‹ Contribution à l'étude des réactions méningées aigues aseptiquesChapitre 9 sur 23 · Ewaxs, Journal anglais de dermatologie, mars · texte numérisé non relu

Ewaxs, Journal anglais de dermatologie, mars

QUE mb dans la méningite tuberculeuse ; c’est surtout dans la variété non tuberculeuse de méningite de la base du cerveau, qu'Ewans a observé le zona chez les enfants. Cet auteur ajoute qu’on peut observer une poussée d’herpès dans les méningites survenant au cours d’une otite moyenne.

L'observation de Pautrier et Simon nous fait assister à l'apparition d’un zona dans le territoire du trijumeau, comme cela peut avoir lieu d’après Ewans au cours de la méningite cérébro-spinale épidémique.

Tels sont les différents symptômes que l’on remarque dans les cas de méningites aseptiques : ils peuvent exister plus ou moins isolés chez le mème malade, mais ils revêtent les mêmes caractères que dans les méningites suppurées aiguës -au cours desquelles le laboratoire peut déceler des microbes dans le liquide cérébrospinal. é

Au point de vue de leur évolution, les méningites aseptiques peuvent avoir une marche aiguë et rapide, de même qu'avant d’aboutir à la guérison elles peuvent présenter une grandé irrégularité et procéder par paro- : xysmes. Au lieu de débuter brusquement comme c’est - le fait. des méningites infectieuses aiguës non tuberculeuses, elles peuvent avoir une période prodromique plus ou moins longue, caractérisée par de l’inappétence, du sommeil agité, des sueurs nocturnes, de la faiblesse avec perte de poids, de la céphalalgie devenant de plus en plus intense : tel a été le cas pour la malade de Widalet Philibert. De mêmele malade qui fait l’objet de la sixième observation a présenté une période

PERS prodromique qui n’a pas eu tous ces caractères mais qui a duré quatre jours.

Nous pouvons de même constater des formes frustes au cours desquelles il existe à peine quelques signes pouvant faire penser à la méningite : la malade de la deuxième observation n’a pas d’autres signes de méningite que le délire d’action et de parole, la céphalée, les convulsions et le strabisme. On sait que ces formes frustes peuvent exister chez les tuberculeux avancés.

Que conclure de ces constatations ? De même qu'il nous est impossible actuellement de décrire par exemple une méningite à pneumocoque, une autre à bacille d'Éberth, une troisième à méningocoque et ainsi de suite ; nous ne pouvons pas davantage décrire une symptomatologie spéciale aux réactions méningées aiguës au cours desquelles il estimpossible de mettre en évidence un micro-organisme par. l'examen du liquide cérébrospinal. Nous rencontrons, à vouloir différencier cliniquement les méningites aseptiques des méningites septiques, les mêmes difficultés que pour distinguer ces dernières entre elles. |

Tout au plus, en effet, peut-on dire en ce qui concerne les méningites séptiques, que tel ou tel symptôme semble. prédominer dans la méningite de telle ou telle nature. Par exemple dans la méningite à pneumocoques on constaie au point de vue clinique la fréquence relative d’une évolution sourde et lente. Mais en général les . manifestations cliniques ne varient pas suffisamment avec la nature des agents qui les produisent pour nous permettre de différencier nettement celle-ci d’après

celles-là. Il en est de même des méningites aseptiques auxquelles nous ne pouvons trouver tel ou tel symp. tôme prédominant, capable de les différencier des premières.

On voit donc combien l’investigation clinique réduite à ses seules ressources est impuissante à nous éclairer sur la nature des syndromes méningés en général. Il en va tout autrement lorsqu'elle est aidée par les recherches du laboratoire. C’est ici quela cytologierachidienne, les méthodes de cultures du liquide céphalorachidien ainsi que son inoculation aux animaux viennent nous rendre de précieux services.

A l’état normal, le liquide céphalo-rachidien recueilli par la ponction lombaire sur le vivant ne contient que peu ou pas d'éléments cellulaires. Il peut arriver qu’on compte de loin en loin un, deux, trois lymphocytes par champ d'immersion. Cette très discrète lymphocy- tose ne rappelle en rien les réactions que l’on constaie au cours des processus aigus ou chroniques portant atteinte aux méninges. En règle générale on pourra conclure à de la lymphocytose pathologique quand le nombre des éléments sur plusieurs champs du microscope à l'immersion dépassera six à huit.

Quelle est la signification de cette lymphocytose ?

Au cours de la méningite tuberculeuse, la prédominance des lymphocytes est le fait qui frappe dès le premier coup d’œil jeté sur la préparation. Les lymphocytes sont mêlés à quelques polynucléaires et à quelques gros éléments mononucléés. Dans des cas exceptionnels qu’on a signalés où. les polyhucléaires prédominaient

au cours de méningites aiguës que l’autopsie a démontrées être de nature tuberculeuse, Sicard, d'une part, et Concetti, d'autre part, ont fait voir que dans ces cas la polynucléose s’accompagnait à peu près fatalement de la présence de bacilles de Koch. Ces bacilles étaient en quantité suffisante dans le liquide pour qu'ils puissent être colorés sur les préparations directes et sans qu'on soit obligé de recourir à l’inoculation aux cobayes.

La lymphocytose n’existe pas que dans la méningite tuberculeuse; elle est aussi la règle dans les affections dites para-syphilitiques comme le tabès et la paralysie générale, de même que dans les affections syphilitiques : des centres nerveux comme la méningo-myélite, l’hémiplégie syphilitique. Milian et Ravaut l’ont mise en évidence à la période roséolaire de la syphilis. Brissaud et Sicard l’ont décrite dans le zona. Ajoutons que la lymphocytose peut s’observer dans certains cas de méningite aiguë ainsi que MM. Troisier et Brûlé (1) en ont publié un cas récent. Enfin, elle fait généralement suite à la polynucléose lorsque la phase aiguë de la méningite semble s’atténuer pour marcher vers la guérison.

On admet en effet à l'heure actuelle que la polynucléose est la règle dansle liquide céphalo-rachidien, au cours des méningites aiguës non tuberculeuses et ressortissant au groupe des méningites cérébro-spinales à agents pathogènes divers. A la période d'état de ces .

1. Troisier Er BrûLé. Association Française pour l’avancement des sciences. Congrès de Reims, août 1907.

affections, on constate toujours dans le liquide cérébrospinal, la présence de polynucléaires le plus souvent en très grand nombre. Ce sont eux également que nous trouvons dans le liquide des méningites aseptiques. Nous verrons au chapitre de la pathogéniée comment interpréter ce fait.

Disons pour l'instant que la présence de ces élémenis coïncide presque toujours avec un aspect puriforme du liquide cérébro-spinal, tandis que l’aspect normal de ce liquide est peu ou pas modifié par l’exode lymphocytique.

De plus, au cas de méningites cérébro-spinales aiguës relevant de microbes divers, le liquide céphalo-rachidien est toujours septique ; le plus souvent il contient des microbes décelables par les recherches du laboratoire. L'examen direct sur lame peut mettre les micro-organismes en évidence ; les cultures sur divers milieux donnent le plus souvent des résultats ; de même les inoculations aux animaux.

Dans les cas de réactions méningées aiguës qui font l’objetde nos observations, jamais ces différents moyens n'ont permis de déceler le moindre microbe et les recherches qui ont été faites à cet égard n’ont jamais donné de résultats positifs. $

Dans l’observation de Pautrier et Simon, l'examen direct du culot sur lames n’a permis de déceler aucun microbe.On a ensemencéle liquide céphalo-rachidien; où a cultivé, d'autre part, la solution de stovaïne qui avait servi à l’anesthésie ; ces deux ensemencements sont restés négatifs.

Chabbert - 4

AO

Dans la deuxième observation, nous ne voyons pas non plus que des bacilles aient pu être mis en évidence.

Dans la troisième de même : les ensemencements sur divers milieux sont restés stériles ; les inoculations aux animaux négatives. Et dans ces deux dernières observations, la recherche du tréponème a été même négative.

La quatrième observation nous montre que les ensemencemenis du liquide céphalo-rachidien sont restés stériles ; les inoculations aux cobayes n’ont déterminé chez ces animaux aucune réaction pathologique.

Douze ponctions lombaires ont été raites au malade qui fait l’objet de la cinquième observation. A cha-

cune de ces ponctions, on a retiré de 10 à 40 centi-.

mètres cubes de liquide céphalo-rachidien. Dans le liquide des premières ponctions, on a recherché avec grand soin les microbes, mais en vain. Rien dans le champ du microscope; rien après ensemencement sur divers milieux ; résultats négatifs après inoculations aux cobayes et aux souris.

Le malade de Lariboisière avait de même unliquide céphalo-rachidien aseptique.

Il est donc impossible par les moyens actuels dont dispose le laboratoire de déceler le moindre microorganisme dans le liquide cérébro-spinal des ménin-. gites que nous étudions. Remarquons maintenant que dans le liquide de ces méningites nous trouvons des polynucléaires dont les contours sont nets, non diffluents, à noyau parfaitement conservé, et dont les

réactions tinctoriales sont intactes.

Ses

En somme asepticité apparente du liquide céphalorachidien, coïncidant avec un épanchement de polynucléaires absolument intacts, comparables à ceux du sang normal : tels sont les deux caractères fondamentaux que nous pouvons donner aux réactions méningées aiguës aseptiques.

La constatation de l’intégrité des polynucléaires est de la plus haute importance au point de vue qui nous occupe. Faite au moment où il est impossible de déceler un agent pathogène dans le liquide céphalorachidien, elle confirme la notion d’asepticité de ce liquide ; cac l'intégrité des éléments blancs paraît liée à l’absence de lutte conire les microbes.

Nous savons, en effet, quelles modifications peuvent subir les leucocyies sous l'influence des agents pathogènes. Malloïizel (1), dans sa ihèse, a bien décrit ces modifications à propos de la cyiologie des épanchements pleuraux. Taniôt ce peut être une tuméfaction de tout l'élément, noyau et protoplasma qui devient moins colorable ; tantôt une dégénérescence spéciale du noyau qui se fragmente en boules chromatiques prenant uniformément la couleur, et s’accompagnant de vacuolisation du protoplasma ; ces boules chromaiiques sont réunies par des filaments grèles ; puis, la chromatine se condense : c’est la mort du noyau ou pycnose. Observée dès le début d'un épanchement, cette pycnose est le plus souvent d’un mauvais pronostic, car elle

traduit l’infériorité de la réaction.

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