SIGNES ET DIAGNOSTIC
Lasymptomatologie des réactions méningées au cours desquelles le liquide céphalo-rachidien se montre aseptique, peut-elle être différenciée de celle que revêtent les méningites septiques? La connaissance des observations que nous rapportons, nous permet de dire dès maintenant que cela est absolument impossible: la clinique ne peut, à elle seule, établir une différence entre les deux processus.
Dans toutes ces observations, nous pouvons trouver plus ou moins bien groupés pour constituer lesyndrome méningé, les divers signes témoins d’une souffrance des méninges, mais il nous est bien difficile d'attribuer à l’un d'eux un caractère pathognomonique qui puisse nous permettre de dire que nous sommes en présénce d’une réaction méningée aseptique, et non d’un processus infectieux.
La céphalée paraît être le symptôme le plus constant; elle est intense, généralisée, et arrache des cris aux ma-
lades qui portent leurs mains vers la tête.
Lu: fe
Le délire est ordinairement violent et très bruyant; c'est un délire d’action et de parole s’accompagnant d’agitation extrème. La malade qui fait l’objet de notre deuxième observation n'était que subconsciente, ellé n'avait pas de confusion mentale, mais elle était prise en dehors de ses crises, de délire d’action et de parole qui survenait par accès.
Les vomissements ont les caractères du vomissement cérébral: il se font sans nausées, presque sans effort.
La constipation est opiniâtre etne cède à aucun traitement.
Les contractures portent particulièrement sur certains groupes musculaires. Sur les fléchisseurs de l’avant-bras; sur les muscles de la paroi abdominale antérieure, sur les muscles oculaires où elles se manifestent par la contraction ou l'inégalité pupillaire, sur les sphincters (rétention d'urine), sur les muscles de la nuque, du dos, des membres inférieurs (Kernig).
Les convulsions généralisées surviennentsous formes d’accès plus ou moins fréquents ; localisées, elles consistent en soubresauts des tendons, en mouvements brusquès d’un membre, mouvements qui peuvent se généraliser à tout Le corps. Ces accès étaient devenus subintrants chez la malade de la deuxième observation. Cette malade, syphilitique, avait auparavant des crises d’épilepsie jacksonnienne qui ne survenaient qu une fois par mois, et qui, au moment où elle fit une poussée aiguë du côté des méninges, se renouvelaient à chaque instant.
Les troubles oculaires consistent en strabisme con-
Ne
vergentou divergent,en myosis, en inégalité pupillaire, . »
en photophobhie.
L'hyperesthésie eutanéeou musculaire, l'exagération des réflexes cutanés, la raie méningitique traduisent l’hyperexcitabilité du système nerveux. |
La respiration et le pouls, qui sont en général réguliers à la période d'excitation, présentent parfois le phénomène de la dissociation quand l'état du malade est déprimé.
La température qui atteint d'emblée 40° dans les méningites infectieuses n'est généralement pas aussi élevée dans les réactions méningées aseptiques. Nous ne constatons pas ce chiffre de 40° dans nos observations, et les malades ont présenté plutôt la courbe thermique de la méningite tuberculeuse, dont la température dépasse rarement 39°. On peut observer de faibles rémissions. |
Il peut survenir un état de dépression, avec prostra= tion, pouvant s'accompagner de paralysie des sphincters avec incontinence des urines et des matières fécales. Comme chez la malade de Widal et Philibert on peut constater à ce stade la dissociation du pouls et de la température, par exemple T : 38°5, pouls : 64.
Le zona peut apparaître au cours des réactions méningées aseptiques, ou à la fin de leur phase aiguë. Si l’on en croit Ewans(1), cette complication est fréquente dans la méningite cérébro-spinale aiguë et semble affecter de préférence le territoire des nerfs craniens ; elle est rare