‹ Contribution à l'étude des Recto-Colites Ulcéreuses de Cause InconnueChapitre 13 sur 59 · LA FORME CHRONIQUE · texte numérisé non relu

LA FORME CHRONIQUE

C’est la forme habituelle, la véritable phase d'état de la recto-colite ulcéreuse qui est dans la plupart des cas une maladie longue, lente, inscrivant dans son tableau d'ensemble

des poussées plus ou moins longues, plus ou moins graves, :

séparées par des rémissions plus ou moins rapprochées. La ténacité et la récidive sont les qualificatifs essentiels, récidives déconcertantes, que l’on croit jugulées par une thé-

rapeutique puis qui se reproduisent, plus ou moins distales,

plus ou moins proximales l’une de l’autre mais presque inéluctables, marquant ainsi véritablement l'aspect clinique de la recto-colite ulcéreuse chronique. Poussées et périodes intercalaires sont la marque de la recto-colite ulcéreuse chronique. C’est selon ces termes que nous ferons une étude clinique. . Nous avons écrit période intercalaire pour marquer toutes les réserves qu'il faut faire quant à la marche de cette affection. Nombre d’auteurs emploient souvent le terme de guérison pour qualifier la fin d’une poussée se basant sur un quelconque argument thérapeutique, et sans attendre le recul du temps pour juger la véracité de leur dire. Sans doute existe-t-il des cas indubitables de guérison, mais il faut être patient pour

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l’affirmer, nous PROYAuS être plus vrais en appelant cette phase qui n’est souvent qu'une accalmie, qu’une pseudo- (Pos entre deux poussées, une phase intermédiaire.

Les poussées.

Que ce soit une flambée initiale qui s’atténue ultérieurement et qui n’est que le premier terme d’une série, que ce soit une poussée de rechute, c’est seion son intensité que nous étudierons la poussée.

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a) La poussée sévère. — C’est un épisode grave, touchant profondément l’état général parfois survenant de plain pied, quelquefois précédé d’une phase confuse où le mauvais état général prime la note intestinale et l’accès dysentérique survient avec une allure infectieuse marquée, alarmante, ouvrant l’hypothèse aux diagnostics si l’on n’est prévenu par une attaque antérieure.

OBsERvATION III.

Mne Br..., 34 ans. Service de M. le Prof. CARNOT.

Entrée dans le Service du Prof, Garnor le 24 août 1936 avec le diagnostic d’entérite colibacillaire. Asthénique et anorexique depuis juin, c’est depuis 3 semaines que se prolonge un syndrome dysentérique d’allure infectieuse. Début brutal par vomissements biliaires abondants et répétés, une hémorragie intestinale dé sang rouge et élévation thermique à 390. Cet état ne va que s’aggravant depuis. Installation d’une diarrhée sanglante abondante de 8 à 12 selles par jour, des évacuations sanglantes pures se faisant même entre les selles, la température reste à 390, l’état général faiblit. Un séro-diagnostic où T. A. B. est négatif. Examinée à son entrée à l'hôpital, malade pâle, anémique, conjonctives décolorées, extrêmement faible, répondant avec peine à l'interrogatoire. La température est à 389, le pouls très rapide. Une diarrhée sanglante fréquente épuise la malade qui ne souffre pas par ailleurs, c’est seulement à l’examen que l’on réveille une douleur sur le ‘cadre colique. Traitement émétinien d’essai — 0 et d’ailleurs le laboratoire vient apporter une réponse négative à toutes recherches parasitaires (la flore microbienne des évacuations dysentériques est pclymorphe). La rectoscopie montre la présence d’ulcérations étendues, muqueuse rouge vif en plages, en d’autres endroits, ulcérations diphtéroïdes. Jusqu’en septembre, cet état dysentérique grave persiste,

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l'amélioration commençant alors à se dessiner, concurremment à l’institution d’un traitement local au lavement avec une solution huileuse de vitamine À, le nombre des selles diminue, leur aspect est de moins en moins liquide, elles ne contiennent bientôt plus de sang, mais la température reste à 380 et ce n’est qu’à la mi-octobre que la malade quitte le Service, guérie fonctionnellement (1 à 2 selles par jour) avec un bon état général. |

Un an après, date pour date, cette He qui se croyait guérie et vivait comme telle, fait une deuxième poussée sur un mode aussi grave et avec une évolution identique (poussée de 2 mois, amélioration dès la reprise du traitement).

b) La poussée moyenne. — Ce n’est plus une dysenterie grave, c’est un incident dysentérique que le malade supporte à peu de frais. Ce n’est plus hospitalisé, mais à la consultation que l’on voit le malade, son état général reste bon, quelquefois un fébricule qui tombe, le syndrome intestinal dysentérique résume presque à lui seul tout le tableau clinique.

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