‹ Contribution à l'étude des rétinites dans l'éclampsie puerpéraleChapitre 12 sur 21 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Nous ne reprendrons pas-la discussion quant aux

indications du traitement médical et obstétrical dans les éclampsies en général.

Nombre d’auteurs estiment que le traitement médical seul est en général suflisant ; d’autres, se basant sur l'influence favorable de la mort du fœtus in utero où de l'interruption spontanée de la grossesse, estiment que les formes très graves d’éclampsie sont justiciables d’une interruption rapide de la gestation (tels sont les conclusions de la majorité des auteurs allemand et autrichien (S$Srrrz, Bumm, Ascneim); en France, Merzcer, en particulier, préconise l'interruption de la gestation dans les formes graves d’éclampsie.

Nous ne reprendrons pas également la discussion sur les différents procédés de l'interruption de la grossesse qui ont pu être préconisés ; cependant, nous rappelerons combien l'accouchement prématuré provoqué, quels que soient les procédés employés, a paru peu favorable ; d’une part, parce que toute

ot ani. + à à

manœuvre sur le col semble favoriser l’apparition d'accidents convulsifs ; d’autre part, parce que c’est une méthode longue, dont on ne peut exactement prévoir la rapidité, opposée à une affection qui peut évoluer avee une effroyable rapidité. Nous insisterons cependant sur la tendance générale actuelle de lui préférer le traitement chirurgical ; l'intervention césarienne semble la majorité des auteurs infiniment plus favorable ; d’une part, parce qu’elle permet une interruption quasi-immédiate de la gestation ; d'autre part et pour certains, parce qu’elle réalise en même temps une saignée importante. Presque tous les auteurs sont d'accord, en cas d’intervention, pour choisir la césarienne corporéale, simple, facile, rapide et moins shockante ; cependant, d’autres préfèrent ‘soit la césarienne segmentaire, soit même la césarienne vaginale ‘en cas d'interruption relativement précoce de la gestation.

Nous insisterons davantage sur lintérêt eonsidérable que peut présenter dans de tels cas le choix de l’anesthésie rachidienne ; les travaux de Serrz, en particulier, ont en effet montré que la mortalité dans les cas d’éclampsie traités par césarienne était abaissée de 30 à 16 %, par l’emploi de la rachianesthésie.

Outre qu’elle peut pratiquement être toujours faite sans danger chez ces malades hypertendues, elle agit sur les accidents immédiats par l’hypotension qu’elle détermine (et nous citerons également à ce

propos que la ponction lombaire avait pu, dans cer-

tains cas, être utilisée dans le traitement de l’éclampsie (Le LoriEr).

D'autre part, elle a Pavantage considérable de ne surajouter aucun élément toxique chez ces malades dont les fonctions hépatiques et rénales sont souvent sérieusement compromises.

Mais nous proposons surtout d'envisager les indications thérapeutiques qui peuvent découler de la constatation d’une rétinite au cours de l’éclampsie.

Nous avons vu la nécessité admise partout d’interrompre la grossesse chaque fois qu’un mal de Brigth se compliqué de rétinite, l'interruption. rapide étant le seul moyen de sauvegarder la vision. visuelle, et souvent aussi de stabiliser la néphrite alors évolutive.

Considérant surtout l'extrême similitude qui existe entre les accidents de rétinite gravidique et des rétinites au cours de l’éclampsie et sur l'indication quasiabsolue d’interrompre la gestation que comporte ces rétinites gravidiques pourtant isolées et dans lesquelles intervient surtout la nécessité de conserver la fonction visuelle ; 1l nous semble que la constataton d’une rétinite au cours de l’éclampsie constitue un argument important én faveur de l’interruption de la gestation.

En effet, la nécessité de conserver la fonction visuelle n’est pas moins absolue que dans les rétinites brigthiques et dans les rétinites gravidiques l’évolution de la rétinite peut se faire également vers

la perte de la fonction visuelle, Si les cas de séquelles

oculaires définitives et surtout de cécité sont très rares après l’éclampsie convulsive et se réduisent à quelques cas dans toute la littérature, n'est-ce pas parce que les formes d’éclampsie avec rétinite sont, en général des formes sévères et qui aboutissent le plus souvent à la mort si elles se prolongent.

Nous avons vu d’ailleurs chez une éclamptique que le coma peut passer entièrement inaperçu et que sa recherche systématique en montrerait probablement la fréquence relative, On peut également admettre que la rétinite constitue alors en même temps que les autres signes un élément important pour préjuger de la gravité en cause.

Aussi nous semble-t-il dans ce cas, qu’à l’indication discutée mais souvent admise d'interruption de la grossesse dans les formes sévères d’éclampsie, viennent se surajouter en quelque sorte du fait de la rétinite, l'indication formelle qu’elle comporte lorsqu'elle existe isolément ou lorsqu'elle est le fait d’une Brigthique.

Ainsi comprise, la rétinite constituant une indication absolue d'intervenir d'urgence, il nous paraît d’une importance primordiale de rechercher systématiquement, chez toute malade dans le coma, sa découverte apportant un élément nouveau dans des cas où la décision est toujours des plus délicates et des plus discutées.

Thèse Drouet 3 ,

Page 1