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I. — L'EXAMEN ENDOSCOPIQUE

Il est le temps indispensable de l'examen. Seul il permet de vérifier la réalité de la recto-colite en montrant directement ses lésions, d'apprécier sa variété et sa gravité anatomo-pathologique, de suivre l’évolution de la maladie. Nous ne voulons pas revenir sur les aspects endoscopiques de la recto-colite ulcéreuse que nous avons décrits au chapitre de l’examen clinique du malade, nous insisterons seulement sur quelques points.

L'examen endoscopique doit être systématiquement pratiqué devant tout état dysentérique, il ne faut jamais s’estimer satisfait quand on a fait faire un examen de selles et pratiquer un toucher rectal, et surtout s’il y a négativité de ces examens, la rectoscopie doit devenir un acte clinique automatique. Le toucher rectal n’apporte que des renseignements insuffisants dans la recto-colite ulcéreuse, c’est la rectoscopie qui apporte la preuve du diagnostic clinique.

La localisation des lésions étant dans la quasi totalité des cas au niveau du rectum et de l’anse sigmoïde, il est par conséquent exceptionnel que la vision directe des lésions échappe à l'examen endoscopique aussi bien dans les variétés segmentaires que dans les variétés étendues.

Quelques directives doivent toujours être observées dans un examen endoscopique. Il doit être fait prudemment surtout aux phases aiguës pour éviter les saignements et les déchirures ; un rectoscope mal dirigé peut perforer une muqueuse lésée, fragile, vulnérable.

L'examen rectoscopique pratiqué selon ces directives est un examen inoffensif. Il est en règle générale un examen facile.

Il ne réclame que très exceptionnellement l’anesthésie générale qui a pu être préconisée. Une injection de morphine nous a toujours paru suffisante pour permettre l'examen.

La préparation du malade à l’examen est simple. Préoccupés de la parfaite visibilité, des auteurs prescrivent une pur-

gation comme temps préparatoire, deux simples lavements tièdes pris douze et quatre heures avant l’examen nous ont toujours paru suffisants pour avoir une visibilité nette et l’irritation chimique et mécanique d’une purgation est à rejeter.

L'examen endoscopique apporte des éléments essentiels au diagnostic, mais il n'apporte pas de preuve définitive. Il y a des aspects endoscopiques de recto-colites ulcéreuses qui, tels que nous les avons décrits plus haut, se retrouvent, se groupent, peuvent même être systématisés, mais aucun n’est absolument spécifique de la recto-colite ulcéreuse et ils peuvent être observés dans d’autres affections ulcéreuses recto-

coliques telles la dysenterie amibienne.

Aucun aspect rectoscopique ne permet de préjuger absolument de l’évolution ultérieure de l’affection.

L'examen rectoscopique doit être renouvelé, pendant la maladie, après la maladie : il faut suivre la recto-colite ulcéreuse à la rectoscopie comme on suit un tuberculeux à l'écran. Indispensable au diagnostic de la maladie, l’endoscopie est aussi indispensable au diagnostic de la guérison.

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