‹ Contribution à l'étude des Recto-Colites Ulcéreuses de Cause InconnueChapitre 39 sur 59 · B. LES AFFECTIONS QUI SONT UNE RECTO-COLITE A GERMES CONNUS · texte numérisé non relu

B. LES AFFECTIONS QUI SONT UNE RECTO-COLITE A GERMES CONNUS

Le diagnostic des recto-colites ulcéreuses ne se pose en pratique qu'avec les. différentes dysenteries spécifiques.

L’'Amibiase.— Les formes chroniques de l’amibiase sont la pierre de touche du diagnostic, ce n’est qu'après leur élimination que l’on pourra discuter et poser le diagnostic de rectocolite ulcéreuse. La solution du diagnostic étiologique amibien est d’une extrême difficulté ; les notions de l’anamnèse ne sont que des notions de suspicion, les notions de laboratoire ne sont pas infaillibles (difficulté de l'identification des amibes, difficulté de leur recherche sur laquelle nous avons précédemment insisté : savoir que les prélèvements doivent être faits dans le nid même des ulcérations, savoir qu'il faut toujours essayer une réactivation). En cas de négativité constante il doit être une notion formelle d'entreprendre un traitement émétinien d’épreuve ; la nullité des recherches de laboratoire ne permet pas toujours d’infirmer l’étiologie amibienne. HARVIER, RACHET et BLum ont publié l'observation d’un syndrome de la recto-colite à forme sphacélique où la

constatation d'éléments amibiens par les coupes histologiques permet un diagnostic rétrospectif qui avait été abandonné à cause de la négativité répétée des réponses du laboratoire. Ceci est dire que, presque de parti-pris, il faut faire un traitement émétinien d’épreuve. Sans que l’on puisse en conclure immédiatement dans les cas favorables s’il s’agit d’une dysenterie amibienne méconnue ou d’une coïncidence de guérison, il faut toujours instituer cette thérapeutique qui met en garde contre les amibiases camouflées.

Dysenterie bacillaire. — Le diagnostic en est facile quand l'examen coprologique apporte la confirmation bactériologique attendue. Dans d’autres cas, dont il ne faut pas méconnaître la fréquence, la négativité des résultats de laboratoire laisse un doute. Certes, en faveur de la recto-colite ulcéreuse s'inscrit l'absence de douleurs abdominales, la quasi indolence à la palpation du cadre colique, l’aspect rectoscopique d’écorchage de la muqueuse recto-colique, l’absence de toute notion épidémique, mais ce sont là des arguments insuffisants pour conclure et force sera dans les cas litigieux, d'attendre l’évolution pour se prononcer.

Dans la dysenterie bacillaire, la maladie ne récidive en général pas, ne laisse pas de séquelles importantes ; dans la recto-colite ulcéreuse de nouvelles poussées viendront éclairer la vraie nature de la crise primitive.

Insister plus longuement ici sur la difficulté du diagnostic différentiel serait ouvrir un débat de discussion sur lequel nous donnerons notre opinion dans un prochain chapitre.

Nous serons brefs sur les autres chapitres du diagnostic différentiel.

Certains toxiques peuvent engendrer des syndromes rectocoliques ulcéreux et parmi eux, le mercure,le plomb sont à signaler. Nous n’insisterons pas sur la facilité du diagnostic qui est subordonnée à la mise en évidence de l’intoxication.

Citons aussi l’urémie dont BENSAUDE, CAÏN, ANTOINE ont

66 RECTO-COLITES ULCÉREUSES

publié un cas démonstratif et dont la discussion diagnostique est facile.

Le diagnostic avec les lésions tuberculeuses se pose rarement et il est exceptionnel que la tuberculose se localise au côlon engendrant dans ces cas un syndrome dysentérique.

La preuve en est en général facile à faire : elle survient essentiellement chez des tuberculeux avérés, et la présence du bacille de Koch dans les déjections signe rapidement à sa vraie valeur le diagnostic. Il faut cependant se méfier des conclusions trop hâtives ; chez une malade observée par le Dr RACHET, on à pu à plusieurs reprises, trouver des bacilles de Koch dans les selles sans que l’inoculation au cobaye fût positive et l’examen rectoscopique montra des lésions absolument typiques de recto-colite ulcéreuse qui n’avait aucun rapport avec la tuberculose.

Nous ne parlerons que pour les citer des cas bien rares de recto-colite syphilitique où la concomitance d’examens sérologiques jointe à la valeuf de la thérapeutique specque servent utilement au diagnostic étiologique.

Page 1