‹ Contribution à l'étude des rétrécissements congénitaux du duodénum observés chez l'enfantChapitre 37 sur 44 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Imperforalion du duodénum

M. le Docteur VoroN (Lyon Médical, 1904, p. 727)

La femme M. P.., entre le 25 septembre 1903 à la salle Sainte-Marie, elle a six enfants vivants, une seule faussecouche de six semaines, sans cause appréciable. Les couches ont toujours été normales, sans hydramnios.

Se Qi QU

Actuellement, grossesse de huit mois et demi, avec volumineux hydramnios. La malade est mise au repos et on lui donne le traitement spécifique : iodure, frictions à l’onguent napolitain, bien que la recherche des signes de syphilis n'ait pas décelé autre chose que l'existence de fréquentes céphalées. à caractère plutôt migraineux et quelques ganglions à la nuque. :

L’hydramnios, avec son cortège de signes fonctionnels ne semble pas augmenter jusqu'au 5 octobre, jour où la malade accouche sans autre intervention que la rupture artificielle des membranes nécessitée par ce fait que la tête n’appuyait pas sur le col, en raison de la grande abondance des eaux. De celles-ci on recueille à peu près huit Litres et il s’en perd une certaine quantité.

L'enfant nait en apparence dans de bonnes conditions, pesant 2,570 grammes, il crie aussitôt après son expulsion et ne présente aucune malformation apparente.

Les suites de couches furent pour la mère tout à fait simples et apyrétiques, quant à l’enfant, son histoire, rapidement terminée, fut la suivante :

Il rendit son méconium, en quantité normale, quelques heures après la naissance. Le 6 octobre, à 6 heures du matin, sa mère ayant du lait en abondance, on le mit au sein, qu’il prit avec avidité, mais la tetée était à peine commencéedepuis deux ou trois minutes que l’enfant vomit le lait ingéré pur, non coagulé et sans mélange de bile et depuis lors les choses se passèrent constamment ainsi : ingestion de lait, déglutition normale et au bout de quelques minutes vomissement du lait ingéré, dans sa totalité ou dans sa presque totalité.

Nous essayâmes, sans aucun succès, le gavage avec le lait de la mère, avec le lait d’une autre femme ensuite ::les vomissements persistèrent. IL nous parut dès lors évident que nous avions affaire à une malformation du pylore ou des régions avoisinantes du duodénum.

L'examen de la région épigastrique ne révélait rien de bien net, seulement une résistance diffuse, mais pas de tuméfaction révélatrice de l’estomac dilaté.

Dans de telles conditions, il était évident que la dénutrition

Le, GONE

de ne‘re petit malade devait être rapide. Le premier jour, son poids était de 2.570 grammes, le second (7 octobre) à 2.320, le troisième (8 octobre) à 2,200, le quatrième (9 octobre) à 2.060 et le cinquième (10 octobre) à 1.800 grammes.

La sécrétion urinaire était nulle, le refroidissement notable (35° le 9 et le 10 octobre). L'enfant succomba dans la nuit du 10 au 11 à 1 heure du matin, après avoir présenté des convulsions tétaniques des quatres membres.

Autopsie. — Le 12 oclobre. L'examen des viscères et négatif, sauf au niveau de l’estomac et du duodénum où on constate ce qui suit :

L’estomac est seulement distendu de facon un peu anormale, mais après le pylore, nettement marqué par un sillon ‘circulaire, le duodénum se dilate en une ampoule grosse comme à peu près un œuf de pigeon, laquelle, comprenant la première portion et la moitié de la deuxième portion de l’organe va se terminer en cul-de-sac au niveau de la tête du pancréas avec lequel elle se fusionne par une adhérence intime. Quant au bout inférieur de l'intestin, il se termine lui aussi en plein tissù pancréatique par un cœeum imperforé. Il recoit peu après son origine le canal cholédoque et le canal pancréatique. La continuité du tractus intestinal est absolument interrompue au niveau de la tête du pancréas. Il y a un cœceum duodénal supérieur et un cœcum duodénal inférieur qui viennent se mettre en contact avec le pancréas sans qu’un cordon fibreux, qui seraït étendu entre les deux, vienne révéler la trace d’une portion de l'intestin qui serait atrophiée. C’est ainsi que par une dissection soigneuse on peut séparer l’un de l’autre les deux cœcums, le supérieur très dilaté, l’inférieur au contraire atrophié et rétracté,

L’estomac et l’ampoule duodénale se remplissent très aisément d’eau et le liquide ne s'échappe par aucune fissure.

L’imperforation est bien totale, ce que le simple examen “externe des pièces démontrait du reste surabondamment,

Page 1