‹ Contribution à l'étude des réactions méningées aigues aseptiquesChapitre 6 sur 23 · MY · texte numérisé non relu

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dire des produits solubles fabriqués par les micro-organismes à la suite des fermentations issues de leur vie.

Au moyen de leurs toxines, les agents pathogènes peuvent, en effet, agir à distance ; ils déterminent aïnsi au niveau des organes des réactions plus ou moins aiguës selon le degré de leur virulence, et la diapédèsepeut avoir lieu dans ces conditions. :

Ces réactions des organes contre les microbes ou leurs toxines peuvent se traduire cliniquement par des symptômes variés. Mais au niveau des méninges qui sont en contact intime avec les centres nerveux, organes doués d’une exquise sensibilité, les réactions retentissent sur ces derniers d’une façon à peu près identique dans tous les cas ; de sorte que les manifestations cliniques des méningites sont sensiblement les mêmes et ne varient guère avec tel ou tel agent pathogène.

Or, si le cyto-diagnostic est venu éclairer la notion. étiologique des méningites; si de la sorte il fournit un élément de pronostic étant donné que la méningite tuberculeuse est, sauf de rares cas, presque toujours fatale, tandis que nous savons aujourd’hui qu'il est des cas de méningites aiguës qui peuvent guérir; ne peut-il pas éclairer le pronostic d'un syndrome méningé au cours duquel l’examen du liquide céphalo-rachidien au point de vue bactériologique est constamment resté négatif ? re

Il existe, en effet, des cas de méningites à liquide céphalo-rachidien aseptique, c’est-à-dire qu'il est impossible par les examens microscopiques, les ensemencements sur divers milieux, et les inoculations aux animaux

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en un mot par les procédés actuels du laboratoire, de

parvenir à déceler la présence du moindre agent pathogène dans le liquide de ces méningites.

Il nous a paru intéressant de rechercher les observations de faits de ce genre qui ont pu être publiées, et de leur rapprocher celle d’une malade que nous avons eu l’occasion de voir à l’hôpital Saint-Louis dans le

service du Dr Brocq. Cette malade dont nous rappor-

tons l’histoire au chapitre des observations a présenté,

à la suite d’une rachistovaïnisation, une réaction mé-

ningée se manifestant cliniquement par les symptômes

classiques de la méningite aigüe. ;

Le liquide céphalo-rachidien retiré par la ponction lombaire était puriforme, et il a été impossible par les procédés habituels de déceler la cause infectieuse ayant pu déterminer le syndrome méningé. L'examen microscopique a révélé une polynucléose intense caractérisée par l’état de conservation parfaite des éléments épanchés. A la fin de la phase aiguë, cette réaction méningée s’est accompagnée de l'apparition d’un zona du trijumeau. 1

Nous étudierons donc les méningites aseptiques, en essayant de faire voir l’interprétation qu'il convient de donner à ces faits. Nous verrons aussi l’intérèt qui s’attache à noter le degré d’intégrité des éléments épanchés dans une séreuse comme l’arachnoïde, fait sur lequel M. Widal a attiré dernièrement l'attention et qui semble comporter un pronostic notablement plus favorable

que les épanchements septiques au cours desquels les

polynucléaires accomplissant leur rôle de phagocytes

se montrent altérés et en voie de transformation en globules de pus.

Enfin, nous donnerons une ‘interprétation du zona qui s’est montré chez notre malade comme épiphénomène au cours de la méningite, et nous ferons voir les rapports qui existent entre ce trouble trophique et Pirritation méningée produite par des substances qui, comme la stovaïne ou la cocaïne, peuvent agir à la façon des toxines microbiennes et déterminer des syndromes

méningés.

QBSERVATIONS

Observation I (PauTrIER et SIMON).

(Soc. méd. des hôpit, 1907.)

Réaction méningée puriforme aseplique, consécutive à une rachistovaïnisation. Intégrité des polynucléaires. Zona conséculif. Guérison.

M À. R..., 27 ans, blanchisseuse, entre le 4 octobre 1907 à lPhôpital Saint-Louis, salle Lorry, pour une verrue plantaire . infectée, simulant au premier abord le mal perforant plantaire. Bien que la malade paraisse émotive, l’examen de son système nerveux ne révèle rien d’anormal : aucun antécédent pathologique n’est à signaler ; notamment pas de syphilis. Lei0 octobre. — La lésion est enlevée chirurgicalement, après anesthésie par la stovaïne lombaire. On injecte dans le canal rachidien, avec les soins aseptiques habituels, 7 centigrammes d’une solution au dixième de stovaine, employée journellement dans le service de chirurgie où la malade a été transportée. On a soin comme de coutume de laisser couler 2 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien pour éviter l'hypertension. Puis, on aspire 1 centimètre cube de ce liquide dans la seringue contenant déjà la solution de stovaïne et l’on injecte le mélange Chabbert 2

EL AS pe ainsi formé. L'injection est faite à la malade dans la position horizontale et non dans la position déclive.

Pendant l’opération, on note une pâleur très marquée, une sensation de faiblesse, de la tendance à la syncope et des sueurs froides, mais sans perte de connaissance. L’anesthésie des membres inférieurs est d’ailleurs complète. Le soir, la température est à 375.

Le lendemain: 11 octobre, à la visite, on trouve la malade couchée en chien de fusil, prostrée, répondant peu ou pas aux questions qu’on lui pose. Il est impossible de fléchir la tête sur le cou, le signe de Kernig est des plus nets. La malade a eu des vomissements pendant la nuit et de l’incontinence des matières fécales et des urines. Les réflexes sont normaux, la sensibilité intacte.

Pas de paralysie motrice. ;

Température :3%, Le pouls est à 110 pulsations.

Une ponction lombaire est faite le jour même. Le liquide est franchement louche; il abandonne même sans centrifugation, un culot de 1 centimètre cube de hauteur dans le tube à centrifuger. ;

L’examen microscopique du culot révèle une polynucléose des plus abondantes ; le champ du microscope est entièrement ‘ rempli de polynucléaires confluents. Mais, fait caractéristique, ceux-ci se montrent absolument intacts ; leurs contours sont nets et les réactions tinctoriales de leurs noyaux sont absolument conservées. \

Le 12 octobre — Les symptômes méningés sont atténués. Les vomissements et l’incontinence des matières ont disparu ; il y a encore de la raideur de la nuque. La malade est toujours

très abattue. Le Kernig est encore très appréciable.

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