Krannars. Les pseudo-méningites. Deuts. Arch. f. Klin
med., 1894,t. LIV,p. 89.
1. Pocxon. Thèse de Paris, 1897. | 2. Hucnarp. Méningisme hystérique, Soc, méd. des hôpit., 1895. Décembre.
Chabbert 5
17766 sa communication sur le « pseudo-méningisme hystérique ».
Les réactions méningées aiguës aseptiques ne sont donc pas du méningisme, et ce qui nous permet de l’affirmer, c’est le cyto-diagnostic qui, en nous faisant constater la présence dans le-liquide céphalo-rachidien des polynueléaires du sang, nous donne une preuve suüffisante que les méninges doivent réagir sous l'influence d’une cause extérieure.
Nous avons vu au chapitre précédent au cours de quelles affections peuvent se monirer ces méningites aseptiques et nous avons vu que la syphilis, les otites, la rachistowaïnisation peuvent ètre leurs causes occasionnelles. Elles peuvent de mème être consécutives au zona bien que leur formule cytologique soit différente dans ce cas. Laissons de côté les cas où elles peuvent être consécutives à l'emploi de vésicatoires puisque dans l’observation que nous avons citée à ce sujet, nous ne savons pas ce que contenait leliquide céphalo-rachidien. Enfin, dans les cas où il est impossible d'attribuer ces réactions méningées à une cause connue, peut-être fautil incriminer des microbes localisés en un point quelconque du système nerveux ou même de l'organisme tout entier, sans qu'il soit possible de les déceler.
Comment interpréter ces faits?
Concetti (1) dans son rapport sur les méningites amicrobiennes, dit en ce qui concerne l’état aseptique
| 1. Concsrri. Les méningites amicrobiennes.X//1e Congrès de
médecine interne, Section de méd, de l'enfance. Paris, 1900.
107 Pire
du liquide céphalo-rachidien qu’on peut expliquer ce fait par l’épuisement de l'élément bactérien au sein du liquide cérébro-spinal qui est bactéricide, « Il faut se « rappeler, dit-il, la facilité avec laquelle beaucoup de « microbes s’épuisent et meurent après avoir déterminé « des formes de méningites très graves, et que le temps , € qui s'écoule du commencement de la maladie à la < mort du microbe ne dépasse jamais quelques semaïi- « nes et parfois peut être réduit à moins de huitjours. » Cet auteur parle de vingt-deux cas de méningites survenues pour la plupart au cours d'infections gastrointestinales, et il ajoute: « Au nombre de ces vingt- « deux cas, nous en avons eu dans lesquels la recherche « aété pratiquée le dixième, le quinzième et le vingtième « jour,espace de temps très suffisant pour épuiser la vi- « talité du microbe et sa virulence. » Concetti ne parle pas de l’état des éléments épanchés dans le liquide cérébro-spinal. :
Mais il n’est pas prouvé que le liquide cérébro-spinal jouisse de propriétés bactéricides. Si on à pu cons- - tater une atténuation de virulence de certains microbes après en avoir ensemencé én vitro du liquide céphalorachidien provenant de malades divers (paralytiques généraux, vésaniques, tétaniques), les expériences fai- tes sur le vivant semblent démontrer le contraire. Et M. Sicard a fait voir combien il était facile de tuer des chiens avec du pneumocoque virulent injecté sous l’arachnoïde. On sait pourtant combien le chien est réfractaire à l'infection pneumococcique. D'autre part, on constate la stérilité du liquide céphalo-rachidien
LA
Ge)
aussi bien au début qu’à une période avancée des accidents méningiliques. Et Concetti, dans son rapport, cite lui-même un cas de méningite dont l'invasion avait été rapide, tumultueuse, en pleine sanié, comme dans les formes bactériennes communes, et bien que le liquide. céphalo-rachidien ait été extrait dès les troisième, quatrième et cinquième jours, il s’est toujours montré stérile. Dans treize autres cas, les phénomènes méningitiques ont éclaté dans le cours de toxi-infections gastro-intestinales datant dans quelques cas de six à huit semaines : dans ces cas encore, l'examen bactériologique du liquide extrait également dans les premières quarante huit heures des manifestations méningitiques est toujours resté négâätif.
Il faut donc admettre autre chose que l’action en des microbes au niveau des méninges pour expliquer les cas de méningites à liquide céphalo-rachidien aseptique, et il semble que les toxines microbiennes doivent j jouer dans ces cas le principalrôle. Ces poisons qui ont pénétré dans le sang peuvent en effet produire des troubles vaso-moteurs, de l’æœdème, et des exsudations de sérosité, suffisants pour constituér la maladie en l’absence de tout microorganisme au niveau dès enveloppes cérébro-spinales. L'irritation est alors variable dans son intensité : elle peut être assez forte pour aboutir à l’exsudation purulente, tandis qu’au contraire elle peut n’être que légère, auquel cas le liquide céphalo-rachidien conservera son aspect à peu près normal ou ne sera que peu modifié par une exsudation séro-fibrineuse de peu d'importance. Entre cette
| Le \
exsudation et l’aspect purulent du liquide céphalo-rachidien se place une série d’intermédiaires, et la premièré semble n'être que le premier stade d’inflammation des méninges.
. Voyons dans quelle mesure nous pouvons appliquer cette pathogénie aux observations de réactions méningées aiguës aseptiques qui font l’objet de notre travail. Au cours des aflections syphilitiques des centres nerveux, on peut assister à des poussées congestives aiguës se traduisant généralement par l’exagération des symptômes déjà existants, ou par l’apparition de troubles nouveaux.Ces poussées congestives coïncident toujours avec une transformation de la formule cytologique du liquide céphalo-rachidien dans lequel il y a prédominance des polynucléaires, alors que c’est la lymphocytose qui est la règle au cours de la syphilis. ‘C’est à un processus identique mais plus intense qu'est dû l’aspect pruriforme du liquide cérébro-spinal et on constate ici encore cette prédominance marquée des polynueléaires qui sortent très nombreux par diapédèse à la suite de la forte hyperémie aiguë qui se produit. La coloration jaune. du liquide, qu’on rencontre parfois, et la présence de fibrine ne fait que témoigner de l’intensité de cette hyperémie congestive aiguë des méninges avec exode des éléments blancs dont l'intégrité traduit l’absence de lutte contre les microbes. Dans les deux observations que nous rapportons de Widal, Lemierre et Boidin, il semble done que la syphilis ait été la cause < irritante ayant donné lieu à l’apparition d'états aigus qui ont cessé sous l'influence du traitement mercuriel.
Dr ro
La réaction méningée aseptique, avirulente et coïncidant avec la présence d'une otite suppurée, peut trouver une explication dans la localisation du foyer bactérien. On peut penser dans ce cas, ainsi que le dit M. Widal, qu'il s'est organisé une zone de défense autour du foyer infectieux, et la polynueléose du liquide céphalo-rachidien a pu ne traduire qu’un état de congestion péri-inflammatoire de la méninge n’ayant rien de spécifique. M. Rist émet l'opinion que les microbes sont en effet restés confinés dans une zone localisée, mais que par leurs toxines ils ont pu provoquer à distance une inflammation diffuse des méninges. Enfin, on pourrait peut-être penser à une simple irritation de voisinage se traduisant par une forte hyperémie qui expliquerait l'épanchement des polynucléaires.
Ces interprétations tirent une grande vraisemblance de certains faits rapportés par les otologistes qui ont pu observer à côté des cas graves les plus nombreux de méningites d’origine otique terminées par la mort, des cas assez fréquents de guérison. Broca (1), dans une étude sur les abcès du cerveau et les méningites consécutives à la suppuration de l'oreille moyenne dit qu’à côlé des formes mortelles ou curables de méningites il en est d’autres qui évoluentspontanément et qui guérissent sans intervention. Et Broca, commentant ces faits,, fait remarquer qu'il est probable qu'un grand nombre d’inflammations méningéesont leur porte d’entrée dans les cavités de l'oreille moyenne; dans les cas