‹ Contribution à l'étude des Réactions de la Base Droite au cours des Affections hépatiquesChapitre 10 sur 30 · PL TA · texte numérisé non relu

PL TA

Les réactions de la base droite qu’on constate au cours des hépatites amibiennes chroniques, de la lithiase biliaire, des ictères, se bornent souvent à une simple diminution de la respiration. Sontelles plus accusées, on constate alors de la submatité et un silence, avec parfois des frottements pleuraux ou de gros râles muqueux. Ces symptômes doivent être bien connus. Rebelles à une thérapeutique banale ils rétrocèdent, nous l’avons vu plus haut, sous l’influence de l’émétine ou quand lictère disparait. Ils sont de plus intéressants, car ils nous montrent la facilité avec laquelle le foie réagit sur la base pulmonaire. Ils nous expliquent les signes plus graves que nous décrirons maintenant et nous permettent par conséquent de diagnostiquer un abcès ou un kyste hydatique du foie et de prévoir leur rupture.

otre

Les Fausses Pleurésies

a) KYSTES HYDATIQUES POSTÉRO-SUPÉRIEURS ASEPTIQUES

Il s’agit en général de sujets qui ont pu présenter ce que Dieulafoy appelait les petites signes de la maladie hydatique: dégoût pour les graisses, douleurs à l’épaule droite, diarrhée et surtout épistaxis, poussées d’urticaire fréquentes. Bien que l’état général soit resté bon, les malades présentent du côté de la base droite des symptômes qui attirent l’attention. Le thorax est élargi, évasé dans sa partie inférieure, «il prend l’aspect d’une cloche tandis que la partie supérieure n’est que peu ou pas déformée du tout » (Schwartz). Les espaces intercostaux sont élargis, la base déjetée en de- - hors, les côtes sont moins obliques en bas.

Ces symptômes constatés à l’examen sont ceux d’un épanchement pleural; les vibrations sont très diminuées ou même complètement abolies; à la percussion, on note une matité de bois.

La forme de cette matité est importante pour le diagnostic. Au lieu d’être concave en haut, de présenter une limite parabolique, la matité de ces kystes est dans les cas typiques convexe, laissant de chaque côté un triangle de sonorité à base supérieure et à sommet diaphragmatique. À l’auscultation, le murmure vésiculaire ne s’entend pas. Il y a silence avec respiration supplémentaire du côté

DD

opposé et au sommet correspondant où l’on peut en outre trouver du skodisme.

Contrastant avec ces symptômes qui traduisent la présence de liquide, on ne constate pas les signes habituels qui au cours d’une pleurésie traduisent la congestion pulmonaire sous-jacente. Ce souffle doux lointain, voilé de la pleurésie séro-fibrineuse manque toujours, il n’y a pas davantage d'égophonie et de pectori loqui aphone.

M. Chauffard a insisté sur deux symptômes qui

traduisent l’évolution thoracique des gros: kystes

hydatiques: le flot transthoracique et le ballotte- |

ment sus-hépatique. Ces signes sont à l’heure actuelle trop classiques pour que nous revenions à nouveau sur leur description.

Lt LR js UN Un examen clinique doit toujours être complété

par une radioscopie. Celle-ci montre un bord supérieur du foie déformé, le diaphragme est dénivelé, immobilisé (Quenu). La tumeur est arrondie en général, convexe en haut, l’ombre est nette à limites précises comme tracées au compas. La base pulmonaire sus-jacente est claire et les culs-de-sac costo-diaphragmatiques libres éliminent toute idée d’épanchement pleural.

L’évolution de ces kystes hydatiques non suppurés se fait le plus souvent vers l’ouverture dans la plèvre sur laquelle nous reviendrons plus loin.

Ce qu’il importe de souligner c’est que tous les

symptômes que nous venons de décrire sont dus uniquement à un processus mécanique de refoulement, de compression de la base pulmonaire par un kyste aseptique, et que dans ce cas on ne trouve aucune réaction inflammatoire.

na,

ce R RES

b) LES ABCÈS DU FOIE POSTÉRO-SUPÉRIEURS

S'opposant aux kystes hydatiques aseptiques nous allons voir ‘que les kystes hydatiques suppurés et les abcès du foie amibiens ne donnent que rarement de pareils signes de compression, mais que par contre la réaction inflammatoire sera beaucoup plus nette. Nous tenterons une schématisation de ces signes.

Au début : Les abcès du foie évoluant vers le thorax s’accompagnent d’une réaction de la base droite qui, avec la névralgie phrénique, la douleur thoracique, la température et la diarrhée sont les symptômes habituels de l’affection.

Cette réaction de la base est minime : submatité, râles muqueux bien localisés et persistants, les malades se plaignent soit d’une douleur sourde dans le côté soit même d’un véritable point de côté. Ces signes fonctionnels précoces sont une des raisons pour lesquelles l'attention est rapidement attirée vers le thorax.

Puis, ces symptômes se précisent: on trouve de la matité, une modification des vibrations, les râles sont plus gros, peu modifiés par la toux, en même. temps que l’on peut constater quelques frottements pleuraux. ù

À la période d'état les symptômes constatés à la base droite prennent le masque soit d’une congestion pleuro- -pulmonaire, soit même d’une pleurésie purulente.

Dans un certain nombre de cas la matité, l’abolition des vibrations, les râles à timbre de souscrépitants, même un souffle léger font penser à une congestion pleuro-plumonaire. Une ponction exploratrice pratiquée pérmet parfois de retirer

Page 1