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discrète qui s’améliore et se guérit fonctionnellement en 2 mois avec une reprise de l’amunine, tout en gardant des lésions anatomiques (grandes plages cicatrisées, d’autres non). Devant l’absence de toute évacuation dysentérique, la malade reprend sa vie normale. Revue quelque temps plus tard en bon état général et fonctionnel la malade conserve encore des lésions anatomiques (plages hémorragiques et saignement de la muqueuse).
c) Les formes à rechutes rapprochées : les poussées équivalentes la plupart du temps en durée et en intensité, se
reproduisant plusieurs fois par an, graph. 1-2-3.
-OBSERVATION IX (Dr Racner) (graphique 1).
Mme de T..., 31 ans.
Au mois d'août 1928 pendant que la malade était en vacances au bord de la mer, s’installe une période de constipation de dix jours que les laxatifs ne réduisent pas et qui décide la malade à prendre une purge d’huile de ricin. Des accidents brutaux éclatent alors. Poussée thermique à 409, douleurs abdominales violentes et émission d’un peu de sang. La malade se sent très fatiguée pendant 3 à 4 jours mais semble se remettre au point de vue intestinal. Mais ensuite tous les mois au moment des règles présence de sang dans les selles avec glaires, quelques peaux, sept à huit selles par jour, ténesme, un peu de température, en somme un début de syndrome dysentérique mais qui
‘tourne court avec la fin des époques menstruelles, dans leur intervalle
les selles sont normales. En 1929, un an après, au mois d’août, au bord de la mer aussi, crise aiguë : température à 390, alitée pendant 3 jours
avec 7 à 8 selles hémorragiques, la poussée dure 10 jours. Bon état le
reste de l’année mais la malade suit un régime alimentaire restreint et reste amaigrie. Fait pendant l’hiver deux épisodes grippaux et chaque fois a des selles sanglantes. En mai 1930, crise très aiguë : 25 selles dysentériques et hémorragiques, température à 3905, glace sur le ventre (un traitement par les ferments lactiques donne une recrudescence de la symptomatologie). Tout se calme, puis fait pendant 2 ans et tous les 6 mois des crises aiguës toujours très hémorragiques et durant de 3 semaines à 4 mois. En 1933, une crise très violente et très longue de juillet à octobre avec amaigrissement de 12 kgr. (cette poussée se termine avec un traitement vaccinal). De 1933 à 1936, aucune crise. En janvier 1936, intoxication alimentaire maïs sans crise
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intestinale, fait à sa guérison une éruption poriasiforme qui disparaît en 24 heures et qui ne s’est accompagnée d’aucun trouble intestinal, puis fait une bronchite et a six selles diarrhéiques par jour mais avec bon état général, reprend 2 kgr. ; quand le 12 avril brusquement dans la nuit, frissons et montée thermique, douleurs rectales très vives et à 2 heures du matin grosse hémorragie intestinale et pendant 11 jours grands phénomènes dysentériques. Traitement avec coaguline, amibiasine qui donne une légère amélioration puis l’on prescrit du stovarsol qui est très mal supporté (recrudescence). La poussée se prolonge depuis 2 mois quand la malade est vue par le D' RACHET.
Rectoscopie : au début de l’examen, bleu-grisâtre des anciennes lésions et granité muqueux généralisé mais aussi ulcérations diphtéroïdes et piqueté purpurique, saignemèênt abondant très vite. Une recherche d’amibes est négative. Un traitement émétinien (d’épreuve) ne donne rien. Le traitement par l’amunine est institué, il donne une énorme amélioration et alors qu’antérieurement il persistait entre les crises du sang dans les selles, depuis le début de la thérapeutique par l’'amunine intra-rectale, disparition du sang, selles absolument normales, reprise très importante du poids (10 kgr. en 2 mois), seul un aspect lésionnel persiste à l’examen rectoscopique : granité discret qui passerait inaperçu si l’on n’était prévenu.
d) Les formes d’ apparence chronique et continue qui peuvent du premier abord sembler être de véritables dysenteries permanentes mais où l’on peut retrouver une certaine périodicité par de réguliers paroxysmes qui laissent entre-eux au contraire des variétés précédentes un état intestinal chronique et non pas une guérison clinique (graphiques n°s 10 et ET):
OBservarTion X (D' Racuer) (graphique 10).
Mme Bo..., 28 ans.
La malade entre dans le Service le 11 décembre 1934, présentant une symptomatologie du type dysentérique qui remonte à plus d’un an. Avant cette date rien de net dans l’histoire antérieure sinon une constipation très rebelle que la malade traitait par des laxatifs divers. C’est au début de septembre 1933 que la malade, pour la première fois, sans présenter aucun symptôme fonctionnel voit apparaître dans ses selles des glaires blanchâtres puis des filets de sang. Les troubles augmentent progressivement et la malade présente’ pendant un certain
rod
temps une période de constipation pendant laquelle les évacuations ne sont plus constituées que par du sang presque pur avec quelquefois glaires et muco-membranes. Le nombre des évacuations est de 10 à 12 par jour. Cet état va durer jusqu’au jour où la malade est hospitalisée et elle nous dit à ce moment qu'il n’y a pas un jour où elle n’ait vu du sang dans ses selles en plus ou moins grande abondance, quelquefois plus, quelquefois moins. L’atteinte générale est peu marquée et la malade a vu différents médecins qui l’ont tour à tour considérée cornme une hémorroïdaire (pas de résultats avec les injections selérosantes) ou comme une dysentérique amibienne (émétine, stovarsol — 0). Actuellement la malade est au 16€ mois consécutif d’évolution. Les écoulements dysentériques sont presque continuels, constitués par du sang rouge mélangé à du pus survenant-au moment des selles et entre les selles ; des phases de constipation sont fréquentes, quelques phénomènes douloureux accompagnent les évacuations. L'état général est maintenant atieint, la malade a commencé à maigrir depuis 2 mois et est très affaiblie. L’examen physique ne montre qu’une sensibilité du cadre colique surtout dans la fosse iliaque gauche. La rectoscopie montre une image typique : muqueuse rouge vif, ulcérations érosives et de place en place enduits diphtéroïdes. L'examen radiologique n’est pas possible à cause de l’intolérance colique absolue. L'examen du sang montre une anémie à 3.340.000 avec abaissement de la valeur globulaire et déformations globulaires. Un traitement à l’amunine est institué; en quinze jours amélioration tant générale que fonctionnelle. Seulement 4 à 6 selles par jour, reprise du poids. L’anémie n’est plus qu’à 4.080.000 mais image rectoscopique peu changée : moins de tendance à la suppuration mais même état hémorragique. On adjoint l’huile de foie de morue au lavement à l’amunine et on commence aussi un tra tement auto-hémothérapie. L’amélioration s’accentue et à la mi-septembre 1935, la malade quitte le Service avec une très grosse amélioration, selles normales ne contenant plus qu'incidemment quelques glaires sanglantes mais l'aspect rectoscopique reste lésionnel : fragilité muqueuse et apparence d’intégrité, car il persiste une petite bande transversale érosive sur le plancher de l’ampoule.
De l’étude de ces courbes évolutives certaines considérations peuvent être formulées :
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1° La recto-colite ulcéreuse est une affection à rechutes successives, la notion de poussée est sa caractéristique.
20 Les poussées ont la plupart une véritable allure cyclique, elles sont la plupart du temps périodiques et en quelque sorte rythmées, et de ces rythmes, l’annuel ou le bi-annuel à prédominance saisonnière (les récidives étant surtout printanières ou automnales), est à souligner particulièrement.
3° Les poussées sont la plupart du temps égales entre-elles de durée. |
40 Les poussées sont de survenue inopinée sans cause déclenchante appréciable, et le rôle que quelques auteurs (Hursr en particulier) font jouer aux infections amygdaliennes, aux intoxications alimentaires, au froid semble être plus concordance que causalité.
59 Les rechutes sont indépendantes de toute notion de traitement. Elles surviennent aussi bien chez les malades traités que chez ceux qui ne l’ont pas été, elles se reproduisent aussi bien chez les malades qui ont suivi un traitement permanent d'entretien entre les crises que -chez ceux qui ont cessé toute médication en période de rémission ; elles ne sont enfin en rien modifiées par les thérapeutiques, quelles que celles-ci soient.