergent les admet complètement et considère même même comme des hybrides, des faits de tuberculisation de gommes syphilitiques sur lesquelles nous aurons à revenir. Enfin il en tire cette conclusion pratique. que chaque fois qu'un sujet sera à la fois syphilitique et tuberculeux le traitement spécifique devra être institué et suffisamment poursuivi.

Sur ces différentes questions, Sergent est revenu dans différents articles, dont on trouvera plus loin l'indication bibliographique.

Troisième période. — Depuis cet ouvrage primordial, deux tendances très nettes se manifestent : les uns ad-

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mettent sans discussion les opinions de Sergent et considèrent comme acquises ses propositions, ou publient des observations qui les confirment.

C’est en particulier le cas de tous les traités de re dies des enfants. Parmi ceux-ci une place à part doit être Taite à celui du professeur Hutinel, apôtre convaincu lui-même des rapports intimes de la syphilis et de la tuberculose. C’est lui, d’ailleurs, qui avait indiqué à Sergent la fréquence des cavernes tuberculeuses chez les nourrissons hérédo- syphilitiques, et nous verrons que plus tard, il est. revenu sur cétte assertion trop entière.

Divers articles de lui ont étudié les associations possibles de ces deux maladies et leur conséquence : un traitement hydrargyrique intense et poursuivi.

Sous son inspiration, Nadal, en 1918, étudie spécialement les scléroses pleuro-pulmonaires chez les hérédosyphilitiques,. dont ïl rapporte plusieurs cas : « De l'existence de sclérose pulmonaire chez les RÉF syphilitiques, dit-il, est-il possible de conclure à l'origine syphilitiqué de ces altérations pathologiques ? Il faudrait pour cela un contrôle anatomo-pathologique.… or nous verrons que cette preuve n'existe pas. En dehors de ces preuves anatomiques, l'existence d’une maladie chez des syphilitiques n’a en soi aucune valeur absolue. Elle peut n'être qu'une coexistence. Mais, lorsque de nombreux cas bien étudiés permettent d'établir cette coexistence fréquente, on est amené à établir un lien direct ou indirect entre ces deux affections. »

Plus près de nous enfin, et toujours en ne considérant que la tuberculose pulmonaire, Le Mer, dans une thèse soutenue devant la Faculté de Médecine de Eyon, reprend les idées de Sergent presque dans le même ordre et en apportant quelques nouvelles observations.

Enfin, à côté de ces travaux qui confirment les idées classiques depuis une vingtaine d'années, nous devons citer ceux qui, au contraire, tendent à les battre en

brèche. Ce sont des études générales, portant sur un ensemble de faits de même nature.

En 1908, Bernhard (de New-York), soigne 433 syphilitiques par des inejctions mercurielles. Un certain nombre sont tuberculeux. Sans idée préconçue, les observations sont prises. IL tire de celles-ci cette conclusion, qu'après amélioration au début, sauf dans les tuberculoses oculaires, le traitément hydrargvyrique continu rend plus grave la tuberculose.

En 1909, Chambrette reprend ce sujet et dans une thèse un peu courte, cite cependant une dizaine d'ob- . servations sur lesquelles nous reviendrons. IH conclut à

l'inutilité du traitement dans les tuberculoses osseuses et

articulaires, même quand elles surviennent chez des hérédo-syphilitiques. Dans deux observations, il croit même avoir constaté une aggravation des lésions.

Sur les conseils de M.le Dr Ménard, Mlle Pouzin fait sa thèse en 1917 sur les adénopathies cervicales de la syphilis héréditaire tardive. Elle est peut-être plus hostile encore aux idées reçues. Elle nie complètement les hybrides, qui, d’ailleurs, n'auraient aucun intérêt. Enfin, elle pense que les adénopathies cervicales, quandi elles se développent chez les hérédo-syphilitiques, peuvent être de deux sortes : syphilitiques, et elles guérissent par le traitement, ou tuberculeuses et le traitement n’a aucune action sur elles.

En terminant cette longue énumération de travaux que nous aurions pu faire plus longue encore, il est intéressant de jeter un regard en arrière en s’efforçant de tirer une conclusion. Il n’est point douteux que les hérédo-syphilitiques puissent devenir tuberculeux, et cela c'est peut-être la seule chose sur laquelle tous les auteurs se soïent toujours entendus. Là où commencent les divergences, c'est sur là point de savoir si, d'une part, l'hérédo-syphilis ne prédispose pas spécialement à la tuberculose; et d'autre part, si cette tuberculose, chez eux, ne prend pas une allure spéciale; si même, tuberculose et syphilis ne peuvent pas s'unir intimement

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pour former des hybrides. Et à ces diverses questions, toutes les réponses ont été données, chacun apportant quelques et généralement peu d'observations à l'appui de sa thèse. La discussion qui existait au début du xvIue siècle dure encore, maintenant, malgré le temps écoulé.

Nous n'avons point la vanité de penser que cette étude la règlera définitivement. Elle ne s'appuie, elle encore, que sur un nombre limité d'observations, tandis qu'une opinion ferme ne pourrait se former qu après plusieurs années d’études, sur de nombreuses observations prises avec méthode et sans parti pris, des statistiques rigoureuses, des traitements poursuivis avec précaution, mais persévérance.

Il ne s’agit donc ici que d'une contribution à l'étude des rapports de la tuberculose et de la syphilis héréditaire.

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