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1° La toxi-infection. -- Les toxines peuvent être élaborées, la virulence des microbes peut être exaltée au niveau de l’appendice enflammé ; la stase cæcale, qu’entraîne parfois l’appendicite et qu’augmentent encore les lésions des organes voisins (épiploîte, adhérences), étend dans certains cas le foyer de toxiinfection. Enfin le foie atteint secondairement peut être une source nouvelle d'intoxication. Cette toxiinfection peut soit léser directement les organes, soil agir d’abord sur le système nerveux soit dans ses centres, soit dans ses voies, soit dans ses ganglions intraviscéraux, soit enfin troubler le fonctionnement des glandes endocrines.
2° Le réflexe. — Mais la toxi-infection n'existe pas toujours du fait de l’appendicite chronique ; elle ne se produit vraisemblablement pas dans la forme scléreuse pure ; elle ne saurait d’autre part expliquer la soudaineté d'apparition de certains phénomènes tels que la crise d’asthme et la bradycardie déclenchés brusquement. Il faut admettre un mécanisme réflexe, dont le point de départ est au niveau de l’appendice. Comment concevoir la mise en jeu de ce réflexe dans un appendice chroniquement malade, présentant un des types anatomo-pathologiques, d’hypertrophie follicalaire, d'hyperplasie inflammatoire, ou de sclérose ?
Il se pourrait que les filets nerveux soient le siège d'une irritation toxique analogue à celle que Læœper
a montrée expérimentalement au niveau des ulcérations gastriques.
Point de départ du réflexe. — 11 peut y avoir d'autre part lésion vraie des filets: inflammation, compression ou tiraillement, lésion plus étendue dans le cas d’épiploîte. L'existence de ces lésions à été prouvée par l'anatomie pathologique :
Letulle et Brun (1) ont les premiers observés sar un appendice sphacelé « dans les régions paranécrobiotiques, de place en place, principalement au voisinage des couches sous-péritonéales, des cellules nerveuses en amas ganglionnaires qui semblent tuméfiées, mais non détruites ».
Mais la réalité d’une irritation nerveuse au niveau de l’appendice vient d’être incontestablement établie dans certains cas par le professeur Masson (de Strasbourg), qui nous a fait l’honneur de nous communiquer les résultats de ses recherches encore inédites (2).
Le professeur Masson a observé dans l’appendicite oblitérante la très grandefréquence — 9 cas sur 10 — d’un névrome apparaissant après le stade inflammatoire, au niveau de la cicatrice d’une vaste ulcération ; il s’agit d’un « névrome diffus, homologue d’un névrome d’amputation », et qui est vraisemblable. ment le résultat d’une régénération nerveuse, ayant comme point de départ les extrémités des nerfs sectionnés au niveau de l’ulcération. « Quels peuvent en
1. M. Letulle et F. Brun, Lésions histologiques de l’appendicite
(Presse médicale, 4 août 1897).